dimanche 4 novembre 2012

Viol, des cas limites, -pas si limites que ça-


Découpage et suite de "quelques idées reçues sur le viol" (lien avec l'article-base) qui tord le cou à des clichés mortifères sur les victimes. Ceci n'est qu'une note.

DES CAS-LIMITE CAR ILS EXISTENT. LE VIOLEUR SANS VIOLENCE, LE VIOL PAR "ÉTAPES" OU LA "VIOLEUSE" PAR "DESTINATION".. POUR LA BONNE CAUSE

Mary Stuart et Bothwell
La première exception qui en fait n'en est vraiment pas une, est celle des rapports sado maso ; il ne s'agit pas de viol car en général ils s'annoncent clairement comme un jeu, avec ses "règles", codes, "rites" "contractuellement" acceptés, (cf les annonces sur le net ou dans des journaux) concernant pour la moitié ou plus des hommes demandeurs, cf "La Vénus aux fourrures" de Wanda de Sacher-Masoch où elle relate ses réticences à ce qui lui imposé par son riche "masochiste" de mari qui la "forçait" paradoxalement à un rôle de dominante auquel elle répugnait. Comme pour tous les comportements sexuels relativement hors norme, (échangisme, fétichisme, boulimie sexuelle, obsessions spécifiques..) le sado masochisme a ses adeptes, sa théâtralité propre et ces cercles au sein desquels les pratiques n'ont rien à voir avec celles de la vie courante et ne doivent pas être confondus avec celle-ci. Et c'est bien là le problème ! Les films X dont s'abreuvent les très jeunes hommes les conduisent par ignorance à imiter DANS LE RÉEL une image fautive et spécifique de la sexualité prise comme norme. Et qui leur convient! Et pour les jeunes filles de la tolérer faute d'autre modèle. Gravissime aléa de l'inéducation sexuelle ou plus exactement de la déformation de la sexualité chez les jeunes par les médias. De fait, le viol n'est même plus perçu comme tel à l'exemple de ce violeur [certes pas un phare] de 16 ans qui s'indignait de sa condamnation [6 mois fermes, pas énorme pourtant], il ne comprenait pas ce qu'il avait fait de mal puisqu'il n'avait fait que copier en moins hard ce qu'il voyait tous les jours dans des cassettes en vente libre. Un jeu selon lui. Mais ici un jeu "pour de vrai".

Deuxièmement. Il est vrai cependant qu'une femme -ou plus rarement un homme- peut changer d'avis, mais cela peut être aussi une justification du violeur a posteriori [c'est presque toujours l'argument invoqué lorsqu'ils sont serrés] d'où l'embarras des juges. Notons qu'en certains cas relativement rares, car il y a autant de formes de viols qu'il y a de violeurs, elle peut avoir éprouvé du plaisir ; cela n'en reste pas moins un viol si elle n'avait pas elle-même décidé. Au cas où il n'y a pas eu violence physique, c'est à elle d'en juger, de porter ou non plainte. Problème : les viols avec violence sont déjà difficiles à être qualifiées, que dire alors de ceux-ci où elle est absente? 

 Cette "insistance" extrême qui revêt plusieurs formes opposées (cadeaux, attentions, services, supplications.. ou violence) peut aussi être le fait des femmes, la violence en moins, et a alors comme but ultime non pas l'acte sexuel en soi mais le mariage ou une relation durable de couple. Ce n'est donc pas un viol [ou disons un viol par destination!] mais une attitude comparable à celle d'un commercial déterminé usant de tout arguments y compris le charme ou le pragmatisme.. pas toujours controuvés. Le cas de Denis qui avoue comiquement avoir été quasiment "forcé" par son épouse.. et ne pas le regretter ! est typique: Nadine, jolie femme dynamique mais pas toute jeune désirant fonder une famille avait jeté son dévolu sur lui [un homme riche et talentueux mais timide et peu armé dans l'existence] et l'avait poursuivi jusqu'à obtenir son consentement.. pour le meilleur puisque comme dans les romans roses, ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants; Denis ne le regretta jamais. Viol? Plus ou moins disait-il drôlement mais il s'en montrait ravi.



