jeudi 20 décembre 2012

Des syndromes de Stockholm multiples, le cas Sadia, une famille pakistanaise en Belgique, politiquement incorrect..




... Où on voit deux femmes au moins, la mère et une des sœurs, aider deux hommes, le frère et indirectement le père, à assassiner une redoutable "dissidente".. qui refusait d'être violée -c'est à dire mariée de force- (lien). Comme Anita, le cas est certes plus subtil, conduite, elle, au suicide (lien). 


L'histoire: une famille pakistanaise d'origine parfaitement "intégrée", si l'on peut dire, commerçants prospères, 4 filles, 1 fils. Des gens qui, comme le dit benoîtement le père au cours du procès "ne sont pas n'importe qui" dans leur pays, qui ont un rang à tenir. La haute dans leur idée. Miracle du net, tout ce qu'ils et surtout qu'elles font est retransmis in live par web cam au pays du reste ils se rendent souvent. En fait, le Pakistan, ses clans [ses coutumes] ils ne l'ont jamais quitté. "Belges", c'est un peu théorique. Un groupe fermé où les mariages imposés, entre cousins de préférence, sont fréquents, ce qui n'est pas meilleur pour eux que pour les rois de France.  



 Comme souvent dans les fratries nombreuses orientales, les rôles sont distribués assez tôt et l'hypocrisie n'est jamais très loin, ainsi le père vertueux et bosseur, incarnant la loi et la tradition religieuse a de nombreuses maîtresses [le fils surprend des conversations "édifiantes" -hard- qui l'horrifient] et songe à quitter les siens pour refaire sa vie au pays; une des soeurs [celle qui dénonce Sadia] fume du shit, le fils boit -sec- un moment, quant à la mère, usée, entre deux menaces de suicide, elle concocte des intrigues pour se débarrasser de sa fille rebelle.. Les rôles officiels: le garçon, surtout unique, est le chef, le missi domici du père vertueux.. et ici de la mère-suicide. Même plus jeune, moins performant, c'est le cas, il sera chargé de "surveiller" ses sœurs, de les mettre au pas, veillant sur l'honneur c'est à dire leur sexe. Ridicule en ce cas, un rôle un peu trop grand pour un si petit personnage qui avoue naïvement à son procès "lorsque mon père parle, je baisse les yeux".. et il obéit sans discuter.  

Une de filles semble la plus douée: bonne élève, aimée de ses profs et de tous, ambitionnant des études, belle et généreuse de manière émouvante, impensable. [Sentant qu'elle risquait d'être assassinée, elle a fait un testament trois jours avant sa mort et a demandé à son compagnon de ne pas porter plainte contre les "siens".] On l'appelle "Cendrillon" [il est probable qu'elle s'occupe de toutes les taches dont les autres ne veulent pas.] 
Ce sont hélas ses qualités qui vont causer sa perte ; entourée, courtisée, elle va tomber amoureuse et réciproquement d'un jeune belge dont la famille l'accueille avec plaisir. Le bonheur? Et la mort.

Mais voilà! entre temps, la père et la mère [ici notons qu'elle semble avoir un rôle équivalent voire pire car elle joue sur les affects, sur l'amour que lui voue Sadia malgré tout pour la piéger à mort -parallèlement elle aura un comportement terrifiant envers une nièce, forcée elle aussi d'épouser un cousin dont, selon la jeune femme qui n'a pas osé se rendre au procès par peur mais fut entendue en vidéo conférence, elle "présidera" même le viol ; quant au père, ce fut pire : comme la jeune fille refusait de partir au Pakistan, il fut appelé à Marseille -il est l'aîné, le chef- et lui tint un revolver sur la tempe, menaçant de tuer sa mère et ses sœurs si elle n'obéissait pas*].. les parents donc, ces parents-là (!) ont décidé de la marier au pays, avec un cousin également.. Sadia sait donc ce qui l'attend.

