mardi 27 septembre 2011

Le syndrome de Stockholm et ses victimes, Aurélie, Léna, Evelyne

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Les victimes-kapos. Viols ou agressions sexuelles intra familiales et la tragédie du syndrome de Stockholm qui complique les choses... Politiquement incorrect..






Contre l'oubli, pour Anita par helene larrive
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Un blog à visiter, les survivants de la DDASS 
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http://lessurvivantsdeladdass.wifeo.com
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1 LE CAS ADÈLE, LENA, ANITA
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Voir "Fabrication de la maladie psy" (lien, résumé)

  In english, abstract, here (link)


Note : une lectrice me fait remarquer que le syndrome de Stockholm est à la base de toute la société et permet en effet que "les gens se battent pour leur esclavage comme s'il s'agissait de leur liberté" (Spinoza). Cela se voit à tous les niveaux, parfois simplement par une passivité étonnante devant des dols aussi évidents qu'évitables et lourds de conséquences (lien avec le cas "Jacky". Le fait est que le "caterpilleur", qui semble inexpugnable, droit sur son engin, viril mais -faussement- serviable, il lui arrache trois accols mais lui "offre" un chemin -qui existait déjà! parfois fascine et terrorise sa victime. Cela vaut pour Jacky, un poids lourd pourtant ! -mais sans la connotation sexuelle- comme pour les autres cas qui suivent.)

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LES AGRESSEURS SEXUELS 
ET LEURS KAPOS, LE CAS ADÈLE
(Extrait d'un article de "Femmes avenir", lien) 

[Il s'agit de maltraitance sexuelle intra familiale..]
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... Il arrive que ceux ou celles ayant subi -ou été témoins- dans leur enfance d'actes gravissimes pratiquent un déni qui va jusqu'à la solidarité pleine et entière envers le doleur, puis, dans la foulée envers tous au point extrême D'ÉREINTER A PRIORI TOUTES LES VICTIMES, telles les femmes battues agonissant les féministes qui les défendent, elles et d'autres. C'est le syndrome de Stockholm, déroutant mais fréquent lorsque l'agresseur, un proche -c'est la majorité des cas- demeure malgré tout aimé. La "loyauté" envers un être cher même de ce type devient traîtrise envers soi, envers ses autres victimes et ensuite envers toutes. Exemple.


 Léna 

Léna [milieu petit-bourgeois intello] a subi à 16 ans une agression sexuelle de la part d'un proche, pas un viol, unique et jamais réitérée, un quart d'heure de folie ou de fureur inexplicables dans la vie exemplaire d'un parfait qui se termina à 95 ans, insoupçonnable et apprécié de tous. Pas vraiment soutenue cependant -on l'a faite taire- elle en garde quelques séquelles. Elle est comme forgée par ce drame et lors de stress, "cela" revient confusément mais comme souvent les agressés sexuels rescapés, elle fait preuve d'une force hors-norme associée à une certaine fragilité.

Elle n'en a ensuite plus jamais parlé, même pas à son psy, s'efforçant d'oublier et a oublié. Pas tout à fait pourtant et c'est pire, cela existe en elle comme toile de fond, l'émotion a pris le relai du logos, et elle réagit parfois démesurément même dans des situations anodines. A la faveur d'un événement sans rapport, longtemps après, "cela" est revenu mais cette fois avec une telle force qu'elle a enfin fait son "coming out". Encore avait-elle brièvement mentionné autrefois l' "anecdote", en l'édulcorant, une seule fois, à son compagnon, comme on avoue un crime à qui se propose de partager votre vie, ayant croyait-elle, surmonté le bouleversement qu'un tel acte même unique et "a minima" génère à vie.. 

Elle parle donc mais cette fois ouvertement, publiquement, d'abord à des groupes de femmes, ensuite à des amis en nombre ahuris, et enfin à un très proche, David. Elle tente même d'exiger de son agresseur âgé une explication écrite -elle n'a pas le courage de l'affronter de face- il est auteur.. et n'obtient que dix pages qui éludent habilement, -à demi car il ne nie pas- la question pour s'attacher à des détails sans intérêt. Elle n'a pas la force d'en exiger davantage.. 


David, l'aveu et le résultat : une lettre d'insultes

Mais à David, son frère putatif, elle écrit. Non pas pour dénoncer a priori son agresseur mais seulement, au sujet d'une vague dispute qui les a opposés, afin d'expliquer sa violence, pour se faire pardonner en quelque sorte. Il est un fait que les agressés sexuels ont souvent des réactions hard inattendues qu'ils ne peuvent expliquer aux autres qu'en faisant mention de leur équation personnelle, ce qui est la plupart du temps impossible.. et qui les isole davantage; une de leurs séquelles et non des moindres. 

Le résultat est immédiat, UNE LETTRE D'INSULTES, notons le, nullement à propos de la dispute [le seul sujet] mais seulement de cet aveu connexe sur lequel il s'appuie pour la démolir davantage. Il se sert donc contre elle de cette douloureuse confession pour enfoncer encore le clou qu'elle a imprudemment planté: elle est une "semeuse de merde jalouse et aigrie par une vie affective anéantie -elle vient de divorcer- reliée à son détestable caractère, elle ignore tout de ce qu'est l'Amour et ne l'a jamais connu etc etc.." trois pages maladroites parsemées de curieuses majuscules, suintant d'une inextinguible haine; elle rompt sans même exiger d'explications. Les agressés sexuels ont une bonne résistance aux rebuffades et aux cruautés mais, se sachant vulnérables, ils choisissent souvent la fuite sans retour : une résistance par le vide.. Témoignant parfois d'une indifférence voire d'un cynisme qui les fait méjuger, ils peuvent aussi s'effondrer d'un coup... et sachant d'expérience que les choses ne sont pas ce qu'elles sont censées être dans les discours -notamment scolaires-, isolés ou se croyant tels, plus lucides que d'autres, ils tendent à obérer leurs affects. Des "forts" croit-on, et c'est vrai, mais forts parce que fragiles. Bref, elle n'y songe plus. Le trait est tiré sur le chapitre-David.
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Quatre ans plus tard, coup de théâtre, à la suite d'un décès qui les a obligés à se revoir, à l'occasion d'une réflexion de celui-ci ["pourquoi ne m'as-tu pas appelé lorsque tu as trouvé ton père mort?".. (!!?) "Après ce que tu m'as écrit, tu plaisantes?"] elle apprend qu'il ignore tout de la lettre... qui provient, non de lui qui pourtant l'a "signée" mais de sa femme.. qui a signé pour lui -une double signature-... et que de surcroît il n'a jamais eu celle de Léna -adressée à lui seul- escamotée par Adèle.. Elle lui avait seulement dit que ''Léna lui avait écrit" [sous entendu à elle seule] et aussi surprenant que cela paraisse, il n'avait demandé ni à lire [puisque ça ne lui était pas destiné!] ni n'avait interrogé sa femme sur ce qui l'avait mise en fureur.. pas plus qu'il n'avait questionné Léna. [Travailleur acharné, il enchaînait à l'époque sans un instant de répit plusieurs travaux pénibles, constructions, mécanique.. -Léna idem- : un couple où on parle peu voire pas.]
 
Adèle, un kaléidoscope

Adèle est un cas. Issue d'une famille immigrée culturellement défavorisée dont, intelligente et ambitieuse, elle est une rescapée, chaleureuse, "nature", mais sans états d'âmes, elle est, malgré son aimable allure, un kaléidoscope, à la fois candide et retorse, directe, brute de décoffrage et insinuante, généreuse, indéfectiblement loyale envers certains et impitoyable envers d'autres. Or, il se trouve qu'une rumeur persistante parle d'un inceste entre son père et sa sœur aînée qui, mise à la porte lorsqu'elle se trouva enceinte (!) disparut alors nuit et brouillard avec le bébé. Adèle a toujours occulté cet épisode -bien que son milieu ait rendu le drame plus ou moins public-; la seule fois où elle évoqua allusivement le sujet, [sans la moindre mention de l'épisode du viol même pour le nier] ce fut fortement à charge contre sa sœur, une écervelée, le mot "traînée" étant largement sous entendu, qui avait eu des "problèmes" (?!), était partie au grand désespoir de tous et qu'on ne parvenait pas à retrouver, pas plus que la petite Anita abandonnée à la DDASS, ce qui peinait tant sa mère etc etc... [ce dernier point s'avéra aussitôt une contre-vérité: Léna entreprit tout de suite de la retrouver, y parvint facilement -de son côté la petite cherchait désespérément sa mère- sans autre résultat qu'un rejet sans appel de sa "famille"; elle avait 12 ans, fuguait sans cesse, son mal-être était poignant mais les grand-parents qui en fait n'avaient jamais bougé, lorsqu'il fut question d'une simple visite de retrouvailles, se trouvèrent soudain des obligations urgentes ailleurs.. et on n'en parla plus.. pendant cinq ans (!) le temps passe vite!]


Anita, le sacrifice d'Iphigénie 

Mais voilà qu'à 17 ans, la jeune fille surgit telle une Parque des Enfers. La DDASS cette fois l'avait imposé, plus moyen de se défiler. [Selon l'indécente inversion des responsabilités dont elle avait le don, Adèle protesta fort contre la terrible incompétence de l'administration, un scandale, "ils" les obligeaient à reprendre -en fait seulement à revoir- une gamine qu'"ils" avaient abandonnée (!) "bousillée" etc..] Et le témoignage à charge de la jeune fille contre son grand-père et père disait-elle fut accablant, elle assurait même avoir été témoin de ses relations avec sa mère, bien après qu'elle fût chassée [il la voyait en cachette.] Pire, elle affirma ensuite que récemment, au cours de ses rares visites, il avait tenté envers elle aussi des gestes non équivoques (!) Un détail tendait à corroborer au moins sa paternité, elle était son clone. Pour le reste, comme toujours en pareil cas, il n'y avait que sa parole. Nous y reviendrons.