Mais il en va tout autrement lorsqu'il est le fait d'hommes et là, la dérive peut être aussi imprévue qu'impressionnante. Ainsi Irène, le "pendant" de Denis, en phase dépressive après une séparation qui l'avait laissée libre mais psychologiquement errante, accepta-t-elle la "cour" insistante et romanesque mais déplacée d'un jeune "amoureux" infiniment déterminé lui aussi, glissant sans s'en rendre compte du refus stupéfait à une lassitude amusée.. qui se transforma dès qu'elle baissa sa garde en quasi acceptation: un acte sexuel là aussi un peu "limite" (lien avec la préface de "Noces kurdes") mais qu'elle ne pointa pas comme viol (lien avec le poème de Mary Stuart à Bothwell qui écrit-elle "aurait pris son corps avant son âme").. et comme Denis, elle s'en montra au début ravie... Acte sexuel suivi ici aussi d'une relation de "couple" qu'il voulut lui imposer mais qu'à l'inverse de Denis elle refusa fortement jusqu'à la rupture... Et là alors, changement de casquette, il se montra ultra violent envers de supposés rivaux jusqu'au harcèlement de tous les instants, menaces, tentatives de chantage et même de meurtre [sabotage d'une chaudière à gaz]... Viol? Pas vraiment mais "viol à l'usure" qui dériva ensuite. Notons-le, ce cas-limite ou disons "habile" ne fut justiciable que lorsque le violeur se dévoila ensuite, réitérant ses gestes en plus hard envers une autre, preuve que ces personnages peuvent user de toutes sortes de méthodes, de certaines acceptables socialement jusqu'à celles des truands, passant de la cour insistante mais romanesque (!) à, envers un autre "public", la violence d'emblée [la seconde victime étant une marginale démunie, il ne prit pas de gants, obtint là aussi un consentement mais moyennant une aide financière et de la même façon refusa la rupture, se livrant cette fois à des violences physiques sur elle, menaces de mort etc.] Le violeur s'adapte donc et le viol, s'il n'est pas détecté -pas de violence réelle, plaisir réciproque ou compensation financière qui fait de la femme une prostituée malgré elle pouvant difficilement se plaindre- revêt des forme multiples qui ne le révèle comme tel que dans des cas les plus hard. Non puni voire même non détecté, l'escalade de la violence jusqu'à l'extrême -la tentative de meurtre- est la règle. 

Autre observation: le violeur n'est souvent pas un homme physiquement repoussant mais au contraire très fréquemment, séduisant ou charmeur; cela s'explique par le fait qu'on ne se méfie pas de qui, suppose-t-on, peut obtenir ce qu'il veut des femmes sans avoir à forcer un consentement. Erreur ! justement habitué à être bien reçu, devant un refus net et clair -pour lui inacceptable-, il manifeste parfois une totale intolérance à cette frustration suivie d'une haine démesurée -le viol est un acte de haine- tel un enfant gâté qui ne supporte pas se voir blackbouler.. par celle qui assure-t-il souvent ne le vaut pas (!) La victime en somme devrait lui être reconnaissante. Il est un fait alors que les policiers ou même les juges -surtout femmes- peuvent se montrer plus cléments vis à vis du violeur et suspicieux ou ironiques vis à vis de sa victime, surtout si elle est plus âgée. Il arrive aussi qu'il joue de sa position sociale envers une proie plus faible, le principe est le même (cas DSK, lien.) Le fait est que Nafissatou Diallo que l'on supposait particulièrement attractive -erreur classique de qui ne connait pas le viol- déçut ensuite et sans doute paya cher la banalité de son apparence qui n'était pas celle que le public attendait. Eût-elle ressemblé à Whitney Houston que l'affaire se fût sans doute réglée tout autrement. C'est cependant la règle : le viol n'a rien à voir avec la sexualité et un homme doté d'une épouse riche et amoureuse peut tout à fait en violer une à qui il est indifférent, moins prestigieuse socialement ou moins sexy.



A-t-on observé ensuite les excuses ambiguës, quasi insultantes envers Nafi de celui-ci lorsqu'il se justifie à la télé, affirmant qu'il s'agit d'un acte sans violence -dixit- dont il n'est pas fier?.. (un tel boudin, j'ai honte?) Tout dans ses propos ayant visiblement été préparé et calculé au pied à coulisse, il est clair qu'il ne s'agissait pas d'une bourde spontanée.

vendredi 2 novembre 2012

Vérité au delà des Pyrénées, erreur en deça. Aurore Martin extradée vers l'Espagne, bravo Valls




 
http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/extradition-d-aurore-martin-vers-l-espagne-valls-montre-du-doigt-7625763.html