Mais non, ils ne sont pas rétrogrades vont-ils clamer au tribunal [attitude typique des accusés se vantant de ce qu'ils n'ont pas fait, l'agresseur soulignant qu'il n'a pas violé, le violeur, qu'il n'a pas tué etc..] ils l'ont laissée "libre". Bien ! Donc elle a choisi! Alors où est le problème  La versatilité d'une gamine qui "papillonne"? Pas un casus belli! Sauf que "libre", dans leur vocabulaire, signifie qu'ils lui ont laissé le "choix" [par web cam interposée!] entre plusieurs candidats. Savoureux. Faute de pire, harcelée par la famille dont tous sont solidaires y compris ses sœurs identiquement "mariées" mais qui elles, ont plié, entrées dans le moule jusqu'à se solidariser avec ceux qui leur ont fait subir un tel déni de justice [en plein dans le syndrome de Stockholm] bref, Sadia, par amour, matraquage, désir de leur plaire... finira par  céder pour l'un. Le moins pire sans doute par web cam interposée.

Et là, burlesque, on a un mélange de Moyen-âge trad et de 22ième siècle ultra tech : c'est un "mariage" [sans aucune valeur juridique y compris au Pakistan bien sûr] par web cam interposée avec imam entre deux "promis" à 2000 km de distance qui ne se sont jamais vus!... Une mascarade dont elle pensait évidemment qu'elle ne l'engageait pas. Erreur! Au Pakistan, dans sa famille, elle est bel et bien mariée, les billets prêts pour l'y envoyer [l'enlever serait plus juste.] Le sait-elle? sans doute puisqu'elle fuit. La tragédie de sa cousine dont sa mère fut la cheville ouvrière l'a rendue méfiante, à juste titre. Elle a déjà fui du reste mais à chaque fois est revenue; la mère qui l'appelle, les sœurs peut-être, la comédie des affects etc... Menacée, déchirée, elle les aime tout de même. "Elle était trop gentille" dit une camarade de lycée. Cette fois, elle est dans un foyer pour femmes battues. Y a-t-il eu aussi des coups ? Le procès n'en dit rien mais son admission le laisse penser. La honte pour les parents? Oui et cette fois c'est justifié. Et, enfin "libre", elle est tombée vraiment amoureuse. Cette fois, non, elle ne cèdera plus, soutenue par son compagnon et par sa famille. Elle va l'épouser, rêve d'une vie normale, d'études supérieures. Malgré les menaces, la mort qui plane, elle renaît. Sa mère est claire "je préfèrerai la voir morte qu'épouser un non musulman." Plus tard, son fiancé au procès dira que c'est une famille dangereuse à tout points de vues.





Le drame se noue. C'est l'Aïd, la fin du ramadan, à nouveau on la prie de venir, à nouveau elle cède. Elle sait risquer sa vie, son testament en atteste, mais elle tente pourtant encore une fois l'impossible, les fléchir, c'est la fête, elle va parler, essayer d'obtenir son "pardon", portée par son amour pour son compagnon, par la culture qu'elle a acquise au lycée, par ses copines, ses profs, ce pays qui est sien plus que le Pakistan. 

Le frère a acheté une arme, des munitions, des SMS sont échangéson parle d'elle comme de "la pute". Son comportement, c'est la honte, pour lui particulièrement. La chasteté d'une sœur, c'est tout l'honneur d'un frère dit-il. Le piège se referme, les parents ne sont pas là, elle n'a même pas le temps d'enlever son manteau, il sort l'arme, elle veut fuir, sa sœur la bloque, il la tire, c'est fini. Juliette est morte. Notons qu'au procès, celui-ci avouera naïvement qu'il a aussi songé à tirer sur la sœur qui comme Sadia [la "pute"] n'était pas parfaite, elle fumait parfois du shit (!) et allait peut-être mal tourner elle aussi. Puisque j'en avais tué une, je pensais que je pouvais aussi tuer l'autre dit-il en toute simplicité [mieux vaut prévenir etc..] l'autre qui cependant l'avait aidé à tendre le piège et à assassiner Sadia ! Est-ce la cause? A-t-elle ainsi donné des gages de bonne éducation? Reste qu'il a renoncé. Et celle-ci, mariée [et enceinte!] dans la bonne trad avec un homme qui lui aussi a défendu fortement sa "belle famille" [bien que dans la foulée il ait failli être veuf !] a été condamnée à 5 ans sans faire appel. Par manque de forces dit-elle, mais plutôt parce cette condamnation extrêmement généreuse [elle en fera 2 et demi] pour complicité d'assassinat aurait sans doute été alourdie