Les liaisons dangereuses
 
Adèle avait donc signé à la place de David et Léna avait réagi comme prévu par une rupture en silence, un coup bien calculé de la part de qui savait comment fonctionnent les agressés sexuels intrafamiliaux. Ici, Adèle est un syndrome de Stockholm par procuration : elle fait corps non seulement avec un doleur jamais incriminé mais a priori avec TOUS, fustigeant toutes leurs victimes. Elle prend par principe définitivement le parti du bourreau contre sa proie, y compris, comme les syndromes de Stockholm, lorsqu'elle est cette proie et plus encore s'il s'agit d'une autre. Des bénéfices secondaires? Pas toujours, si ce n'est ici de faire taire les bruits persistants sur sa lignée [et sur elle] et de présenter l'image convenue obsessionnellement appétée d'une respectable bourgeoise au moralisme sans faille. Mais parfois, les anti-bénéfices montrent qu'un syndrome de Stockholm n'est pas opportuniste ou plus exactement opportuniste à rebours de ses intérêts. Pour lui, une injustice vaut mieux qu'un désordre : c'est un manipulé qui manipule, un tueur sans gages plus dur encore que son maître envers ses victimes devenues siennes

Dimitri

Le fils de Léna qui trouva par hasard la lettre pleine d'épluchures prête à partir à la poubelle, étonné d'y voir le nom de sa mère, la lut à voix haute et s'amusa à la prendre à rebours. "Mais elle t'adore" s'exclama-t-il en rigolant. Résultat stupéfiant en effet: Léna qui n'avait pas eu le courage de poursuivre jusqu'au bout éclata elle aussi de rire. C'était un transfert presque parfait, une inversion totale des deux personnages. Adèle était Léna et faisait endosser à celle-ci son propre personnage. La fustigeant cruellement sur quelques points de détails.. qui avaient la particularité de lui être applicables et pas à sa victime, elle parlait donc d'elle-même, avec quelques envolées saugrenues hors-sujet: "Nous Nous Aimons Sincèrement plus que Tout et sans Aucune autre motivation que l'Amour, absolument Rien d'autre -disait-elle et faisait-elle dire à David- ce que tu ne peux pas comprendre car tu n'as jamais connu l'Amour.. Nous, nous ne nous Cachons rien, tout dans notre Couple est Limpide comme l'Eau etc..." profession de foi qui par la suite résonna de manière hilarante. [Or jamais Léna n'avait dit le contraire et cela n'avait rien à voir.] David pouvait-il avoir écrit ceci? Dimitri doutait, Léna pensait qu'il s'agissait d'une œuvre commune mais dans tous les cas, le considérait comme responsable puisqu'il avait signé.

En fait tout le texte, hors sujet, visiblement mitonné pour l'anéantir et mettre un point final à leur relation, était à lire exactement à l'envers.. avec quelques pics cocasses qu'elle n'avait pas lus... Par exemple le couple Adèle-David, incroyablement taiseux, fondé sur d'invraisemblables non-dits, s'opposait à celui de Léna, très parleur, explosif mais hautement transparent ; la perverse c'était Adèle et non Léna, et la jalousie provenait d'elle (Léna ayant, selon les critères couramment admis, mieux "réussi" socialement qu'elle bien qu'à elle aussi les études -universitaires- eussent au départ été "interdites".. mais elle passa outre) et non l'inverse etc.. D'autre part, le déni vigoureux et naïf d'une accusation qui ne lui avait jamais été portée était fortement suspect. Le principe du "crayon dans le poche"? [l'enfant qui, déniant avec une précision révélatrice un forfait que personne ne songeait à lui imputer, s'en accuse: "non, je l'ai pas mangé et j'ai pas caché les bouts dans ma poche" s'exclame-t-il par exemple alors que sa mère recompte les pastels qu'il dévore parfois.. et pense que peut-être la boîte était incomplète!] Un syndrome de Stockholm donc, banal quoique compliqué, étendu, quasi obsessionnel.


Le crayon dans la poche

Toute victime qui lève la tête l'offense car elle risque de l'entraîner. Et victime, le syndrome de Stockholm refuse de l'être, refuse même que "cela" puisse exister. Malheur à qui dit le contraire. Si Léna parle publiquement, même d'une agression mineure, créant malgré tout le scandale [ce ne fut pas le cas mais Adèle vit avec cette obsession] autour du cercle familial nickel que cette alle a intégré au point de ne plus jamais mentionner, tant pour elle que pour son fils, son nom initial ni son origine, elle risque d'attirer l'attention sur son propre cas, sans commune mesure et déjà pointé dans le village. Exit celle par qui le scandale risque d'arriver et par tous les moyens, l'idéal étant de faire porter à David le poids de la charge. Notons que, comme Œdipe, c'est en voulant fuir son destin qu'elle le rencontre: se défaussant d'un seul coup -un revers stupéfiant- du personnage soigneusement ciselé depuis des lustres pour en révéler un diamétralement opposé, sordide [escamotage de la lettre, signature à la place de David, maladresse et cruauté de l'"argumentaire"..] elle se dénonçait : oui, c'était bien le symptôme du crayon dans la poche (1). Oui, isoler David -surtout de Léna, son soutien éidétique- était pour elle fondamental [leur couple allant mal à ce moment là, Léna représentait un double danger : lui faire perdre la face en révélant le mensonge du roman familial mitonné contre Anita et sa mère si elle parlait.. et peut-être, renforcer David, lui donner le courage de se révolter.] Or c'est justement son obsession qui l'amena à se dévoiler; pathétique, vivant sur un fil, au bord d'un gouffre -comme souvent les agressés sexuels-, pour l'éviter, elle s'y précipite tête première.



Car Adèle, comme beaucoup de borderlines sociaux désavoués qui se sont élevés avec âpreet talent surjoue naïvement son personnage ; croyant hisser haut sa voilure, elle l'affale.. si bien qu'elle porte à sourire, agace ou exaspère selon les cas. Un syndrome de Stockholm est souvent englué dans des contradictions burlesques -c'est sa situation, folle, qui l'y conduit- et ce faisant, il se trahit. Surtout s'il ne possède pas les codes sociaux. Par exemple lorsqu'Anita refusa de retourner dans sa famille [où, avait-elle dit à Léna et à d'autres, son grand-père et père (!) tentait de lui faire subir des attouchements] Adèle l'admonesta sur le mode de la contre-vérité vertueuse, bouffonne et indécente, faisant endosser à la jeune fille le rôle de l' "adolescente égoïste qui abandonnait (!) des grand-parents âgés pour aller picoler avec des drogués".. la tirade s'achevant par un finale indigné "on te doit rien, si t'es pas contente, la porte est grande ouverte.." alors que c'est Anita qui, laissée sur le bord du chemin par un clan en cours d'ascension qu'elle gênait s'était logiquement liée à d'autres exclus comme elle soi-disant peu présentables (?) Les syndromes de Stockholm pratiquant déni de la réalité, transfert et vérité inversée sont parfois, comme les schizophrènes dont ils se rapprochent, hilarants d'aplomb, (devant un exhibitionniste en pleine action ils seraient capables de s'exclamer sans broncher "voyez combien il est pudique, je vous l'avais bien dit") ... pratiquant un bourrage de crâne violent, loufoque mais destructeur et provocateur .. efficace pourtant parfois, surtout s'ils s'adressent à un enfant ; ils peuvent déstabiliser, rendre littéralement fou. [Il arrive aussi qu'ils fassent peur ou que leur face honorable qui n'est pas tout à fait une pose ou disons une pose actée, profitable au groupe, les préserve de tout affrontement. Des parfaits : c'est ainsi qu'ils se présentent volontiers.. et que fut qualifiée Adèle par une psy (!) qui ne voyait qu'un côté d'elle, comme Léna autrefois (elle soigna avec un dévouement exemplaire son père (!) et sa mère -mais sans le laisser ignorer!-)]



Un jour cependant, il y eut un couac, une réponse cinglante exaspérée de celle-ci devant une charge de trop contre Anita, toujours sur le mode père-noble qui était propre à Adèle ["on sait pas pourquoi cette gamine refuse à toutes forces d'aller chez ses grand-parents; même lorsqu'on y va, elle veut pas venir et reste ici, ça les peine tellement à leur âge" etc etc..] Ce fut la goutte d'eau. Léna, qui avait accepté, mal, qu'après qu'elle ait cherché et trouvé une enfant "perdue", le résultat fût un rejet [pire encore car cette fois non justifié par la détresse sociale -et, pour sa mère, le désir sans doute de la protéger de ses macs] Léna, exaspérée, coupa net : "Elle a peut-être ses raisons".. et là, ô stupeur, la réplique d'Adèle claqua immédiatement: "C'est pas vrai!" (!) dévoilant, candide que malgré ses discours torturés hypocritement interrogatifs, elle n'ignorait rien des accusations portées par la jeune fille contre son grand-père. Vraies? fausses? La question ici n'est pas là. Nous y reviendrons.