VÉRITÉ AU DELÀ DES PYRÉNÉES, ERREUR EN DEÇÀ

.. Arrêtée et extradée dans un pays étrange et étranger alors 1 qu'elle est française et 2 que le mouvement "Batasuna" dont elle est porte parole n'est pas interdit en France... mais qu'en Espagne, si, donc elle y risque plus de 10 ans de prison?!? Je rêve? Est-ce bien légal cette farce ? Ça ne ressemblerait pas à une abominable forfaiture, Manuel? Et on est en temps de gôôche! Ça rappellerait pas de vilains souvenirs? Pige pas, mais alors pas du tout. Je croyais bêtement qu'on n'avait pas le droit d'extrader même un étranger vers son propre pays AU CAS OU LA PEINE QU'IL Y ENCOURT POUR LE MÊME DÉLIT OU CRIME EST SUPÉRIEURE A CELLE ENCOURUE DANS LE PAYS OU IL A ÉTÉ ARRÊTÉ ? VOIRE MÊME DE L'EXPULSER AU CAS OU IL RISQUERAIT DANS SON PAYS UNE LOURDE PEINE POUR D'AUTRES DÉLITS, MOINS FORTEMENT PUNIS DANS CELUI OU IL A ÉTÉ ARRÊTÉ* ? Ca a même été l'argument du tueur portugais de la jeune anglaise dans une auberge de jeunesse en France, serré à l'étranger et pas trop fan de revenir au "bercail' -mais les amerloks sont des gens formidables, le juge lui a seulement dit qu'en attendant que soit réglée cette délicate question de procédure il allait être logé à Rikkers en compagnie de petits camarades très démonstratifs qui n'aiment pas mais alors pas du tout les violeurs d'enfants et ça s'est arrangé en un clic. 

Or ici, pour Aurore, la peine en France = 0 vu qu'il n'y a même pas de délit. Où est l'erreur? Un ancien "mandat d'arrêt" international ? Ça ne périme pas comme les yaourts, lorsque les faits pour lesquels il a été émis n'ont jamais été, ne sont pas ou plus justiciables? Voui mais il le sont encore en Espagne et toc. OK mais la France n'est pas l'Espagne et avec ce principe, les anciens militants "spontex" par exemple [ou d'un groupe quelconque] interdit autrefois ne pourraient-ils pas alors être serrés pour ces même "faits"? Question : au bout de combien de temps décide-t-on qu'un acte même anodin [l'appartenance à un groupe dissident qui fut ensuite interdit] ne tombe-t-il plus sur le coup d'une condamnation judiciaire? Sinistre loufoquerie.. 
 
Manu, le plus sexy de nos Sinistres
 
 


 








      

* Ça a été le cas d'un militant kurde d'origine turque ayant fui son pays où il risquait beaucoup disait-il, arrêté en France pour des faits de droit co et en récidive Madame ! -agression avec violence sur une compagne- qui échappa plusieurs fois à l'expulsion sur cette base.. puis fut tout de même expulsé pour la dernière affaire.. mais on peut dire que les juges dans son cas avaient été extrêmement patients!

Les sens des mots, de Diane Mistler à Elisabeth I

[Malgache, elle vient d'être condamnée en appel à 18 ans de prison pour avoir poussé un de ses amants à tuer son riche mari qui selon elle l'aurait maltraitée, prostituée et violée -ces faits n'ont pas été retenus-; elle aurait en fait voulu éviter le divorce qui l'eût ruinée et risquait de lui faire perdre la garde de leur fils; de son côté elle soutient que c'est Franz Diguelman, fou amoureux -ce qui n'était pas réciproque- qui a agi de son propre chef par jalousie, d'abord lorsqu'il a tué, ensuite -lorsqu'il réalise que pour elle il ne compte pas- quand il l'accuse d'avoir été l'instigatrice de l'assassinat. Me Dupond-Moretti a plaidé en vain sa totale innocence.]


Elle semble faire partie de ceux -nombreux- pour lesquels les mots n'ont pas d'autre sens que de plaire, se défouler, parfois rêver; aucun sens "opératoire" en somme. C'est une poétesse in live qui invente et expose sa "vie" ou plusieurs, fantasmées, au gré de l'inspiration, du client, parfois de son projet -le gain souvent-, comme beaucoup de prostituées ou de femmes/hommes entretenu/es par plusieurs. Elle l'avoue elle-même: "je dis aux hommes ce qu'ils ont envie d'entendre, "je t'aime", oui, je le dis tous les soirs par SMS à plusieurs, ça n'a aucune importance, ça leur fait plaisir, pourquoi pas?" Elle ne "ment" pas, c'est la vérité même qui n'a pas de sens, les mots ne sont là qu'à titre de décor, sans conséquence, se suffisant à eux-mêmes. Un terpnos logos*. A ses moments de spleen (?) pour faire plaisir ou par intérêt, elle affirme être battue, violée, qu'il faut la débarrasser de son affreux mari etc.. faisant d'eux des Lancelots et d'elle une princesse captive.. Le pense-t-elle -est-elle parano? est-ce exact? exagère-t-elle?- Non puisqu'au même moment elle prépare son déménagement à la Réunion dans une superbe maison qu'ils ont achetée pour s'y retirer -et être enfin tranquilles.. à moins qu'elle n'ait d'autres projets là bas!- mais enfin elle le dit, le répète. Et l'un, amoureux, la croit et passe à l'acte.