Cette haine, le père et la mère la lui ont-ils inculquée ainsi qu'à toute la fratrie? l'ont-ils poussé à son geste? L'avocat de celui-ci le clame. Il est évident que le jeune homme qui affirme que dès que son père parle il baisse les yeux [et cela vaut apparemment pour sa mère] n'a pas l'étoffe pour agir seul. Lui aussi est un syndrome de Stockholm, un tel formatage ayant dû lui coûter quelques aléas [dont celui-ci] qu'il ne voit même pas. L'avocat du père, c'est logique, affirme le contraire : il aurait agi seul sans aucune influence [quid des messages échangés entre tous qui parlent de Sadia comme de "la pute".. et dans ce milieu honorable où "on est respecté par tous", que faire d'une "pute"?] Notons aussi que ce pater familias aimé de tous [mais "un peu faible envers Sadia" disent le jeune homme (!) et une de ses sœurs non impliquée dans l'assassinat mais défendant ses parents, comme tous, bec et ongles] ce père donc ne va à aucun moment: 1, tenter de dédouaner son fils apparemment offert en victime propitiatoire au pays qui l'a accueilli et 2, manifester quelques remords ou regrets. Comme dans tous les cas de syndrome de Stockholm, le bourreau qui agit par séide [victime] interposé lâche l'exécuteur lorsqu'il est pincé... lequel consent à son propre sacrifice. [Mais ici tout de même, devant les années de prison qui s'additionnent, l'avocat du jeune homme plaidera sa mise sous influence.] Le père ne va pas défendre l'assassin [ou plus exactement son bras armé] mais il va avoir ce quasi aveu involontaire : au pays, je ne suis pas n'importe qui, notre famille est en vue, on m'aurait posé des questions; là, elle est morte, on a parlé d'un accident et il n'y a plus de problème. CQFD. Elle est morte = il n'y a plus de problème. D'autant moins que ce n'est pas lui qui a tiré. Du coup, son avocat a demandé l'acquittement. Normal.

Mais je jugement belge qui a retenu l'influence du père ET de la mère, le crime de haine envers une personne vulnérable en raison de son sexe et le complot en réunion pour l'accomplir.. les a davantage condamnés que le fils qui a tiré sur Sadia et la fille qui l'a empêché de s'échapper. Une première intéressante. Qui fera peut-être réfléchir les impétrants. 

Les "franssouillais"

Quid de les déchoir de leur nationalité comme il est demandé sur des forums? N'est-il pas précisé qu'adopter une nationalité n'est pas choisir un manteau et qu'il faut en accepter -relativement- les lois, surtout lorsqu'elles sont justes, du reste même un manteau doit être à la bonne taille? Politiquement incorrect? Oui. L'idée naïve: immigrés= situation défavorisée= solidarité, indiscutablement, méconnait parfois la réalité: certains dont la situation originelle est plutôt petite bourgeoise voire même top, choisissent simplement un pays qui leur semble plus intéressant -peut-être plus libéral sur des points qui les arrangent-. Ceux qui ont voulu et pu partir [ce qui nécessite argent, contacts, pots de vin, leviers] ne sont parfois pas les plus démunis au contraire ni les victimes harcelées par un système que l'on imagine, et, jouant sur cette aria, ils peuvent piéger. Il est fréquent ensuite que ceux-ci, enrichis [davantage], lorsqu'ils reviennent au pays pour des séjours ou définitivement parés de l'aura de "français", se comportent comme des chefs qui n'ont rien à envier aux petits potentats locaux, l'argent gagné judicieusement investi [maisons, terres, hôtels, commerces..] les ayant propulsé à un rang plus élevé que leur initial** et en tout état de cause, infiniment plus prestigieux qu'en France.