L'engrenage de la perversion 

Notons que les syndromes de Stockholm, lorsqu'ils sont pervers -et ils le sont presque toujours puisqu'ils épousent fait et cause les dénis des doleurs- tendent à recruter, lançant contre leurs victimes des piques de plus en plus aiguës devant un/des tiers -jusqu'à ce que le fil casse-. Ils tissent leur toile. Avertis, ils sauront jusqu'où ils pourront aller. Léna en fit les frais sans le savoir : étant la seule à pouvoir démentile roman familial [la petite fille engloutie par un système impitoyable de fonctionnaires odieux et incompétents qui avaient refusé de la rendre à une famille démunie incapable de se battre pour faire valoir ses droits etc.. etc..] elle risquait de faire perdre la face à Adèle si elle parlait. Ce danger, il fallait s'en prévenir par avance. En public, elle avait coutume de lancer quelques épigrammes fielleux contre Léna sur le mode de la connivence, à la fois insidieux, rigolard et nature qu'elle affectionnait, y compris auprès de gens que celle-ci ne connaissait pas, sous-entendant qu'il fallait se méfier de ses dires ["avec elle on sait bien ce que c'est (?) il faut toujours en prendre et en laisser"..] menteuse n'étant pas explicitement formulé mais insinué.. sans manquer d'ajouter qu'elle l'aimait beaucoup tout de même. Le fait est pourtant que Léna s'était tue sur ce second rejet d'Anita, malgré sa déception et les propos à tiroirs des personnels de la DDASS ["une affaire compliquée.. ne vous attendez pas à des miracles.. il peut y avoir refus de la part de la petite.. ce n'est pas comme dans les histoires au cinéma.. il y a parfois des éléments qu'on ne maîtrise pas.. que vous ignorez.. il faut que cela passe d'abord par d'autres, pas par les grand-parents" (?).. Léna s'était demandé si la mère d'Anita n'aurait pas exigé que sa fille ne soit pas mise en relation avec eux : était-ce pour lui demander son accord qu'un délai de 10 jours avait été imposé avant qu'on ne lui indiquât l'endroit où vivait l'enfant? Suivait-elle sa fille de loin? Avait-elle été approchée lorsque la petite les harcela pour la retrouver? Était-ce pour la protéger de ses macs qu'elle n'avait pas donné suite? Ou la protéger.. d'autres? ce n'était pas tout à fait clair, vaguement sous-entendu mais Léna, trop contente de toucher au but, n'en avait pas demandé davantage]. Et ce furent justement ces détractions insistantes d'Adèle contre elle (en totale opposition avec son attitude face à face), rapportées par des amis mal à l'aise, (surtout l'un d'entre eux qu'elle avait elle-même mis en relation avec Adèle!!) qui l'interpellèrent. Pourquoi? La réponse était évidente. Elle n'en tint pas compte. [Aider quelqu'un, parfois, c'est s'en faire un ennemi parce qu'on a pénétré par la force des choses trop loin dans son intimité.. et franchi la ligne rouge des enfers.]

Familles d'accueil de la DDASS, non ce n'est pas comme à la télé. Voir http://lessurvivantsdeladdass.wifeo.com
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Anita disait-elle vrai? Il est sûr qu'elle haïssait sa famille pour avoir jeté sa mère enceinte à la rue et l'avoir vouée à des errances dramatiques, une famille qui, malgré une remarquable ascension sociale [signe qu'ils étaient loin d'être aussi perdus qu'ils le prétendaient] l'avait sans appel rayée de l'arbre généalogique. Était-elle revenue régler des comptes au couteau avec ceux qui avaient conduit sa mère à la prostitution et elle à la DDASS, rejetée deux, puis trois fois, à la naissance, à 12 ans puis à 17? Léna étant venue la voir dans la famille où elle vivait, tout proche, pour elle, le mythe de l'enfant perdue arrachée aux siens avait forcément volé en éclats. Elle avait été bouleversée à cette occasion d'observer en direct l'incroyable différence de traitement dans ce "lieu de vie psy" -pourtant considéré comme "top"- entre les enfants de la famille et ceux -il y en avait deux- de la DDASS... ainsi que par l'état de saleté innommable de la petite, jolie pourtant, qui pour s'en excuser, expliqua qu'elle travaillait le cuir et les teintures, comme ses hôtes... Elle se plaignit d'eux qui selon elle ne la nourrissaient pas suffisamment -le fait est qu'elle était très maigre-.. mais Léna, qui interrogea immédiatement la mère d'accueil, une jeune femme cultivée, d'apparence agréable, aimable et diserte -style hippie retour à la terre- se vit opposer un catégorique démenti, en rigolant. Non, il n'avait jamais été question de jeûne.. ou plutôt si, mais c'était elle qui avait jeûné pour éliminer les toxines accumulées par trop de stress etc.. pas les enfants. Le fait que ce soir-là le repas eût été plus que copieux n'était évidemment pas significatif. Anita précisa tout de même en aparté à Léna qu'elle leur "rapportait" le prix d'une journée d'hôpital, 250 Fr (?), un revenu plus que confortable compte tenu qu'ils avaient deux "cas difficiles", un éducateur presqu'à demeure et que les enfants bossaient avec eux, fût-ce maladroitement, fût-ce pour apprendre un métier -dans la pratique, lorsque Léna la vit à l'ouvrage, Anita ne faisait que des bords, la partie fastidieuse du travail..- (Que l'éducateur eût été un homme -amené à rester avec elle le soir dans sa chambre..- étonna Léna, mais apparemment personne n'y voyait de mal.) A aucun moment, la mère d'accueil ne demanda à la petite de se laver les mains, même pas avant le repas -elle semblait ne pas la regarder- et si elle fut servie exactement comme ses enfants, ce fut en silence.. tandis qu'elle ne cessait de babiller-gâtouiller avec eux. Sa froideur et son indifférence évoquaient davantage un serveur stylé de restaurant devant un client qu'une hôtesse aimante. Elle ne vérifia même pas si la petite avait ou non mangé, ni ne lui demanda si elle voulait du rab tandis qu'elle insistait pour que ses enfants terminent, enlevant un morceau, rajoutant un autre etc.. Malaise. Note : Anita, adulte avant l'heure, qui faisait chorus, surveillant les "enfants" et les encourageant à manger, ne pointa pas ce comportement qui avait choqué Léna (l'habitude?) et affirma se trouver malgré tout relativement bien dans cette famille, meilleure que celles qu'elle avait connues jusqu'alors (!) : dans d'autres d'où elle avait fugué, elle avait été maltraitée et notamment agressée sexuellement.. sans aucune réaction de la part de la DDASS, personne ne venant (à ce moment-là) jamais contrôler les accueillants, souvent isolés à la campagne. Puis, considérée comme un "cas psy", elle avait été placée en foyer -où elle se plaisait plus que dans ces familles, on le conçoit!- et ensuite dans ce "lieu de vie" spécial, isolé en montagne dont les hôtes, mieux rémunérés, ne pensaient certes disait-elle qu'à l'argent qu'elle leur rapportait mais ne l'agressaient pas. Un job rémunérateur, pratique, qu'ils accomplissaient avec conscience (?) mais en s'y investissant le moins possible. La question de la nourriture ne fut jamais réglée. [Léna -qui n'était là qu'en vacances- repartit à Paris, avalée par le travail, ses propres enfants -des soucis graves pour l'un d'entre eux- et surtout croyant le relai pris. Il ne le fut qu'a minima.. -voire ce fut pire sans qu'elle ne le sache- et le second rejet s'ensuivit. Anita ne répondit jamais à ses lettres. Avec le recul, on peut se demander si elle les avait eues.]

La vérité et la lâcheté de tous

Une affaire terrible et complexe : Anita disait-elle vrai pour ce qui est de l'inceste, de sa conception et des gestes de son grand père? L'entourage se départageait, la gêne était palpable; ne pas la croire était la solution de facilité : Adèle, posant en porte-fanion haut en couleur de la moralité de tous, pesait son poids tandis que la jeune fille était vouée à repartir à jamais -c'est bien ce qui se passa-, personne parmi ses proches ne semblant la retenir (!) C'était simple: TOUT LE GROUPE FAMILIAL FONCTIONNAIT SI ANITA MENTAIT. MAIS DANS LE CAS INVERSE, IL ÉCLATAIT. Car Adèle par ailleurs se comportait parfaitement en tant qu'épouse, bru, nièce; dévouée -mis à part quelques couacs en dessous qu'elle voulait discrets, par exemple la lettre- elle faisait même preuve d'une souplesse d'échine inattendue vis à vis de la chef du clan, la mère de Léna, qui ne l'appréciait guère. [Il est possible que sa tentative autrefois -aboutie- de séduction envers Léna ait eu pour but de faire céder la Sultane : cela fonctionna à demi. Notons que c'est aussi après la mort de celle-ci qu'Adèle opéra un revirement à cent quatre vingt degrés envers Léna devenue inutile et même dangereuse.. une mort suivie peu après d'une joyeuse garden party qu'elle donna dans son jardin jouxtant celui de Léna.. qui ne perdit rien cette nuit-là des éclats de rire, bruits de verres etc.. Une vengeance par transfert -sur une femme qui l'avait soutenue contre la morte.. à qui elle était en réalité adressée- toujours selon le même principe, se venger, si possible en nombre -Léna en voulut plus ou moins à tous les bruyants convives- et par séide/s interposé/s, fût-ce vingt ans après, lorsque l'occasion se présenterait, sur le maillon faible : qu'il fût innocent voire un allié étant sans importance.]

