dimanche 4 mai 2014

Mères "abandonneuses", ou.. mères auxquelles on a arraché leurs enfants? Les deux mon général




Les troubles -et nobles- motivations en demi teintes de l'âme humaine.. Exemple, les parents (ici, mères) abandonneur/ses, ce n'est pas si simple parfois..

Foin de romans roses, de Petites maisons dans la prairie, de "Familles d’accueil" en feuilleton télé. Il arrive en cas de séparation d'un couple, que l'enfant adolescent ou adulte, en pleine détresse, plus ou moins consciemment, choisisse celui de ses parents qui lui semble le plus fréquentable, (par exemple celui qui a gardé la maison familiale), donc souvent le plus aisé, le plus posé socialement et/ou le mieux entouré familialement... c'est à dire dans la plupart des cas, le père.. Et ceci même s'il ne s'est pas particulièrement montré un bon père auparavant (mais devant le risque de le voir opter pour l'autre parent, il se peut qu'il change).. Ceci même si son désir de le garder auprès de lui a essentiellement (?) pour but de faire du mal à sa femme (surtout si ce n'est pas lui qui a initié la séparation).. Banal, oui. 

Mais il arrive aussi que l'autre parent, la mère dans la plupart des cas, ne lutte pas ou mal, ou encore, à la fin, se lasse : comment gérer une vie à reprendre, une précarité économique, une certaine détresse et l'imposer à un/des enfant/s ado habitués à "mieux"? Comment faire poids avec un/des avocats retors qui vont manipuler les juges? (Tous les coups sont permis.) Or les absents ont toujours tort.. et des années après, le roman familial s'écrira selon le scénario de celui qui, en ce combat inégal, a "gagné" : c'est elle, une déséquilibrée voire dingue, violente et dangereuse.. qui a abandonné ses enfants. L'histoire est faite par les vainqueurs. Qu'elle l'ait été (violente) dans la vie de famille précisément pour défendre ses enfants (le père, infantile, s'en occupait peu et par exemple refusait économiquement de leur fournir le nécessaire) n'entre pas en ligne de compte, même pas pour les enfants bénéficiaires (il se peut aussi qu'ils l’ignorent, l'aient oublié -c'est pratique!- ou ne cherchent pas trop à le savoir... et si après la séparation, le père a radicalement changé sur ce point -lui qui autrefois piquait des crises pour un lit à étage se mettant alors à les couvrir de chèques- les pistes sont bien brouillées.) 








L'ennui est que parfois "cela" ne tombe pas dans l'oreille d'un/e sourd/e! L'amalgame de griefs quelquefois contradictoires et opposés est un art qui a ses divas.


 


 

 Dans le cas extrême de Léa (milieu immigré défavorisé marginal) la petite fille à laquelle elle vouait un amour inconditionnel (comme à ses autres enfants, mais encore davantage), coupée d'elle par les soins de son ex mari (jaloux pathologique, ayant mal toléré la rupture, il avait organisé sa "déposition" contre elle avec quelques anecdotes bien choisies et raccrochées laissant croire à un défaut de soins).. la petite fille donc dira d'elle, reprenant les termes mêmes tout le temps entendus à la maison : "ma mère c'est une pute"... et par sa suite tous reprocheront à cette femme ne vivant que pour ses enfants (ce que personne ne pouvait ignorer dans un village) de les avoir abandonnés alors qu'on les lui avait littéralement arrachés... (et qu'auparavant le père, soudain devenu un bon père -réellement- ne s'en occupait absolument pas, ce qui n'avait pas davantage dû passer inaperçu..)

Il est vrai qu'il y a des cas limites et que même Léa, la mère-courage, à la fin, s'est lassée. Épuisée de harcèlements judiciaires auxquels la soumettait son ex mari, de pauvreté et de travail -ouvrière agricole-, demeurée par miracle une très jolie femme, elle se ré appariera et finalement oubliera un peu la plaie que représentait l'arrachement et la mésestime de sa préférée -et peut-être des autres-. Sorties enfin, vêtements, restaurants et parfois cinéma, c'était plié : elle avait abandonné ses enfants pour "faire la vie" voire "la java avec des hommes" comme c'était parfois rapporté. Une salope.. La contre vérité était devenue vérité historique.