C'est une personnalité à facettes, clivée, qui vit son existence comme un auteur le roman qu'il écrit ou un acteur la pièce qu'il improvise au fur et à mesure pour son public. Un de ses amants qui semble avoir compris l'exprime ainsi "qu'elle l'ait dit [qu'elle voulait se débarrasser- c'est à dire tuer ou faire tuer- son mari] c'est sûr -il l'avait aussi entendu plusieurs fois- mais qu'elle l'ait pensé, jamais.. Avec elle, il ne faut pas s'attacher à ses délires et la prendre comme elle est, une petite fille.." 

Cela n'exclut pas une certaine malice puisque beaucoup de ses sketches ont clairement pour but le profit, ainsi invente-elle des soucis financiers pour les études de son fils et utilise-t-elle l'argent ainsi obtenu pour elle-même.

Le drame est que le fruste coiffeur l'a prise au mot. Au mot lorsqu'elle lui disait "je t'aime" et sans doute bien plus, au mot lorsqu'elle prétendait vouloir qu'il la "débarrasse" de son mari. Il avait cependant raison, les mots ont un sens. Et un amant surtout passionné n'est pas un psy. La raison de l'incroyable imbroglio qu'elle a suscité ? Un trauma sans doute, sa culture, la misère qui sévit à Madagascar où pour survivre on doit user de tous les moyens, son immaturité également peut-être; elle épouse un homme, elle l'aime sans doute à sa manière -provisoirement, il est beau, riche, généreux, bon amant- mais au bout d'un certain temps, sa dépendance lui pèse, elle cherche "mieux", sans doute y a-t-il aussi la rancune d'avoir dû survivre dans de dures conditions devant qui a toujours été favorisé.. et pour s'en libérer, elle en trouve d'autres, également prêts à l'aider.. d'abord financièrement, puis de façon relativement imprévue .. et prévue à la fois malgré tout car là aussi il y a un profit évident à la clef -la liberté, l'indépendance, son fils, l'argent mais pour elle seule-. 

 

Curieusement, elle rappelle... Élisabeth I, reine d'Angleterre, fille de Henry VIII (lien avec "Anne Boleyn, un fils ou la hache"), atteinte du même syndrome, qui signe l'arrêt de mort de Mary Stuart -en quoi elle a sans aucun doute raison- après d'infinies hésitations, cherchant paradoxalement à se faire "forcer la main" par ses ministres auprès desquels comme Diane elle se "plaint" pourtant de la Stuart ... et donc signe, en faisant semblant de ne pas s'en rendre compte (!) [Dudley, qui la connaît bien a mis l'ordonnance dans une pile qu'elle se garde bien de lire -elle sait bien sûr l'objet de l'une d'elles- tout en lui parlant d'autre chose -et elle joue le jeu] puis, le lendemain elle pique une crise** lorsqu'elle "apprend" que la Stuart a été exécutée! Sincère? avec des personnalités de type, même ce mot n'a pas de sens. "Elle ne le voulait pas, on l'a trompée, c'est sa cousine, la fille d'une des sœurs de son père, de sang royal, qui s'était réfugiée chez 'elle' pour sa sauvegarde, on l'a obligée par ruse à une abominable trahison etc.." Une part d'elle ne pouvait que s'y résoudre, l'autre refusait violemment cette mort. Pourquoi? Un trauma là aussi, ici facile à deviner, sa mère Anne Boleyn assassinée par son père Henry VIII .. et elle-même qui n'était pas passée loin de la hache ensuite par les soins de sa demi-sœur Mary Tudor (fille du premier mariage d'Henry avec Catherine). Notons qu’Élisabeth a plus d'excuses que Diane -pour ce que nous savons- car elle aurait sans doute été décollée si un des complots de cette fan de la hache et des bûchers qu'était la Stuart -et sans états d'âme, elle- avait finalement réussi.*** Lien avec Mary Stuart, poèmes à Bothwell.

Pour Diane ? Un trauma sans doute aussi que nous ignorons, peut-être seulement la misère et/ou le manque de père ou un père versatile dangereux -dans les deux cas- qui suscite des personnalités de ce type. Perverses? De fait, mais pas de volonté. Borderlines.

* Le discours hypnotique, qui endort, et guéri,
(Platon); on dirait à présent le bourrage de crâne ou la méthode Coué.