Revenons à la vérité: un peu de lâcheté sans doute présidait à ces "doutes" au sujet des dires d'Anita; une famille fonctionne comme un corps et de celui-ci Adèle était ou se disait le cœur; prêter foi aux accusations d'Anita eût été destructeur pour cette branche reliée à Adèle. La branche aînée, celle de Léna, embarrassée, fit un moyen terme, les relations entre les deux lignées se distancièrent, ce squelette dans le placard, ils ne voulait pas en être responsables mais se positionner trop hard était peut-être injuste, ils ne pouvaient être sûrs de rien [soit, mais ce dont ils étaient sûrs eût dû être suffisant]. Bien que la jeune fille vînt souvent chez eux [un milieu "neutre" qu'elle ne pouvait incriminer en rien et où elle se sentait bien et vice versa] eux aussi n'en parlèrent presque plus. C'est ainsi que les relations perdurèrent a minima entre les deux branches de la famille.. et même inclurent petit à petit les parents d'Adèle que celle-ci avait réussi à imposer par le biais de son fils, anniversaires, fêtes etc..

Indices

La parole de l'une contre la parole de l'autre. Is fecit cui prodest. La passion d'Adèle pour le conformisme social, même au prix des divers saccages dont elle avait parsemé sa route la rendait éminemment suspecte; mais la haine d'Anita envers sa famille, également. Certes, Adèle se laissait parfois aller à certaines naïves transformations de la vérité, des exagérations facilement repérables et toujours repérées confinant à de la mythomanie, notons-le, essentiellement pour vanter son fils.. travers banal de toute mère excessive -Léna l'appelait ''Mama Roma''- dont on souriait avec indulgence.. Mais cela ne signifiait pas pour autant qu'Anita dise vrai. Le seul fait sûr était le rejet de sa mère enceinte, sans diplômes [ses parents, malgré l'insistance d'instituteurs* navrés, ayant catégoriquement refusé qu'Adèle -la plus douée des deux sœurs.. du moins selon elle-même (!)- étudiât, il est probable qu'ils en avaient agi de même envers l'aînée] un argument en faveur d'Anita. L'autre -mais il vint après coup- était évidemment la lettre, Adèle, la dévouée pouvait donc se révéler une Merteuil. Tout fut pourtant -à peu près- comme avant. Une précision: ces gens qui se sont tus avaient dans le passé donné des preuves indiscutables de leur engagement et de leur courage (!)  Est-il plus facile de lutter contre l'occupant nazi que de faire un signalement de maltraitance auprès d'un commissariat de police? Il faut le croire (!)

Conclusion, la loi du plus fort

En cas d'agression sexuelle intra familiale contre un "enfant" -ou un mineur- la disproportion de forces écrasante entre le doleur et la victime fait que le doute profite toujours au plus fort: Anita partit à jamais; Adèle demeura, de plus en plus puissante, utile, sûre d'elle et de ses dénis, ses parents de même, devenus prospères et le roman fut réédité.. Le mythe -cependant démenti- remplaça le réel.  

Pour elle, le danger était écarté.. à condition d'écarter Anita (puis Léna mais là, c'était une autre paire de manches et il fallait patienter). Ce fut fait. Facile, les agressés partent toujours. Exit Anita, tapis rouge pour le doleur [un homme fruste, analphabète, gros travailleur, impeccable ouvrier, vénérant et vénéré de son patron, généreux, économe et toujours plaisant].. et il n'y eut plus de ça de là que de vagues allusions outrées -mais plus discrètes, du moins devant Léna- à "cette gamine perturbée" devenue "délinquante irrécupérable" [cela aussi était faux et une contre-vérité: son allure, sa vivacité, son charisme et son humour attirant autour d'elle une cour d'admirateurs dévoués des deux sexes et ceci jusqu'à sa mort].. cette jeune fille dont à la fin on ne savait plus rien, petit Poucet laissé dans les bois, perdu, mais cette fois définitivement. Mieux vaut socialement avouer [ou plus exactement inventer] une nièce dérangée, droguée et hors-la-loi, ça arrive dans les meilleures familles, qu'un père indigne, peut-être violeur incestueux. Fin de l'histoire. Léna n'apprit sa mort que longtemps après celle-ci, par hasard. Le sacrifice d'Iphigénie. C'est pour elle que ceci est écrit.

Transfert

Or cette volée contre Anita fut exactement identique à celle que subit Léna lorsqu'elle aussi parla de son cas [dérisoire]. Mais si elle ne fut pas réellement affectée par la lettre, la disproportion de forces jouant ici largement en sa faveur, pour Anita, ce nième rejet l'anéantit: éreintée de toutes parts y compris par sa propre famille retrouvée depuis peu, y compris par une tante innocente qui au lieu de faire tampon, s'alignant devant le plus fort, l'accablait violemment, non défendue ou mal, elle dériva jusqu'à sa fin prévisible, dans l'indifférence complète de toute sa lignée et indirectement de toute une famille d'alliance courageuse, honorable mais manipulée. 

Les séquelles de viols ou d'agressions sexuelles peuvent perdurer et même s'amplifier très longtemps après y compris chez les enfants des agressés ou maltraités, dégâts collatéraux, surtout s'ils se trouvent confrontés à des syndromes de Stockholm qui les précipitent dans le gouffre. 

Les responsables? Le violeur [ou "simple" père indigne] évidemment qui ne fut jamais inquiété si ce n'est par la rumeur insistante jamais suivie de dénonciation franche, mais aussi Adèle qui l'aida largement à détruire sa dernière victime. [Mais la jeune fille, le connaissant à peine et n'éprouvant nulle affection pour lui, aguerrie par son passé, sut se défendre mieux que sa mère: elle le dénonça, parla à tous et, après un épisode plus hard où il aurait tenté de la coincer dans un couloir, refusa sans appel de le revoir.] On aurait pu penser que celle-ci ayant réglé ses comptes, d'elle-même .. [et suscité son bras armé, Léna, qui allait demeurer en lice sabre au clair même après sa disparition].. ensuite liée à un compagnon plus âgé vivant dans les bois par sa profession, s'en était tirée: par la fuite. Ce ne fut pas le cas.

Une famille modèle -presque- ouvrière, catholique et travailleuse, extrêmement soucieuse d'ascension sociale dont Adèle, bien mariée pour leur plus grande fierté était le fleuron. Une observation : le fait, dans l'enfance d'avoir subi ou seulement été témoin impuissant de violence sexuelles ou autres suffit à faire de l'enfant et même de sa descendance une victime par procuration avec les séquelles souvent identiques ou pires que celles des agressés directs. Cela m'a été signalé par plusieurs lecteurs (de "Secret de famille"), les enfants sont parfois encore plus atteints que les parents. Un agresseur sexuel, violeur [ou seulement père indigne] ne détruit donc pas seulement une victime mais une lignée, fratrie et descendance. 

Jean-Louis, un passé ignoré venu de loin

C'est le cas probable du père de Léna -ici milieu intello-bourgeois-artiste- qui avait vu une de ses sœurs, Tania -à laquelle Léna ressemblait- menacer leur jeune beau-père qui tentait de la peloter ou pire.. Elle se maria rapidement peu après, quitta définitivement sa famille et même son pays.. et quarante ans plus tard, le frère-témoin eut ce geste contre.. l'image de Tania, sa propre fille. Non, on n'oublie pas. Notons que de tels comportements autrefois étaient quasiment tolérés et que sur ce plan, le droit des femmes a nettement évolué -en Occident du moins-; ainsi, c'est par une ex employée de maison de sa grand-mère... qui n'eut à aucun moment l'impression de trahir un secret, de dévoiler un crime ou au moins un acte gravement délictuel (!) que Léna apprit le passé de son père et de sa fratrie : la vieille dame souriante glissa au passage, simplement à titre d'exemple, au milieu d'un long panégyrique sur Tania dont elle s'était beaucoup occupée ["une jeune fille si jolie, si élégante, mais qui savait se faire respecter et sportive avec ça" -elle avait envoyé sa brosse à la figure de son agresseur et brandissait à toutes fins utiles un lourd miroir-]... que "avec Sandro -le mari de la grand mère de Léna- ce n'était pas la première fois, il était 'comme ça', ah, les hommes.. (!) mais c'était surtout quand il avait bu, autrement, impeccable.. et Tania était une si belle fille, tu lui ressembles beaucoup mais tu es un peu plus grande etc..." (!) Sur cet exemple un peu en digression et pour elle sans réel intérêt, la vieille dame fut étonnée et un peu choquée que Léna s'attardât autant, réclamant des précisions et des précisions... "Oui, il était "comme ça"... il faut dire qu'il avait 18 ans de moins que ta grand-mère et, même si elle était très belle, forcément... oui peut-être aussi avec Sophie.. je ne sais pas.. mais c'est vieux.. tu m'agaces etc" -cette tante avait accusé son jeune beau-père des mêmes gestes et Léna, suivant en cela sa mère qui le lui avait rapporté -parce qu'elle supposait que Sophie lui avait parlé, ce qui était le cas- ne le croyait pas ou pensait qu'elle exagérait : faux ! donc Sophie, souvent accusée à mi mot d'être "semeuse de discorde", Sophie avait raison.

Il faut noter aussi que les agresseurs sexuels peuvent ensuite vivre un calvaire, ce fut le cas ici, leur respectabilité étant à la merci de leur victime, d'où une haine renforcée reliée à la peur qu'elle ne parle et la haine réciproque de celle-ci qui peut aussi en jouer. Ou le meurtre dans certains cas. Réel ou symbolique [l'exclusion, comme dans le cas d'Anita]. Ambiance. 