Mais Suzanne par exemple ("Le petit garçon qui courait derrière un taxi") constitue, elle, un cas limite ; certes les coups et même la torture que lui infligeaient son mari (homme politique influent) l'avaient anéantie.. avant que, là aussi par miracle, un jeune médecin plus courageux que les autres ne l'exfiltre du pays où elle était retenue prisonnière, lui sauvant la vie, mais une fois en sécurité (avec deux de ses enfants) elle... comment dire? "se mit à revivre", dit cette extraordinaire résiliente qui retombe toujours sur ses pieds, elle se réapparie, (elle aussi comme Léa, est très belle, ce qui ne semble pas toujours un avantage pour une femme!) tombe amoureuse.. se retrouve enceinte.. et se laisse convaincre par son ex (tortionnaire) avec la complicité du nouvel élu (peu soucieux de s'encombrer d'une nichée qui n'était pas sienne) de les lui confier !! Mieux pour eux pensait-elle (?).. Leur père ne les avait jamais frappés et, bien entouré familialement, sa situation était à tout points de vue incomparable avec la sienne. Quel avenir pouvait-elle leur offrir comparativement? C'est ainsi qu'elle laissa mettre 3000 km entre elle et ses enfants, livrés à un malade sadique. Inconsciente? Influençable à l'extrême? Amoureuse? Fofolle? Résiliente? Un peu tout cela. De fait, même actuellement, Suzanne garde de la jeune fille qu'elle a été une joie de vivre, des naïvetés et un entrain stupéfiant lorsqu'on pense à ce qu'elle a vécu.

Certes ensuite, socialement posée, (elle a un travail, son mari -ouvrier- lui aussi, et mène une vie active et confortable dans une petite ville du Midi où tout le monde l'apprécie) consciente de l'effroyable erreur qu'elle a commise, elle cherchera à les retrouver.. En vain dit-elle. Mais a-t-elle cherché jusqu'au bout? La vie l'a happée. Il est vrai que la disproportion des moyens lui rendait la tâche difficile; qu'elle avait entre temps deux autres enfants dont elle s'occupait parfaitement, une vie associative (musicale) qui lui prenait du temps mais... "On les lui a arrachés (surtout son fils)"? Oui, en un sens, mais en un sens seulement. Résultat : tous furent martyrisés comme elle l'avait été, presque jusqu'à la mort et gardent des séquelles lourdes. Ce sont eux qui parvinrent à s'échapper de l'enfer lorsque sa fille aînée eut 18 ans (9 ans de tortures donc!!) et embarqua avec les petits dans l'avion -avec des complicités- qui les amena en France, vers leur mère, enfin, une histoire rocambolesque, émouvante et épouvantable à la fois.. Et ils la retrouvèrent en effet, comme (dit-elle) "si c'était hier". 

Aucun, sauf peut-être son fils, le plus atteint, ne lui en garde rancune. Tous considèrent qu'elle ne pouvait faire autrement, et elle a avec eux d'excellentes relations. Note : la cadette de ses filles (à présent riche bourgeoise finalement retournée et restée au pays.. c'est à dire celui de son père), celle qui fut la moins marquée (certes battue dit-elle comme plâtre mais non torturée comme son frère, pendu par les pieds jusqu'à l'évanouissement, et sa sœur -qui ressemble à Suzanne comme un clone!- attachée et fouettée jusqu'à la perte de connaissance -elle en garde des cicatrices horribles-) la cadette donc a donné, comme le veut la tradition, le nom de son père à son fils aîné et, bien que ne le voyant jamais, l'a tout de même invité au baptême (!!) Quant au père criminel, à présent âgé, il passe de longues vacances dans le Midi de la France, une vie de bourgeois prospère parfait. Le livre de Suzanne que j'ai rewrité et édité, qui le dénonce nommément, la popularité de celle-ci, l'ont-ils troublé? Peut-être même pas. La cadette -celle qui est restée au pays- libraire, est heureusement mariée et mère. L'autre, celle qui a opté pour Suzanne et la France, infirmière, mère de deux enfants, est malade (séquelles? Peut-être, en partie.) Quant à son fils, qui lui aussi a choisi la France (mais Paris), malgré un travail de cadre sup, il garde des séquelles psy, refuse de voir, et sa mère et évidemment son père -voire personne- ; il ne s'est jamais marié. 