Les turcs ont pour les désigner un mot péjoratif, "franssouillais", qui signifie arrogant, m'as-tu-vu et.. exploiteurs. (Lien avec "Noces kurdes) dans lequel le héros parle avec ironie de ceux [turcs] qui retournés au "bled" cherchent des "esclaves" kurdes (ou une femme) pour servir à faible coût dans les "entreprises" qu'ils sont fondées avec l'argent gagné en France, de manière pas forcément tout à fait légale affirme-t-il, et blanchi au pays sous forme d'affaires légales. A la fois respectés et craints [ils sont riches et puissants].. et haïs pour leur âpreté au gain et le mépris qu'ils vouent aux pauvres restés sur place. Deux facettes de personnages intéressantes observe-t-il ironiquement, en France, aimables, presqu'obséquieux et au pays, des "franssouillais". Ce phénomène est celui de la première génération et disparaît ensuite si les enfants, nés et demeurés en France ont pu étudier normalement [et au cas, pas général, où la famille les a laissés s'intégrer, par exemple épouser qui ils voulaient..] 


* Elles sont cachées quelque part, témoins protégées, au secret. 
**La famille Shiekh, symptomatique, n'a pas apporté de l'eau au moulin de la cause des immigrés en général.. mais au contraire un sacré pavé. Politiquement pas correct certes.

LE DOSSIER " LE SYNDROME DE STOCKHOLM"
 http://femmesavenir.blogspot.fr/2009/09/maltraitance-intra-familiale-tous-les.html

mercredi 19 décembre 2012

Excision ! le retour.. si l'on peut dire puisque 85% des femmes sont excisées en Egypte... Et c'est un progrès! ! 150 millions de femmes dans le monde





 



En réalité, les deux branches sont repliées autour du vagin, en arrière





Le clitoris n'est pas juste un petit truc à peine visible mais un organe de grande taille, à "cornes" comme les trompes ou l'utérus, dont la plus grande partie (qui s'insère autour du vagin sous les grandes lèvres) est interne. Couper la pointe du "V" revient à: 1 empêcher toute jouissance* et 2 causer très souvent des douleurs insupportables dans les deux cornes mutilées (névromes). Une opération (lien) toutefois peut réséquer les deux bouts, qui marche (mais pas dans tous les cas) c'est à dire fait cesser la douleur (mais ne restaure pas toujours la faculté du plaisir). Note: comme tout organe érogène, le clitoris est très richement innervé contrairement au vagin qui ne l'est pas du tout (même de très larges épisiotomies lors de l'accouchement, impressionnantes, sont absolument indolores) ce qui donne la mesure de la douleur éprouvée lors de son ablation. Pour les hommes, imaginez que vous vous cognez constamment le coude avec ces fulgurances ressemblant à un choc électrique qui remontent jusqu'en haut de l'avant bras. Voir la remarquable étude de Pierrette Hersberger-Fofana (lien.) Note: il arrive que des femmes politiques ou de pouvoir refusent de se positionner sur le sujet, élections obligent (exemple Aminata Traoré -lien-.)
 


La carte n'est pas exhaustive car l'excision est aussi pratiquée en Irak, en Inde et en Chine..


L'excision va-t-elle redevenir légale en Égypte ? C'est ce que laisse entendre le documentaire de Paul Moreira Sexe, salafistes et printemps arabes, diffusé récemment. En Égypte, ces mutilations existent depuis longtemps et sont pratiquées en masse, selon une "tradition" datant de l'Antiquité (les momies des pharaonnes montrent qu'elles sont excisées) qui n'a pas été importée par l'islam. Officiellement, il n'est pas question de revenir sur l'interdiction de cette pratique, mais...