Les sacrifiés

*Beaucoup de parents d'enfants "maltraités sexuellement" [le mot "abusé" est impropre] ou seulement maltraités tendent à leur interdire toute étude ou en règle générale tout ce qui pourrait les renforcer... par égoïsme, désamour ou peut-être méfiance, au cas improbable où ceux-ci voudraient plus tard les dénoncer, afin de les discréditer par avance. La parole d'un agrégé de maths est plus tenue en compte que celle d'une prostituée ou d'un enfant de la DDASS alcoolique, et la candeur, souvent prégnante chez les inéduqués les rend parfois malhabiles, peu crédibles ; leurs propos et leurs réactions déroutent.. ce qui les isole, et suscite ou renforce le syndrome de Stockholm, plus fréquent et plus grave dit-on chez ceux-ci [ce point, discutable, n'est pas toujours admis]. Enfin, porter plainte leur vient rarement à l'esprit. Sans argent, ils n'ont pas accès, pensent-ils, à la justice, ce qui n'est pas totalement faux. Qui va les défendre croient-ils, puisque personne ne les a jamais défendus? Ils ont en général perdu toute confiance en la société, tout espoir ("tous des salauds") et peuvent inclure dans leur ire même ceux qui ne la méritent pas voire qui cherchent à les aider. De fait, malgré sa haine, Anita qui aurait pu porter l'affaire en justice ne l'a pas fait. Note: sa mère ne fut jamais retrouvée. 

Adèle, elle aussi une victime pourtant


Manipulatrice sordide mais d'une malhabileté poignante, elle était au fond, et bien plus que Léna qui elle s'était révoltée efficacement, une victime marquée par un passé incommensurablement plus difficile qu'elle n'avait jamais pu liquider [plus les faits sont effroyables, plus les victimes sont anéanties et plus le syndrome de Stockholm est prégnant, cercle vicieux].. Sympathique "vu du ciel", odieuse "vu de la terre", héroïquement loyale d'un côté, Merteuil de l'autre, comme tous les SDS, c'est un personnage déchi qui porte lui-même le poids d'un crime qu'il n'a pas commis, un crime contre lui et contre d'autres, n'ayant pas compris qu'il devait choisir son camp quels que soient les dégâts qui risquaient de s'ensuivre, de toutes manières moindres que ceux qu'il occasionne par sa forfaiture [des dégâts contre les doleurs contre des dégâts contre leurs victimes, hélas, il choisit les seconds]. Voilà pourquoi il FAUT parler.. et pourquoi cela est si difficile. Se heurter comme Léna lorsqu'elle lève l'omerta à quelqu'un qui, en réponse, l'accable avec une telle cruauté -une victime pourtant et d'une dimension incommensurable- est un risque qu'il faut connaitre mais courir tout de même. Inattendu? Peut-être ici le cas est-il extrême [mais les témoignages d'épisodes du même ordre sont nombreux, cf l'affaire de Villiers].. extrême et en effet inattendu, curieux, parce que Léna n'est pas attaquée PAR SA PROPRE FAMILLE -elle ne le sera jamais- mais.. par une out sider qui se fait la séide d'un homme qu'elle connaissait peu -et qui, sis à ses antipodes culturels, se souciait peu de frayer avec elle-.. Léna donc est attaquée par quelqu'un qui à la limite n'était pas a priori concernée -sa lettre n'était pas adressée à Adèle-. Il faut le savoir : cela arrive.. et en un sens c'est plus lourd qu'affronter un doleur armes à la main. Mais la plupart du temps, c'est la propre famille de l'agressé qui se ligue contre lui pour le dézinguer (cas de Villiers) : les agresseurs savent jouer de leur force -avec leurs proies-, puis recruter des séides [ou des protecteurs] (1) et ensuite, longtemps après, des nurses, arguant cette fois de leur âge, faiblesse, utilisant l'une contre l'autre ou l'oubli surtout s'ils sont vieux. Eux aussi sont des Janus.. et parfois, côté jardin, indiscutablement bons types. Il n'empêche que ce système de victime-kapos-"privilèges" (diviser pour régner, faire exécuter par une victime les basses œuvres qu'on refuse d'accomplir soi-même) s'apparente à celui des goulags et en général des camps ou prisons totalitaires: il s'agit pour le bourreau d'avilir sa victime, de la rendre complice puis actrice et enfin premier rôle.. afin de s'assurer de son silence, si bien qu'on s'y perd un peu, c'est le but. Victime? Complice? Les deux -oui-? Initiatrice -si elle est particulièrement zélée-? Bourrelle? L'amour pour le doleur n'est pas forcément à la clef d'un SDS (encore que certain/es détenues puissent être fascinées par les maton/nes). La soumission suffit. La peur. Avec ou sans objet. En lisant la "lettre" de Nadedja Tolonnika sur le goulag, c'est ce processus bien rodé que l'on voit à l’œuvre (toute détenue qui a le malheur de devenir son amie sera sanctionnée plus durement qu'elle-même, si bien que personne n'osera s'approcher d'elle, et a contrario certaines plus "fiables" seront diligentées contre elle avec promesses de meilleur traitement en récompense).. processus qui n'est rien d'autre que l'application à vaste échelle de celui qui pousse Adèle à dézinguer sa soeur, sa nièce, puis Léna qui s'est positionnée... en faisant porter la charge à David puis à son fils (lien.) L'aliénation, le SDS est pire dans le cas d'un groupe familial car il n'y a même pas de gratification à la clef : le SDS fait ça gratos, il a véritablement intériorisé la personnalité du doleur (voire des doleurs en général) et fonctionne comme lui, pour lui : il EST lui.    
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Voilà pourquoi il faut parler, ester. Même 30 ans après. 

(1) Cf le cas "de Villiers"... de Villiers qui, pour l'"honneur" de la famille (!) prend le parti de son fils violeur contre le cadet sa victime, entraînant avec lui tout le clan terrorisé qui pourtant s'en ignore rien (!) .. sauf une cousine, seule à soutenir le jeune homme, bien que -elle l'avoue- elle aussi fût effrayée par les menaces -suivies- d'effets du "chef"..
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Les responsables; un sinistre engrenage 

Question : si Anita avait porté plainte, si Léna le lui avait conseillé [elle ne le fit pas] si elle avait été entendue [quelque soit le résultat] serait-elle toujours en vie? Peut-être. La famille [d'Adèle] eût éclaté sans doute, le père aurait été inquiété, peut-être condamné, certes des innocents auraient été marqués, mais sa vie en valait la peine. Un gâchis dont les responsables dans l'ordre sont: 
1 le père;
2 la mère fervente catholique qui laissa faire; 
3 Adèle qui accabla une victime, puis une autre; 
4 la DDASS qui confia Anita à de multiples familles sans contrôle;
5 ces familles plus soucieuse de l'argent qu'elle rapportait que d'elle; 
6 l'entourage [le village] qui parla mais ne fit pas de signalement; 
7 la famille d'alliance d'Adèle qui n'osa pas prendre parti;
8 les inégalités sociales vis à vis des immigrés surexploités;
9 la religion catholique mal comprise;
10 la société bourgeoise qui terrorise ses affidés un peu courts;
11 l'éducation nationale qui ne sut pas s'imposer aux parents et voua les deux filles à une vie diminuée et dramatique;
12 Léna qui retrouva Anita et lui donna de vains espoirs.
Un sinistre engrenage dans lequel Anita et sa mère furent broyées. 

Bilan :

1 la famille, travailleuse, économe et habile à obtenir quelques faveurs de hiérarques, prospéra considérablement; 
2 le père mourut en patriarche, apprécié par tous, modèle de réussite et d'intégration cité au tableau d'honneur;
3 Adèle demeura plus ou moins la bourgeoise qu'elle rêvait d'être, certes avec quelques couacs; David se détacha d'elle, sans divorcer -l'essentiel- et se rapprocha de Léna*.
4 Sonia, la mère d'Anita, demeura prostituée et on ne retrouva jamais sa trace;
5 Anita se suicida (à l'alcool). 
6 Léna continua sa carrière d'écrivain, pensant souvent à Anita, la jeune morte qui les avait tellement impressionnés durant le peu de temps qu'ils l'avaient côtoyée.

in "les familles photoshop"


*Ce qui généra quelque temps après une violente intrusion d'Adèle ET de son fils briefé contre Léna, chez celle-ci, avec diverses accusations (le coup de la lettre éventé, le masque tombe) sans doute sincères (?) de la part du jeune homme... qui PRÉTENDIT IGNORER TOUT DE L'HISTOIRE... UNE HISTOIRE QUI CEPENDANT S’ÉTAIT DÉROULÉE SOUS SES YEUX (!) cas classique d'un déni ici phénoménal... au point que Léna dut faire intervenir la police pour les faire sortir. Notons ici qu'Adèle a apparemment transmis elle aussi à son fils son propre déni ainsi que les traumatismes qu'elle a subi, (cas classique) et que selon son habitude, (cas particulier?) n'osant elle-même affronter Léna, elle l'en a chargé (un séide relativement innocent donnant plus de poids à ses accusations) tout comme elle avait été la kapo de son père contre Anita. Histoires en boucle, les SDS aussi se transmettent. Notons aussi que l'agressivité inouïe (selon le personnage qu'elle s'était construit et qui, maladroitement ravaudé pour l'extérieur, tenait encore -presque- la route) dont elle fit preuve envers Léna, violant son domicile au forcing, cessa immédiatement lorsque les policiers arrivèrent : le personnage se transforma immédiatement en une dame calme et étonnée qui "ne comprenait pas pourquoi Léna s'énervait" (même processus que celui dont elle avait usé contre Anita devant Léna, la feinte naïveté).. et enfin.. que David ne FIT RIEN POUR EMPÊCHER L'INTRUSION ET DÉFENDRE LENA. Quelque soit l'amour qu'il éprouvait pour son aînée, c'est tout de même elle qu'il laissa (et qu'il avait indirectement lancée) au front sans broncher... ce qui ne l'empêcha nullement de revenir ensuite vers elle comme si rien ne s'était passé. Le lendemain, tout était "oublié" (pour lui.. si ce n'est des traces profondes de griffures sur les bras.) Note : parmi les accusations insinuées (par le fils d'Adèle cette fois, en écho de celle-ci) contre Léna.. il y avait celle.. d'inceste (entre elle et David).. un transfert parfait. [Léna partit. C'était sans doute le but.] Ou comment en voulant s'interposer entre une victime intra familiale et ses bourreaux, on court le risque .. de le devenir soi même -ici moindrement-.. même des années après. Malheur à celui par qui le scandale arrive? Non : à celui qui le dévoile, fût ce a minima. Peut-on alors s'étonner et blâmer la "passivité" des témoins, voisins, membre directs ou indirects de l'entourage familial? Il n'empêche : il faut se lever tout de même, quels que soient les risques. Les droits de l'homme -et surtout des femmes-, les viols.. c'est en Centrafrique, au Congo certes... mais aussi sur le palier d'à côté et c'est le silence de tous qui permet qu'ils perdurent et suscitent des émules.