**Le risque était ici que celui qui lui avait tendu à signer l'ordre d'exécution "sans qu'elle ne s'en rende compte" (!) n'en paie durement les conséquences ensuite, ce pourquoi Dudley, le seul à être presque sûr de ne rien avoir à craindre d'elle -ils étaient amoureux depuis des lustres- s'était dévoué. 

*** Mais une thèse favorable à la Stuart -qui en France passe pour une martyre de la foi catholique- soutient que au moins le dernier complot, celui dit de "Badmington" qui lui valut la hache aurait été suscité ses ennemis pour la perdre, la lettre où elle prévoit et "ordonne" par avance la mort d’Élisabeth étant un faux ou interpolée. Pour forcer Élisabeth à la raccourcir? Ou sur ordre de celle-ci ? Entre les deux peut-être, comme pour Diane. Il est des choses que l'on veut ignorer, une roulette russe.
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Note. Le cas Annie.

C'est une "malade" -mais ces personnalités ne sont en général pas détectées comme telles voire pas détectées du tout avant un drame comme ici- qui, au cours d'une scène parfaitement crédible, un peu théâtrale comme souvent, affirme "avoir été contrainte de s'exiler à l'étranger et de rompre avec son amour passionné par les soins d'une mère impitoyable qui avait gâché sa vie, une tyranne qu'il ne fallait pas contrarier etc etc..." alors qu'en réalité elle avait elle-même insisté, contre l'avis de la matriarche, -avec la même violence!- pour qu'elle l'autorisât à partir, parce que c'était elle qui pensait trouver un meilleur parti. Lorsqu'elles pensent avoir accompli -voire subi- un geste peu glorieux ou simplement en désaccord éthique avec un public à un instant T. -et le public varie-, voire même sans raison, ces personnalités agissent par transfert, faisant porter à d'autres ou à un autre, le poids de la faute. Et en ce sens elles sont dangereuses lorsqu'on les prend au mot, fondant leur public -leur proies? Oui en un sens- à haïr qui ne le mérite pas et à compatir à contre sens. On les rencontre parfois aussi chez les femmes -ou hommes- battues ou en désaccord avec leur compagnes ou compagnons. En général, ces personnalités ont besoin d'un supporter de caractère opposé, un/e confident/e qui écoute, vibre, et réagit à leur place. Le bouc émissaire. Lui sera la véritable victime. Cela est rarement détecté.

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lundi 22 octobre 2012

Accouchement, douleur, controverse, mortalité, l'omerta

In english (link)




"For my, labour felt like someone had put a car jack inside my pelvis and was slowly cranking it open, it was a really deep bones pain. "
Pour moi, le travail [l'accouchement] était comme si quelqu'un avait mis un cric de voiture à l'intérieur de mon corps et était lentement en train de l’ouvrir en deux, une douleur osseuse vraiment profonde (lien)" insupportable, formule que je reprends exactement à mon compte

Pourquoi les femmes n'en parlent-elles jamais ou légèrement, sans insister -même celles qui s'expriment volontiers sur leurs maladies et leurs souffrances en général? J'y vois plusieurs raisons: pour ne pas faire peur à celles qui n'ont pas connu ça -la donne est un peu différente à présent qu'il y a la péridurale- ; ne pas déchoir auprès du mari et de la société dans les cultures qui n'accordent aux femmes que la valeur de reproductrices -il se peut parfois, dit-on (?) que la douleur soit dramatisée pour ces mêmes raisons, perso j'en doute- ; ne pas traumatiser les enfants qui se sentiront en dette ; ne pas paraitre égoïste et rabat-joie devant le bonheur qu'est la venue au monde d'un bébé; et dans les cultures occidentales -effet pervers de l'accouchement dit "sans" douleur- le sentiment d'échec et la culpabilité, on est mal foutues*, mauvaise poulinière, élève déplorable, surtout devant ce que l'on ne peut qu'appeler l'omerta, c'est à dire celles qui assurent mensongèrement** avoir accouché "comme une lettre à la poste"... après tout comme on est seule au jury, mieux vaut se dire reçue, ou minimiser, surtout si on a héroïquement réussi à ne pas hurler trop fort. Oubli? Non, quoiqu'en disent les histoires roses. Même après la joie qu'apporte le bébé...
 