Depuis la mort d'une jeune fille en juin 2007, les "mutilations génitales féminines" sont interdites par décret ministériel. Le grand mufti de l'université al-Azhar affirme à l'époque que cette pratique est interdite par l'islam (en effet, certains passages où il est dit qu'un mari doit pouvoir "satisfaire" ses femmes le laissent entendre) déclaration qui a un grand retentissement dans tout le monde musulman.

Un an plus tard, en juin 2008, une loi criminalise l'opération. Des comités de protection des enfants sont créés. Et ça marche. (Note, ça ne court pas!) Elle touchait 95 % des femmes en 2005 et 85 % aujourd'hui. Mais pour la première fois depuis 2007, des personnalités politiques de premier plan prennent position pour un retour à cette pratique. La première offensive vient d'une députée membre du Parti de la liberté et de la justice, l'organisation politique des Frères musulmans. Un député salafiste, Nasser Shaker, proclame en mai 2012 que l'excision est une pratique islamique. Une rumeur est alors en train de se répandre dans toute l'Égypte : un bus du Parti de la liberté et de la justice tournerait dans la campagne pour pratiquer des excisions "médicalisées". Démenti. Et le 5 juin, Mohamed Morsi en campagne présidentielle, affirme qu'il ne reviendra pas sur l'interdiction. Fini ?
.
Pas tout à fait. Sa "conseillère" revient sur la question et affirme dans une interview pour Tahrir, que l'excision existant en Égypte de façon massive, il faudrait médicaliser cette pratique (mal faite, l'excision entraîne des infections!) C'est le tollé. Des associations de défense des femmes soutenues par l'ONU réaffirment dans une vaste conférence de presse le caractère criminel de l'excision. La "conseillère" dément ses propos qui auraient été déformés et réaffirme... son soutien à l'interdiction. Cette cacophonie inquiète surtout dans le chaos politique que traverse l'Égypte. L'excision n'est pas nommément interdite dans la nouvelle Constitution ce qui peut défaire d'un coup le travail de cinq ans.




* Le plaisir vaginal semble une joyeuse foutaise car, redite, le vagin n'est absolument pas innervé. C'est le clitoris et ses "cornes" en dessous des grandes lèvres qui est excité par le frottement pénien ou autre, cf schéma (ce qui peut donner l'illusion d'un plaisir vaginal physiologiquement impossible.) Ou un (pieux) mensonge pour conforter les mecs satisfaits (ou inquiets) de leurs prestations. Avis aux complexés montés comme des canaris : de vos bites, on se fout, pas de panique !

En images ici : http://femmesavenir.blogspot.fr/2014/03/image-3d-du-clitoris.html


samedi 15 décembre 2012

Affaire DSK : ces métiers qui exposent ! Ce que les femmes vivent..



D’après Martine Pauwels

 Que vaut la parole d’une femme? Témoignages

Elles sont hôtesses, mannequins, actrices mais aussi journalistes, photographes, infirmières, aide-soignantes, steward ou femmes de ménage et toutes subissent des agressions, du plus au moins, qu'elles minimisent tant elles y sont habituées. Des hommes aussi. Ont-ils porté plainte comme dans l’affaire DSK? Le feraient-ils?


Une aide soignante en maison de repos : "en cas d’agression physique, je le ferai immédiatement".. "ça n’a jamais été jusque là mais j’ai vécu des situations révoltantes, je ne parle pas ici de certains pensionnaires, des hommes âgées, qui vous mettent la main aux fesses, s’exhibent ou tentent des attouchements, cela fait partie des risques du métier*. Nous stoppons fermement. Mais quand il s’agit de la hiérarchie, tel ce directeur qui faisait irruption dans la salle des douches alors que nous étions nues, c’est l'horreur, pire que du harcèlement sexuel, un jeu de pouvoir et d’humiliation: il jetait des liasses de papier par terre, nous traitant de ramasse merde et exigeait que nous les ramassions. Je n’ai jamais accepté mais d’autres si. Cependant les dégâts étaient là. Colère, haine, révolte mais je ne m’autorisais à pleurer que chez moi, contrairement à d’autres qui craquaient sur place. Même les hommes étaient victimes de ces humiliations." Aujourd’hui, elle a cessé de travailler.
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Autre cas