Suite (et contexte) ici : 
 http://journalphilosophoque.blogspot.com/2016/02/familles-loubli-par-intermittence-une.html
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2 CAS SIGRID, un SDS plus élaboré.. et "bénéficiant"

 
Sigrid


 Une observation préalable : il y a autant de types d'agressions sexuelles intra familiales (issues du père ou d'un succédané) que d'agresseurs et des "motivations" fort différentes voire opposées : l'une est l'amour -sexuel- inapproprié et là, même s'il semble y avoir consentement [cas Sigrid plus détaillé in "Secret de famille", et peut-être celui de la mère d'Anita] c'est tout de même un viol... et à l'opposé on a la haine, la jalousie, le rejet.. [cas Léna : son père, peu soucieux d'avoir des enfants, n'ayant fait que céder à sa femme et ne l'ayant jamais vraiment perçue comme sa fille ou plus exactement ne s'étant jamais perçu, lui, comme son ou UN père. La haine n'est pas loin lorsque l'enfant ou les circonstances -maladie de la mère, absence de celle-ci- forcent le père-malgré-lui à le devenir pour de bon.] Un geste d'agression est alors un geste d'exaspération qui a pour but (conscient ou non) de le faire définitivement fuir, de s'en libérer. Il est un trop lourd fardeau. Dans ce cas la victime s'en tire mieux : le SDS est rare, à la haine répond la haine et le duel au fleuret fût-il à mort est finalement moins traumatique que le soi disant "amour" glauque qui masque le viol, le rapport de pouvoir et fait se soumettre. D'autre part, l'agression sexuelle ici n'a pas pour but le plaisir (comme dans le cas du père de Sigrid ou peut-être de celui d'Anita) mais la destruction de la victime.. comme le viol ou la simple agression sexuelle dans presque tous les cas. (Presque.) Sigrid fut "consentante" voire "jouissante" -mais à 13 ans son consentement ne vaut évidemment pas- et à la fin, profita sur tous les plans de son statut de favorite du père à ses ordres pour se tirer d'affaire, n'hésitant pas à faire chèrement payer à sa fratrie -et à tous- son abandon. Le fait est : Léna, haïe, s'en tira mieux. Les conséquences communes cependant de l'agression sexuelle pour ses victimes, (même si elle revêt des formes différentes voire opposées, le père de Léna, trompant sa femme et sachant que sa fille, qui adorait sa mère, le méjugeait, voulait son départ définitif ; celui de Sigrid au contraire, qu'elle demeurât pour lui seul -quoiqu'elle exigeât pour y consentir- comme sa "femme" légitime).. les conséquences donc sont : 1 la prostitution et/ou, 2 leur appariement ensuite avec des hommes qui tendent à les rejeter/maltraiter eux aussi.. ainsi que leur départ parfois sans retour, pour une simple anecdote sans réelle portée si ce n'est symbolique, réactivant le rejet infantile. D'un côté, il y a donc chez eux, plus exactement chez elles une immense tolérance aux frustrations, aux blessures (l'habitude).. associée curieusement à une intolérance à UNE spécifique.. des "fort/es" hyper fragiles.. des indestructibles aux pieds d'argile.. des êtres aux affects exacerbés mais parfois indifférents jusqu'au cynisme absolu. Des êtres hors norme qui quelque fois peuvent tirer de leur expérience une force surhumaine... dont il arrive qu'ils usent au mieux (Léna) ou au pire (Sigrid) selon le type d'agression. (Léna n'a pas été violée et au fond le geste de son père n'avait rien de "sexuel" -bien qu'il le figurât pour elle et qu'il le fût de facto-, tandis que Sigrid endossa réellement le rôle de compagne quasi officielle quoique inavouée -à l'extérieur de la famille- de son père, amant généreux, adorateur mais destructeur.) 

Il demeure que si on prend les chiffres dans l'autre sens, 80% (?) des prostituées ont subi dans l'enfance ou l'adolescence une agression sexuelle d'un proche, en général le père.. Celui qui commet un tel crime envers sa fille se comporte en "éducateur" pour ce type de job car le plus fort dégoût que peut ressentir une adolescente étant envers le père, une fois ce cap franchi, rien ne l'arrêtera plus. Comme en règle générale on lui a interdit toute étude et que sa détresse attire inéluctablement une nuée de chacals.. la suite est facile à deviner. Cela revêt des formes différentes selon les milieux sociaux : Sigrid (milieu grand bourgeois du Nord) trouva naturel ensuite de s'apparier avec un homme plus âgé qu'elle n'appréciait guère mais qui lui offrait tout ce que son travail -cependant de cadre sup- ne pouvait lui procurer. Une prostitution quasi avouée, cyniquement, sans états d'âme mais dont elle souffrait cependant.. et une cruauté qui ensuite ne se démentit jamais, constante, envers tous ceux et surtout celles qu'elle jugeait plus chanceux, collègues, "amis", surtout s'ils semblaient heureux en amour. [Il n'est pas exclu qu'Adèle, à sa manière plus sympathique car moins armée socialement, ait ensuite agi de même; intellectuellement brillante selon sa propre perception d'elle-même (!) appariée à un homme qu'elle semblait ouvertement mésestimer mais qui lui offrait la respectabilité et un statut social qu'elle appétait à tout prix en raison de son passé familial, sa frustration, forcément à la clef, devint au fil du temps de plus en plus prégnante.. suivie de son cortège classique de rancœurs poignantes -comme chez Sigrid mais chez elle, masquées- envers David et envers quiconque avait bénéficié et bénéficiait toujours de meilleures conditions de vie..] Une autre attitude fréquente, surtout chez les agressés type Sigrid est la provocation sexuelle.. comme s'ils ou plutôt elles, ayant perdu les codes sociaux inter sexe, considéraient tout mâle comme partenaire potentiel y compris dans des rapports de travail, en dehors de tout possible (différence d'âge, d'allure, collègues en couple, rapports de pouvoir de sa part -ses stagiaires-..) 
 Sigrid -au visage ingrat, image- toujours vêtue de pantalons moulants, chaussée de haut et largement décolletée adorait relater -ou inventer- à voix haute devant un public masculin, ses "succès", dans la rue, dans le RER.. ce qui lui avait été dit -des obscénités qu'elle dévidait les yeux brillants en faisant mine de s'en indigner-... ou même ses relations intimes, la moindre réflexion ("tu as l'air fatigué") étant aussitôt prétexte à des sous-entendus gaillards de plus en plus appuyés sur sa nuit conjugale ou extra conjugale voire, plus vraisemblablement -son mari était âgé et la malheureuse, loin d'un "canon"- pure invention.Sur l'hyper sexualisation des victimes, voir le cas Pamela Andersson
 http://femmesavenir.blogspot.fr/2014/05/viol-infantiles-lhyper-sexualisation.html ou tout simplement Monroe.
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3 DÉNI TOTAL DU RÉEL  Le cas Évelyne

Le déni du réel semble parfois quasi pathologique et invraisemblable à l'exemple d'une femme littéralement massacrée par son compagnon (un cas unique certifie-t-elle, une "connerie" totalement imprévisible reliée à l'alcool -mais par ailleurs, on ne peut la croire sur parole car elle s'avoue "prête à tout pour le tirer de ce mauvais pas"!).. qui s'en est sortie in extremis non sans séquelles lourdes.. et qui se bat bec et ongles pour le faire sortir de prison, allant jusqu'à payer son avocat etc... extrêmement agressive envers la juge qui a "brisé son couple" et qui tente de lui faire comprendre que cette "connerie" est en fait un crime.. (pour Évelyne, ce n'est qu'une "affaire de ménage dont la justice n'a pas à se mêler".) "C'est une féministe" lance-t-elle avec mépris au sujet de la magistrate comme s'il s'agissait d'une insulte. 

Lui faire accepter son statut de "victime" et comprendre que la société défend non pas un individu mais tous est partie perdue. Lorsqu'on lui dit qu'il peut réitérer et que le risque est non seulement pour elle mais pour d'autres elle rétorque "absolument pas, c'est impossible".. mais à la question "auriez-vous imaginé qu'il soit capable d'un tel acte?" elle s'était exclamée "jamais, c'est inimaginable" ! Devant la contradiction "vous voyez bien, même si vous pensiez que c'est impossible, cela est arrivé donc cela peut arriver encore", elle persiste et s'énerve "non, je le connais bien, ce n'est pas possible".. etc.. Un mur.