LE DOSSIER LES FEMMES ET LA PSYCHIATRIE




  

vendredi 2 mai 2014

Récup palettes: canapés et salon!!!


Des photos d'un homme qui a tué ensuite, la notion -ambiguë- de respect, de tolérance, souvenirs obscurs d'une goy

Une formule ambiguë, très cliché, écrite sur l'image, comme la notion de respect employée par le même scripteur sur FB* qui assure "respecter".. celle-là même qu'il poignardera peu après ! Un Hasard? Non.
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Le respect !! Voici un extrait du journal d'une grève de la faim -j'étais mal en point. Texte original ici :

http://aujourlejour2.blogspot.fr/2013/02/extrait-le-respect-le-sacro-saint.html

[Contexte : je suis au troisième jour (?), assise à une terrasse, près de la voiture où je me suis installée et j'écris. Chance, j'ai la wifi et j'écris, sur mon portable. Des gens -dont certains de l'équipe municipale!- sont venus à mes côtés et, bien que m'ayant à peine saluée, ostensiblement, ils parlent -très fort- de certains élus -corrompus, autocratiques etc...- Mon blog étant devenu un peu le dazibao du village, c'est certainement intentionnel, ils veulent que je relate mais eux n'osent pas. Ambiance.]
 

... Et voilà qu’un commensal [non relié aux autres, il arrive sans doute pour me parler, n'osant pas m'aborder directement] un beau mec, la cinquantaine, que je connais un peu... observe l'air de rien, tourné vers moi, que "les mots c'est dangereux".. ce que j'approuve hautement (même s'il peut s'agir d'une menace voilée -ce n'est pas sûr-)... et "qu'écrire... bon... c'est bien (merci!) mais il faut être respectueux". Il ajoute que lui "me respecte, il me faut faire de même"... et me demande ce que j'écris. Je lui dis que je lui répondrai après s'il veut bien car la batterie de mon portable est basse et j'ai des choses à finir. Et je me rencogne.
 