Alicia, tenues chics et talons hauts, métier oblige, étudie les langues, elle est mannequin et hôtesse d’accueil pour de prestigieuses agences. "J’ai la chance de ne jamais avoir été confrontée à des situations graves, je me méfie, souriante mais sans me départir d’une certaine froideur. Lorsque je subis une attitude ou des propos trop insistants, je m’arrange pour me faire remplacer par une collègue mais c’est rare**. Un gentil compliment ne me dérange pas, je le reçois avec le sourire. Sinon, en cas d’exagération, je pense que je clamerais haut et fort un laissez-moi tranquille gênant". S’il y avait des attouchements physiques porterait-elle plainte? "Je ferais tout pour ne pas en arriver là parce que finalement que vaut le témoignage d’une hôtesse? certains ont le don de nous mépriser d’un simple regard, ce serait ma parole contre celle d’un client bien sous tous rapports et je ne ferais pas le poids, j’ai peur que l’on ne me traite de menteuse ce qui me traumatiserait encore plus. Très souvent, on nous prend pour de ravissantes idiotes alors que je parle plusieurs langues et vais entreprendre un master."

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Troisième cas
Les hommes aussi ! Luc plaît aussi bien aux femmes que, bien malgré lui, aux hommes. "Je commençais dans le métier, je devais effectuer le portrait d’un écrivain connu. Sans que je ne m’en rende compte, il m’a emmené dans sa chambre, a fait des allusions de plus en plus lourdes puis a voulu me toucher; j’ai pris la fuite. Cela peut prêter à rire et en effet quand je raconte cette histoire, tout le monde s’esclaffe et pourtant cela m’a profondément choqué. J’ai tout à coup compris combien les femmes pouvaient se sentir salies par certains comportements."

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* Notons qu'elle passe sur un harcèlement sexuel qu'elle minimise mais qui n'en est pas moins un; "les risques du métier" dit-elle avec philosophie: exhibitions, attouchements etc !...

** Idem pour Alicia qui elle aussi minimise ["c'est rare"... "je m'arrange pour que .."] etc.. L'ambiance de ces métiers est donc la vigilance constante voire l'angoisse et en fait on ne voit que le haut de l'iceberg. Pour le reste, le plus grave ["ce qui est rare".. et représente simplement "les aléas du métier", sous entendu qu'ils sont acceptés avec le choix de celui-ci tel un médecin qui prend le risque d'être contaminé!] il n'y a évidemment ni plainte ni même signalement.

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Des cas à risques, de l'autre côté

jeudi 13 décembre 2012

Iran, ça s'aggrave encore !

Puce électronique, collier de rappel, chaîne 
ou chien de garde? Qu choisir? 

In english (link)

La commission de la sécurité nationale du Parlement iranien a adopté, fin novembre, un projet de loi qui oblige les femmes célibataires de moins de 40 ans de se munir de la permission de leur "tuteur" ou de l'accord d'un "juriste musulman" pour demander un passeport. Dans la législation islamique, le tuteur est le terme pour désigner le mari, le père, le grand-père et le frère, relate le site en persan de la Deutsche Welle. Cette loi doit maintenant passer devant le Parlement.



Selon la loi actuelle, seules les filles de moins de 18 ans ont besoin d'une telle autorisation pour obtenir un passeport. Les femmes mariées doivent, quant à elles, fournir une autorisation écrite de leur mari. Ce projet de loi a suscité un grand émoi parmi les militants des droits des femmes et dans la société civile.

Sama El Masri, danseuse féministe !