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Image initiale. Controverse sur le texte:

   Il est cucul, soit. Mais voici quelques liens sur la mesure de la douleur, pas si subjective que ça, même si les termes employés ne sont pas DEL mais DOL, ce que reprochent des puristes au texte de l'image et si selon l'échelle de Mac Gill, les chiffres sont établis de 1 à 10 -ou du moins l'étaient-ils autrefois- et non de 1 à 57 (mais c'est le cas parfois à présent, voir liens en bas de page). Quant à dire "qu'un être humain ne peut le supporter", ce qui amuse les mêmes puristes ("il le peut puisqu'elles ne meurent pas" objectent-ils), il n'y a pas là matière à rire; le fait est que le cœur peut effectivement lâcher, dans mon cas les sage-femmes à la fin vérifiaient tout le temps -ainsi que celui du bébé- s'il "tenait", ne me laissant rien ignorer de leurs doutes et à un moment en effet il a cessé -très brièvement- de battre... ce qui a motivé l' "extraction" en urgence absolue.. [panique d'où périnée emporté totalement, (puis-je leur en vouloir? sans cela peut-être...) puis intervention pour me rafistoler dès que le toubib est enfin arrivé -deux heures de couture soignée, à la fin ils n'avaient plus de fil résorbable, il lui a fallu faire avec ce qu'il avait-, puis pendant une semaine interdiction d'aller à la selle évidemment.. et 10 jours après, anesthésie générale pour enlever le matos : chance inouïe, aucune séquelle et bébé OK.] Oui, le cœur peut tout simplement flancher au bout de 2 jours, bien sûr, je ne suis pas passée loin. Et ensuite il y eut aussi -juste après la sortie de ma fille- (banal en ce cas) l'exsanguination non douloureuse, impressionnante, une curieuse chaleur m'inondait, en fait je baignais dans une mare de sang.. pendant que tous s'activaient dans la salle d'à côté auprès du bébé miraculeusement indemne, je m'en foutais, tout était enfin fini et mourir ne me semblait pas grave du tout -sans doute mon cerveau dysfonctionnait-il- mais après hésitation, j'ai tout de même appelé. Les sage-femmes émerveillées que l'enfant soit si parfaite ("10 à l'Apgar, un miracle!").. n'ont pas entendu, mon mari si, le sang dégoûtait jusqu'au sol. La plupart des femmes mortes en couches le sont simplement d'exsanguination. Évitable bien sûr. 

Quant au marrant qui compare la douleur de l'accouchement à un coup dans les couilles, je répondrais que je ne sais rien de cela mais que ce serait plutôt cent et pendant 2 jours, régulièrement espacés et de plus en plus forts sans que l'on sache quand ça va finir. La seule comparaison ambigène qui me vienne à l'esprit serait le percement involontaire par une infirmière mal douée de mon tympan avec de l'azote liquide injectée en spray, mais multiplié par un facteur de durée (? cent?) car la douleur transperçante, atroce, coupant le souffle cessa au bout de quelques minutes et évidemment ne se réitéra pas -je m'étais enfuie en la repoussant violemment-. Je pense que la douleur de l'accouchement n'est en fait comparable à aucune autre si ce n'est peut-être à un écartèlement, la sensation d'exploser, déchirée en deux par une écrasante force interne qui ne fait que croître à chaque fois d'où l'idée incontournable à la fin que l'on ne pourra pas y résister -c'est à dire mourir-. Quant à l'expulsion -moins douloureuse que les dernières contraction d'engagement du bébé mais épuisante et en mon cas, vaine- une féministe iconoclaste (Shulamit Firestone?) l'a comparée à.. désolée de la trivialité, je cite "chier un potiron". D'où aussi les forceps, appliqués en cas d'urgence -et ça l'est presque toujours- sans aucune anesthésie. Un tire-bouchon d'une bouteille de champ sur lequel on tire de toutes ses forces en la coinçant, après avoir cassé le goulot. -Ce fut le cas pour mon fils.- 
  
Pour le petit rigolo qui veut se faire une idée
 http://videos.tf1.fr/jt-20h/on-sait-desormais-mesurer-la-douleur-6105540.html 