Note: ce cas est le plus extrême car, des "bénéfices" secondaires ou plutôt des compensations qu'elle pourrait obtenir, par exemple une rente à vie -son agresseur n'étant pas démuni comme elle qui ne pourra vraisemblablement plus jamais travailler- elle n'en veut pas, au contraire ; elle refuse de toucher à "son" argent (elle a la signature sur le compte de celui-ci) afin qu'une fois dehors, il puisse disposer d'un pécule pour pouvoir repartir d'un bon pied... et du coup, se fait plus ou moins entretenir par un autre.. qu'elle critique volontiers, sa voiture est inconfortable etc...


Les syndromes de Stockholm à des degrés plus ou moins importants sont ce qu'il y a de plus difficile à traiter et même à détecter, et, il faut le reconnaître, à aimer. Leur agresseur les a conduits à ce point extrême où il ne risque plus rien puisque c'est leur victime qui les défend et bien mieux qu'eux-mêmes ne le pourraient. De fait, ils sont déroutants, parfois décevants, opportunistes voire machiavéliques et manipulateurs, tirant sur qui les aide et courtisant qui les éreinte, toujours dans le sens du vent... ou de ce qu'ils croient être le vent, mais ils ont une excuse: les traumas de leur enfance, issus de qui les aime croient-ils ou qui ILS aiment et leur douleur/fragilité devant une situation qui fut ingérable autrefois (celui qui est censé les protéger du monde extérieur les détruit et ce sont des "étrangers" qui doivent les défendre.. d'un être malgré tout aimé) situation qu'ensuite ils étendent à d'autres, même si au contraire elles sont faciles à résoudre... une autre raison-excuse-explication est aussi -souvent- leur absence de sens politique, de discernement, de perspicacité.

Peut-on dire d'intelligence ? Non, mais d'une certaine forme d'intelligence : les enfants turcs (voir plus loin) d'Annette sont tous de niveau universitaire (deux ont un doctorat) et la faussaire de la lettre de "rupture" fut également assez douée même si son doleur l'empêcha d'étudier : un enfant qui réussit scolairement représentant un risque de dénonciation plus grave que celui que l'on cantonne à une vie amoindrie, on le croira davantage qu'un "paumé" et de fait, l'interdiction de faire des études, la persuasion de sa "nullité" est souvent à la clef pour la victime d'une maltraitance surtout extrême. 

Dans le cas d'Adèle, le père et même la mère refusèrent, malgré les pressions désespérées de l'instituteur et les aides qu'elle eût obtenues qu'elle aille même jusqu'au bac. Soi-disant pour la protéger de l'extérieur quand à l'inverse, vouée à un travail pénible d'ouvrière ensuite, elle fut au contraire en butte à toutes sortes d'agressions de la part de patrons [notamment il est courant dans certaines petites boîtes lorsqu'il y a suspicion de vol que les ouvrières soient contraintes de se dévêtir entièrement devant le chef]... Idem mais en moindre -le milieu est différent- dans le cas de Léna -elle devait avoir le bac mais l'Université lui était interdite-.. qui réussit le tour de force de passer entre les mailles... La raison du veto étant pour elle différente: sa mère, aimante mais possessive, un peu jalouse et contradictoire, redoutait et souhaitait en même temps se voir supplanter par sa fille, celle-ci ressemblant à sa lignée paternelle admirée et haïe à la fois, une lignée qui avait plus ou moins blackboulé cette belle-soeur moins cultivée qu'il n'était requis pour avoir l'honneur de s'appeler de leur nom. Il importait donc de la "tirer" fût-ce de force vers "elle" et des études universitaires eussent été le signe d'une trahison. Un poids que Léna portera toute sa vie. Aussi lourd ou presque -ça s'ajoutait- que l'agression. 

Disons que les "syndromes de Stockholm" manifestent une intelligence normale mais obérée par les affects et les peurs, même sans objet, comme souvent chez les femmes, les enfants ainsi que chez tous les personnages naïfs qui peuplent les familles et souvent la ruralité. Un autre exemple mais là, plus drôle et également banal est celui d'un paumé -riche cependant- qui fut défendu contre une "personnalité" -à la mesure d'un village- qu'il redoutait infiniment et qui, une fois tiré d'un pétrin inimaginable, s'en prit à.. celui qui l'avait porté à bout de bras.. aidé ou sur ordre de la "personnalité" (lien) contre lequel l'autre avait combattu pour lui (!) Loufoque mais pas rare. Un roman à écrire. Bénéfices secondaires ici ? Inconnus ou minimes... si ce n'est l'estime apparente et formelle de quelqu'un ou d'un groupe considéré -à tort- comme puissant et redoutable.

*Car dans les couples parentaux, si l'un a une situation professionnelle ou de fortune plus prestigieuse, c'est souvent l'homme. Et la maltraitance "par défaut" est aussi souvent de son fait.
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Suite : "une famille de roman édifiant, le cas de Villiers" (lien)

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4 CAS D’AURÉLIE

C'est la jeune femme morte sous les coups de son compagnon.. comme trois femmes par semaine en France pour laquelle est organisé une marche blanche dans l'Aisne.


5 enfants à 23 ans, cela signifie qu'elle a sans doute eu sa première maternité vers 16. Puis elle est tombée malade (des anévrismes apparemment qui ont cédé, provoquant des AVC) : reliés à des grossesses trop précoces? une pathologie initiale? Des coups ? Nous n'en savons rien et ce n'est pas toujours décelable. D'où son léger handicap et sa fragilité... mais là, on est dans l'extrême : cette fragilité n'a pas empêché la naissance d'autres enfants, quasiment un par an. Ne peut-on s'interroger sur ces accouchements en série, un AVC étant une contre indication majeure ? Les médecins n'ont pas pu ne pas l'avertir. Pourquoi a-t-elle couru de tels risques? Qui les lui a laissés courir ou infligés ? Son compagnon? Pourquoi apparemment personne dans son entourage ne l'en a empêchée? A-t-elle voulu ses grossesses contre vents et marées? (Certaines femmes sont véritablement addicts à la maternité, peu documenté mais réel.) 

Elle n'était pas isolée semble-t-il, comme en atteste la manifestation prévue pour elle. Contre qui et pourquoi? Demander une plus grande peine pour le meurtrier? Mais qui ici est en cause ? Lui évidemment. La société qui ne surveille et ne punit pas assez ce type de crimes? Peut-être -cela a tout de même changé mais pas systématiquement, pas assez-. Les services sociaux? Mais sont-ils impliqués s'il n'y a pas eu de signalement ni de plainte? Comment peuvent-ils deviner lorsque personne ne proteste et que les voisins se taisent ? (Il se peut qu'ils n'aient rien vu mais aussi qu'ils pratiquent le "je ne me mêle pas des affaires des autres, chacun fait ce qu'il veut chez soi etc"..) 

Le "pas de chance" ? Non, pas trois fois. L'événement unique et imprévisible ? Non plus. Un succédané de syndrome de Stockholm mineur ou majeur? Cela se peut et n'est pas toujours détectable. Quelques cas atypiques et déroutants.
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 5 CAS ANETTE

Il s'agit d'une femme dont le mari turc avait enlevé les enfants qu'elle n'avait retrouvés qu'à l'âge adulte malgré avis de recherches, police, détectives etc... et qui une fois le "contact" renoué, constate amèrement l'extrême distance qu'ils mettent avec elle, aimables mais superficiellement et au fond solidaires de celui les lui a soustraits pour ensuite les disperser dans des familles d'accueil et ne les reprendre tardivement qu'une fois remarié, les laissant à sa jeune femme de 20 ans (!) etc.. Un détail: le père étant à présent dans une gêne -toute relative- récente, ce sont eux qui financièrement lui permettent de tenir le rang en lui versant une rente ! Une attitude d'une banalité affligeante, même dans des cas moins difficiles.

=> L'enfant défendu contre un parent, pas nécessairement vraiment maltraitant mais seulement égoïste ou infantile.. peut parfois prendre son parti. Les absents ont toujours tort. Opportunisme (au cas où celui-ci est plus riche, plus prestigieux que l'autre*) contre sincérité ? Aveuglement contre perspicacité ? Peut-être les deux. Un aveuglement de circonstance, volontaire; le déni d'une situation. De fait, devenu adulte, il peut ensuite entretenir de bonnes relations avec celui auquel contre toute logique, il ne reproche rien et mettre à distance celui qui l'a porté, défendu au détriment de sa propre intégrité. Aider quelqu'un, parfois, c'est s'en faire un ennemi.

Certaines victimes se sentant trop fragiles, choisissent l'absentéisme... qui n'est pas incompatible avec quelques "requêtes" en sous main (hypocrisie? pas vraiment mais on n'en est pas loin) genre "je ne veux rien savoir de "vos" histoires.. mais "je voudrais bien.. un piano.." [ou telle prestation.. pour laquelle l'enfant sait qu'il faudra que sa mère ferraille]. Il se peut aussi, mais pas toujours, même si ce n'est pas le but initial, qu'un bénéfice (financier ou autre*) s'ensuive..

Une comparaison dure mais forte : les grèves durant lesquelles des ouvriers se battent, souvent plus particulièrement pour certains d'entre eux plus défavorisés... lesquels peuvent affecter de ne pas être dans le coup, justement en raison de la précarité de leur situation (soit)... sans cracher sur les acquis obtenus ensuite (soit)... mais aussi, au cas où ça tourne mal pour les engagés qui leur ont tiré les marrons du feu, sans les défendre (une grève, victorieuse ou ratée génère des rétorsions) et parfois même... faisant corps avec le patron contre leurs camarades, et là, stop...! Or le syndrome de Stockholm, c'est aussi cela. 