Le respect, le mot de la banlieue, des loubards, "je te respecte", comme si ce n'était pas l'évidence [et justement pour eux ça ne l'est pas, la preuve.] Un mot clairement un mot à fonction de clôture. Une profession de foi suspecte : dire "je vous respecte" c'est supposer que je puisse ne pas le faire... c'est-à-dire que je sois en position de ne pas le faire. C'est comme dire "je vous laisse la vie"... comme s'il fallait en savoir gré à celui qui a consenti à vous épargner. Remerciement ou plus exactement allégeance vont de soi (!)..
Exaspérant. Autrefois, le respect s'entendait vis à vis des femmes au sens de ne pas tenter de coucher avec, ne même pas y songer... quand il est évident que les mecs quels qu'ils soient pensent d'abord à cela, certes sous forme hypothétique, un flash, une vague idée, cependant parfaitement perceptible, l’œil s’allume, c’est "mm peut-être ça serait bien" puis il s’éteint "non pas possible".. ou demeure allumé, ça dépend. Faut pas nous prendre pour des buses.
Coucher serait-il manquer de respect ? Honteux ? la notion de respect serait-elle antinomique du désir ? Notons qu'en ce sens, le mot s'applique toujours aux femmes, jamais aux hommes. Respecter "quelqu'un" en fait ne veut rien dire... ou pire, dit le contraire de ce que la formule proclame. On respecte -peut-être- une idée... c'est à dire qu'on la prend en compte et on l'analyse... une religion -encore que...- mais pas un homme ou une femme ou plus exactement cela va de soi, son altérité est la mienne vis à vis de lui et je ne peux que la reconnaître sous peine de m'annuler moi-même.
Le concept est un concept guerrier, par exemple un militaire en guerre décide de "respecter -la vie- de son prisonnier" alors que lui coller une balle serait plus simple. Mais en temps de paix -relative- ça n'a aucun sens.. ou alors cela implique que nous soyions en "guerre". [Et justement ceux qui usent du terme sont souvent violents car ils se sentent en guerre.]
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J'ai compris du reste : l'écriture effraie comme une photo prise au flash lorsqu'on est âgé.. et lorsqu'on la pratique mal, on est plus vulnérable encore. En fait, il faisait allusion à un passage de ce "journal au jour le jour" d'une grève de la faim dans lequel je me moquais de certains élus (ou ami de) qui déploraient ouvertement, en public (c'est pourquoi je m'étais permise d'en faire état) de ne pas avoir obtenu de passe droits (ou que d'autres en aient bénéficié et pas eux!)..  naïf et révélateur de la manière dont certains envisagent la gestion d'un village - il était dans ce cas.- J'avais supprimé ce passage ensuite, apparemment il l'ignorait. C'est ce qui lui trotte dans la tête, ce qu'il appelle "non respect".. 
.. Mon boulot fini, je m'adresse à lui comme promis pour lui dire, puisqu'il me l'avait demandé, ce que j'écrivais: cette parenthèse sur la notion de respect, justement! Et là, un jeune -un ex militaire- qui venait d'arriver précise à ma place qu'en effet, lorsqu'on parle de "se faire respecter", à l’armée, ça signifie casser la gueule à l'autre. Euréka, je sentais bien qu'il y avait une idée qui me faisait défaut, la voici, il me la livre sur un plateau. Le concept n'est pas égalitaire. La posture part du haut vers le bas.. tout en se donnant pour l'inverse : elle est donc d'une arrogance infinie et sournoise. Exaspérante. Bien sûr que l'on, qu'il, me respecte, qu'il ne me casse pas la figure, qu'il ne me viole pas ni n'y songe une seconde ; il faudrait beau voir qu'il le fît ! Ouf, le jeune a bouclé ma réflexion et je me sens aussi bien que lorsqu'on a résolu une équation. 

Mais celui pour qui la réflexion était partie ne suit plus, il devise avec un voisin, ça ne l'intéresse plus. J'ai dû mal m'y prendre. Tant pis. 

Cela évoque aussi la réflexion de Rabaud Saint-Etienne après l'édit dit de "tolérance" octroyé par le Roi -qui ne pouvait faire autrement- aux protestants et aux juifs : "je ne veux pas être toléré." Être toléré est blessant, on ne tolère que ce qui est intolérable ou au minimum dérangeant, par grandeur d'âme, tout comme on respecte ce qui pourrait ne pas l’être, parce qu'on est bien bon. Lana, raciste, dont le français était plus qu'approximatif -ce qui l'excuse en partie- ne m'avait-elle pas dit un jour d'amabilité qu'à présent, elle me tolérait ?!? sous-entendu "même si j'étais une goy", je devrais écrire "si je n'étais qu'une goy"?

Ma colère est montée soudain, a débordé... En moi, le sang des Larrivé (oui, subir le racisme rend con!) s'est mis à bouillir : mais pour qui se prenait-elle cette "sans envergure" ni surface... et pour qui me prenait-elle, moi pour oser me concéder sa tolérance comme un os; j’ai instinctivement retrouvé les propos de Rabaud : "Je ne tolère pas qu'on me tolère." Souvenirs obscurs.. Pas très gais. Pas très honorables aussi. Tant pis. 

*Ce n'est peut-être qu'un hasard mais le jeune d'où est parti ce remake d'un article ancien, celui qui a affirmé sur sa page FB "respecter" sa compagne, l'a récemment tuée à coups de couteau dans la rue.