Dans cette vidéo ironique et provocante, l'Egyptienne Sama Al-Masri critique ouvertement les Frères musulmans et l'actuel président Mohamed Morsi. La chanson "Hips Don't Lie", publiée sur YouTube fin octobre, a fait le tour du monde grâce aux réseaux sociaux.Ici, elle accuse le nouveau chef d'Etat égyptien de n'avoir strictement rien fait depuis son arrivée au pouvoir alors qu'il s'était engagé à résoudre les cinq problèmes majeurs du pays (la sécurité, le transport, les pénuries de carburant, la pénurie de pain, et des installations d'assainissement pour les pauvres). Elle se moque également des Frères musulmans en reprenant les slogans de la manifestation "L'Egypte pour tous les Egyptiens" qui s'est déroulée le 19 octobre dernier pour demander plus de justice sociale et une constitution qui représente tous les Égyptiens. Un exceptionnel courage à saluer !

samedi 8 décembre 2012

Jacintha, infirmière "royale", morte d'un choc; Vatel, idem il y a 4 siècles, rien n'a changé

Link with the article in english



 24 avril 1671, Madame de Sévigné (le suicide de Vatel)

"Le Roi arriva jeudi ; la chasse, les lanternes, la promenade, la collation dans un lieu tapissé de jonquilles, tout fut à souhait.  Au souper, il y eut quelques tables où le rôti manqua, à cause de plusieurs dîners où l'on ne s'était point attendu.  Vatel dit plusieurs fois: je suis perdu d'honneur. La nuit vient: le feu d'artifice ne réussit pas; il coûtait 19000 F. À quatre heures, un petit pourvoyeur apporte seulement deux charges de marée: "Est-ce là tout?" demande Vatel. "Oui, Monsieur." Il attend, les autres pourvoyeurs ne viennent point; il croit qu'il n'aura point d'autre marée; il monte à sa chambre, met son épée contre la porte et se la passe au travers le coeur; mais ce ne fut qu'au troisième coup qu’il tombe mort.  La marée arrive de tous côtés; on cherche Vatel pour la distribuer.. on le trouve noyé dans son sang; Monsieur le Duc pleura; c'était sur Vatel que reposait tout son voyage de Bourgogne. Cependant Gourville répare la perte de Vatel..  on dîna très bien, fit collation, on soupa, on se promena, on joua, on fut à la chasse;  tout était parfumé de jonquilles, enchanté. . . ."

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7 décembre 20/12/12


La duchesse arriva à l’hôpital jeudi en proie à des nausées. Un hôpital où tout est à souhait. Avec quelques médicaments appropriés, les nausées cessèrent ; elle s’endormit paisiblement. Deux journalistes se faisant passer pour la reine et le prince Charles demandèrent de ses nouvelles. L’infirmière, Jacintha Saldanha, 46 ans, mère de deux enfants, passa aussitôt le téléphone à une collègue qui aux questions répondit "Elle va bien, elle dort, elle n’a plus de nausées". L’infirmière, fut trouvée morte le lendemain, suicidée. Le directeur de l'hôpital a salué son professionnalisme. Le prince William et la Duchesse ont fait part de leur "profonde tristesse"… 

dimanche 2 décembre 2012

Rosa Parks, la femme qui est restée debout en demeurant assise


Dans un bus de Montgomery en Alabama, Rosa PARKS (lien), couturière, refuse de céder sa place à un blanc comme c'est la "loi". Elle est arrêtée par la police et condamnée à payer une amende de 15 dollars. C'est le détonateur d'une révolte qui couvait, tapie sous le poids de la peur. Une campagne de boycott contre la compagnie de bus est lancée avec à sa tête un jeune pasteur noir, Martin Luther KING. Grâce à elle, il va donner au peuple noir le courage de se battre pour ses droits à l'égalité avec les blancs et le 13 novembre 1956, la Cour suprême déclara les lois ségrégationnistes de Montgomery illégales. Un simple geste parfois suffit. In english here