Par ailleurs, la mortalité en "couches" ne donne lieu à aucune statistique précise réellement fiable et les chiffres varient. D'après la Classification internationale des maladies, la mortalité maternelle se définit par "le décès d'une femme survenue au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison". Mais ce délai est controversé car trop court, un décès pouvant fort bien survenir plus longtemps après et relié à l'accouchement. Sur la période 2001-2006, 9,6 décès maternels sont survenus pour 100 000 naissances ce qui place la France dans la moyenne européenne mais largement au-dessus de pays comme la Suède qui présente un taux deux fois moins élevé (lien.) Mais 1/7 femmes mortes au Niger (contre 1/8000 dans les pays riches) décède des suites d'un accouchement. Énorme ! Ce qui en extrapolant donne le chiffre de mortalité de 1% au Niger et sans doute dans tous les pays pauvres, et sur la base de 6 enfants en moyenne/femme, fait 6%. L'absence de données est significative de l'image en pochoir d'une société, tout ce qui n'est pas investigué étant "secondaire". Par exemple, on sait fort bien les intentions de vote de telle population dans tel quartier et même son évolution en fonction de tels paramètres mais on n'est pas capable d'avoir un chiffre fiable de femmes mortes d'accouchements. Pour le tenter, lors de mon DESS, j'ai dû colliger le nombre de décédées de 20 à 40 ans et chercher -pour celles dont la mort n'avait pas de cause accidentelle ou criminelle- si elles avaient eu un enfant quelques temps auparavant, calée sur 1 mois -trop court en fait-. Évidemment une approximation sans aucune garantie, je n'ai plus les chiffres en tête mais me souviens qu'ils étaient nettement supérieurs aux données également approximatives et non officielles dont on disposait, encore plus maigres en 73 que de nos jours.


*"Vous êtes trop sportive, c'est comme ça chez les femmes trop musclées comme des hommes, elles ne sont pas souples et ça ne facilite pas! du coup, elles ont du mal à accoucher". Mal foutue donc, pas  féminine, pas prévoyante aussi. Isadora Duncan dit qu'il lui fut asséné les mêmes formules, les danseuses accouchent mal. Ce fut son cas et elle est une des rares à avoir osé en parler en termes non édulcorés (lien -message suivant- avec des extraits de son autobiographie)

** J'ai pu mesurer la force de l'omerta du fait des femmes elles-mêmes car ayant mis 2 jours et 3 nuits à accoucher -au début je ne souffrais pas trop, le travail était extrêmement lent-, j'en vis défiler en nombre dans la salle d'à côté, entendis, terrorisée, leurs gémissements puis leurs cris et enfin leurs hurlements -je les croyais mortes les premières fois puis je m'habituai-... les mêmes qui le lendemain assuraient parfois devant leurs belle-familles (c'était au "Lilas", maternité pionnière de l'accouchement non médicalisé et "sans douleur") que ç'avait été rapide, magnifique, "comme une lettre à la poste". A ma question dubitative en tête à tête ensuite, la réponse était toujours la même, navrante de banalité "d'accord, la fin c'est un peu pénible mais au fond pas grand chose lorsqu'on voit le bébé, on oublie tout de suite, c'est rien du tout finalement.." Cela glisse du "un peu pénible" (!) à rien du tout en une seule envolée lyrique, dans quelque temps, ce sera sans doute une partie de plaisir (certaines l'assurent, je ne plaisante pas.) Intox, omerta. Ne pas paraître égoïste, devant un bébé rien d'autre ne compte etc.. Mes doutes persistants jetaient comme un froid. Une traître. Pas une bonne militante. Une mère discutable, "enfin vous l'avez votre bébé et elle est parfaite, c'est tout ce qui compte! après cette affaire, vous devriez être soulagée!" Mais moi-même au téléphone ai menti -plus exactement éludé les questions insistantes de ma mère- à mes parents, pour ne pas leur causer de souci rétrospectif, insistant maladroitement sur l'excellent "état" du bébé, ce qui ne fut pas sans lui mettre la puce à l'oreille..

dimanche 21 octobre 2012

Isadora Duncan, son accouchement ("Ma vie", extraits)

Suite de "accouchement, l'omerta" (lien)


Isadora Duncan, MA VIE (lien) 
 
"Je sentis un coup violent dans le milieu du dos, comme si quelque  chose se broyait en moi, puis une douleur épouvantable comme si l'on m'avait enfoncé une vrille dans la colonne vertébrale pour la faire éclater. La torture commençait, comme si j'eusse été une victime aux mains de quelque bourreau impitoyable et tout-puissant. Une crise finissait à peine qu'une autre commençait. On peut dire ce qu'on veut de l'inquisition espagnole, aucune femme qui a eu un enfant ne saurait la redouter. Sans trêve, sans arrêt, sans pitié, cet invisible et cruel génie me tenait dans ses griffes, me déchirait les os et les nerfs. On dit que de telles souffrances sont vite oubliées. Tout ce que je puis répondre c'est qu'il me suffit de fermer les yeux pour entendre à nouveau mes cris et mes plaintes. C'est une barbarie inouïe, une barbarie de sauvages que les femmes soient encore forcées de supporter des tortures aussi monstrueuses. Il faut que cela cesse. Il est tout simplement absurde qu'avec notre science moderne l'enfantement sans douleur ne soit pas la règle. C'est une chose aussi impardonnable que si les médecins opéraient une appendicite sans anesthésie. Il faut vraiment que les femmes aient une patience ridicule ou un manque complet d'intelligence pour accepter un instant cet effroyable massacre d'elles-mêmes. Pendant deux jours et deux nuits, cette douleur indescriptible continua, et le troisième jour au matin ce médecin imbécile sortit une immense paire de forceps et sans anesthésie d'aucune sorte, mit un comble à cette boucherie. A moins que d'être attaché sur une voie, avant le passage d'un train, je n'imagine rien de comparable à ce que j'ai souffert. Ne me parlez pas du mouvement féministe ou des suffragettes tant que les femmes n'auront pas mis fin à cette souffrance inutile et n'auront pas exigé que l'accouchement, comme toutes les autres opérations, se fasse sans douleur. Quelle superstition insensée s'oppose à cette mesure ? Quelle intention criminelle est à son origine?"

samedi 20 octobre 2012

Une femme de 30 ans poignardée par un homme -suspicion de son concubin- en pleine rue, mais...

Article en anglais (lien)


 
Lien

Mais ce n'est pas tout, en effectuant une recherche aujourd'hui pour savoir si elle s'en est tirée, voici ce que je trouve en fait d'actu avec à "femme poignardée dans la rue" sur une page, "en français seulement" !! 



Plus cette vidéo  

 

Effarante conclusion: les féminicides sont si courants qu'ils se perdent tout de suite dans la masse, qu'il s'agisse de concubins ou maris (la majorité), de frères (dans le cas de musulmans) ou de simples voleurs à la tire (une femme c'est plus facile) voire même de fils (un cas)! Age variant de 18 à 60 ans. Ils peuvent avoir lieu en plein jour, dans la rue, dans un magasin et partout (sauf un cas qui s'est passé dans un quartier-ghetto). Une suggestion : être femme étant donc infiniment plus périlleux qu'être homme où que l'on soit, que nous soyions autorisées à posséder et porter une arme et à prendre des cours de tir. Moche? Oui. 

dimanche 14 octobre 2012

Le cerveau des mâles fait de l'auto allumage



 Éloge de la grossièreté

Les hommes semblent pécher par défaut d’adaptation ou de souplesse devant des situations inattendues, mais d’eux seuls. Psycho-rigides, archétypiques, avec les femmes ils persistent dans des comportements qui peut-être autrefois ou en d’autres circonstances furent adaptés (?) sans s’apercevoir de leur grotesque, et du malaise ou de l’exaspération qu’ils suscitent. De l’auto allumage : contact coupé, la voiture continue sa route fonçant vers le ravin, le conducteur souriant. Machisme? Pas tout à fait, un machisme par défaut, en pochoir, de posture et non de fond qui se dit féminisme. Et les femmes, refusant de se positionner haut et sec, attitude peu féminine et inconvenante, les confortant dans leurs dérives, sont aussi responsables : même s’il éprouve pour elle admiration ou amour, un mâle agit souvent vis-à-vis d’une femme comme s’il était un cadeau, quel que soit le décalage en sa défaveur de leurs situations.. que, sans souci de cohérence, il peut pourtant souligner –parfois c’est l’évidence. Trois cas, le premier, désopilant.

Un homme sans surface intellectuelle ni allure ne se gênera pas pour expliquer à une agrégée de philo plus jeune -et courtisée, qu’il estime fort dit-il- ce qu’elle doit penser, la coupant net si elle révoque poliment ses assertions.. puis, sans mesurer son saisissement, lui avouera tout de go.. un amour aussi stupéfiant que déplacé [marié, il a 25 ans de plus] et en même temps qu’il n’est pourtant pas question (sic) qu’il quitte sa femme, il se doit de l’en prévenir "honnêtement" (!!) Un autre, bien qu’il prétende lui aussi l’admirer poussera l’aplomb jusqu’à lui exposer Platon qu’il n’a pas lu [elle, si] ou brocarder une position [la sienne] sur un sujet dont elle est spécialiste, certes il l’ignore [elle n’en a jamais fait mention], mais lorsque exaspérée, elle l’en informe, persistera et signera comme si de rien n’était: tout se passe comme si de manière adhérente, il ne pouvait littéralement voir en elle qu’une étudiante obtuse à instruire, alors que par ailleurs il salue, requiert et sait fort bien faire profit de ses compétences.. qu’il dénie. Un autre, désireux de la revoir, une fois en place, fera mine que ce soit elle qui l’ait sollicité pour exiger quelque prestation imprévue. Cette incohérence crispante et touchante! on ne doit pas la supporter : elle est subtilement mortifère. Il faut désapprendre les conventions et savoir si nécessaire dire "ta gueule vieux con".. et ça va mieux.