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LE DOSSIER 
LES FEMMES ET LA PSYCHIATRIE

Le cas de Villiers. Une famille de roman édifiant dans le bocage

La vie est un long fleuve tranquille

La victime d'agression sexuelle ne parle que lorsqu'elle juge s'en être "sortie", de quelque manière que ce soit : compagne/on, enfants, aide extérieure, professeur, thérapeute, réussite professionnelle -même minime- etc... c'est à dire lorsqu'elle se sent -relativement- en sécurité, hors d'atteinte, lorsqu'elle pense pouvoir résister sans en être définitivement rompue à la bataille qui va s'ensuivre -et nous allons voir combien elle peut être rude-. C'est un cercle vicieux : pour qu'elle lève l'omerta, il faut qu'elle se sente en sécurité.. chose impossible en raison justement de l'omerta. -Mais il est des miracles-.

Cela explique la rareté des dénonciations. Et la loi qui refuse de punir au bout de quelques années de silence de la victime -comptées après sa majorité- est singulièrement inadaptée. Pas vu ou plutôt pas dénoncé = pas pris, en quelque sorte. Mais comment un enfant, même devenu adulte -mais abîmé- peut-il se battre à armes égales contre un clan, un patriarche qui fait peur -s'il a pu agir impunément, parfois durant des années, c'en est bien le signe-? Qui ne dit mot consent ? Non. C'est ce précepte auquel ici il faut faire justice. Une prime à la manipulation, à la violence, à la peur inculquée. Plus la victime sera faible, plus le bourreau terrorisera le groupe, plus il aura des chances d'échapper: pourquoi se priver ?  Dans le cas d'un enfant contre un parent -et souvent un groupe solidaire comme nous allons le voir-, on est dans la situation extrême. Non, un enfant, même s'il ne "dit mot" -peut-il faire autrement?- ne consent pas. Et son corps n'est pas un "bien" accaparé -un bout de terre par exemple- dont la propriété, au bout de trente ans d'usage, est attribuée légalement par usucapion à qui s'y est installé.




Un fait-divers récent en constitue le paradigme. Dans le cas d'un enfant abusé sexuellement, la peur d'être trahi s'il parle -et le sentiment inculqué que c'est lui qui trahit- ne sont pas sans objet. Lorsqu'ils osent porter plainte, ils se trouvent alors souvent  en butte à leur famille tout entière qui fait bloc contre eux, y compris ceux qui les soutenaient plus ou moins jusqu'alors... taxés de folie, de perversité etc...  L'horreur absolue pour des victimes déjà fragilisées, trahies non pas une, mais deux, trois, dix fois...  Drame dans le drame, il arrive souvent que celui -ou celle- qui mène les troupes contre lui ne soit pas le coupable mais son second couteau -la mère- ou le chef du clan éclaboussé par l'affaire -même s'il n'est pas l'accusé-. C'est la Raison d'état : il est moins dirimant socialement d'avouer un enfant malade mental qu'un mari -frère, fils, cousin...- violeur incestueux. 

Car  le coupable, la plupart du temps le père, étant aussi celui qui fait vivre le groupe et porte son prestige haut et clair, sa mise en exergue voire en détention conduisent à la ruine sociale, économique et affective de tous. Haro donc, non sur celui par qui le scandale est arrivé mais sur celui qui l'a dénoncé. Et cette brutale mise en lumière salit tout le monde, pointant des complicités -actives ou seulement passives- même lorsque l'entourage n'a rien vu et ne pouvait rien voir : un dysfonctionnement  pour le moins, une négligence à la limite de la maltraitance, -ce qui quelquefois n'est pas le cas-... Des  ombres fâcheuses vont désormais à jamais ternir des personnages -souvent volontiers donneurs de leçons de morale-, au dessus de tout soupçon , un étron puant sur une nappe brodée.

La famille de ce politique catho-morale-tradition accusé d'avoir couvert les viols perpétrés par l'un de ses fils à l'encontre d'un autre a réagi exactement de cette manière : c'est la victime qui a été clouée au pilori. Et, bien qu'ici le père n'ait été responsable que de n'avoir pas vu (?) -banal et normal, surtout dans les familles nombreuses- c'est lui qui pourtant a taclé la victime comme s'il était l'accusé, entraînant tout le clan à sa suite. Car ces familles sont souvent des familles-meutes où le dictat du chef fait loi : en contrepartie, il ferraille d'estoc et de taille pour protéger la tribu par tous les moyens... La part du feu : comme tout leader, il va tenter de sauver le bataillon en jouant la carte de la Raison d'état (la politique!) Mieux vaut une injustice qu'un désordre en somme. La troupe suit. Ici, la seule qui a eu le courage de soutenir le plaignant avoue clairement avoir "peur" du patriarche, "comme tous" précise-t-elle. 

Le cas est intéressant puisque là, on a affaire à un professionnel du mensonge et de la manipulation, un homme politique, forcément mieux armé  pour la bagarre -mais la plupart réagissent de la même manière, avec juste un peu moins de brio.-

Savait ? Savait pas ? On est toujours dans le flou. Mettons que celui-ci, trop pris par ses activités, ait tout ignoré. Mais il est souvent des cas limites -le déni n'est pas un vain mot- et parfois l'omerta confine au burlesque. Ainsi cette famille dont le père, le soir, sur le canapé, caressait ouvertement sa fillette devant la télé, au su et au vu de tous... qui prétendirent avec une belle unanimité n'avoir jamais rien su ni vu... tentant d'incriminer la "mythomanie" de la victime lorsqu'elle se décida, longtemps après, à porter plainte. UN seul a fini par craquer : les autres ont suivi. Eût-il résisté, on serait toujours dans le doute : la parole d'UNE seule contre celle d'un clan insoupçonnable ne pèse rien. Notons aussi que subir des maltraitances de ce type -associées à des mystifications: "il ne s'est rien passé, tu délires, il faut te soigner, prendre tes médicaments..."- peut réellement conduire à la maladie psychique ou à une dérive sociale dramatique -la prostitution par exemple- et là le cercle est bouclé: le crime parfait. Qui va écouter un malade mental ? Une prostituée ? Une droguée ? On confond seulement cause et conséquence. (90% des prostituées ont été abusées sexuellement dans l'enfance.) Et un paranoïaque a parfois été réellement persécuté.

LE DOSSIER
http://femmesavenir.blogspot.fr/2009/09/maltraitance-intra-familiale-tous-les.html

Agression sexuelle, viol, acte sexuel criminel

 
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 viol, acte sexuel criminel, mise au point : l'homme est quasiment le seul animal qui viole.


Mandingo*, un mythe fondateur
Le viol n'a rien à voir avec la sexualité, contrairement à ce qu'il figure: c'est un acte de prédation, un acte de guerre qui vise non seulement une cible mais aussi et surtout son entourage. Il est utilisé comme tel dans tous les conflits armés (ou non), mais c'est le cas même dans les affaires privées. Par exemple un tiers concernent des hommes (et sont les plus meurtriers) alors que les violeurs ne sont pas homosexuels voire homophobes. C'est un acte de terrorisme au sens strict, une offense punitive, symbolique, exemplaire, la pire. Un acte de castration. L'homme violé sera ensuite "détruit" en tant que mâle et ne pourra plus désirer ni être désiré par une femme pensent les violeurs. Ses prémisses archaïques (et pratiques) sont génocidaires. Une femme violée elle aussi, risque de devenir objet de répulsion, de ne plus jamais avoir d'appétence ni de vie sexuelle, d'être mise au ban socialement voire dans certains cas exécutée par les siens pour laver le groupe de la "honte" infligée si on suppose qu'elle était consentante. [Ainsi la belle Lucrèce, accusée par Tarquin son violeur de l'avoir provoqué, pour prouver son innocence, s'égorgea-t-elle devant l'aréopage qui la jugeait.] Fait peu connu, beaucoup deviennent ensuite stériles. S'y ajoutent parfois des grossesses imposées pour aggraver encore la souillure : elle sera alors celle qui porte l'enfant de l'ennemi, à jamais salie. Par exemple au Vietnam, après la victoire des vietcongs, les mères d'enfants eurasiens étaient souvent maltraitées jusqu'à la mort car il était presque toujours supposé qu'elles avaient été consentantes ou prostituées. Quant aux petits, symboles de leur trahison, laissés sans soins, ils mourraient bien souvent. Certaines parvinrent à se tirer d'affaire en les abandonnant, en fuyant dans des campagnes et furent alors vouées à épouser n'importe qui voulait bien d'elles, souvent des paysans veufs âgés chargés d'enfants profitant de l'aubaine.. et à devenir à jamais leurs esclaves ménagères, agricoles, sexuelles et reproductrices, sans avoir le droit de quitter le village voire de sortir. L'une d'entre elles, lorsque son fils (français, médecin) l'a retrouvée, a récemment témoigné : les onze enfants qui avaient suivi et sa vie de misère et d'opprobre ne l'avaient pas empêchée de le rechercher (mais après la mort de son mari qui lui interdisait tout contact avec l'extérieur et la battait), en vain.


Les victimes, contrairement au poncif, n'ont parfois rien de sex symbol. Elles peuvent être âgées, usées, peu attirantes et la question n'est pas là : ce qui intéresse le violeur, c'est le viol et nullement sa "cible". Le plaisir est souvent secondaire ou alors relié à l'action de prédation. (On pourrait le comparer à un kleptomane qui vole sans discernement un stylo ou un Louis d'or, qu'importe, c'est toujours un trophée, la marque de sa possession). La théorie de la pulsion irrésistible envers une femme provocante ou "canon" est du pipeau. On voit souvent des violeurs en série habitués à des "tops" (leur épouse parfois) s'attaquer à l'occasion à des femmes simples peu sexy et l'argument qui assure que "ce n'est pas possible, il aurait pu s'offrir mieux" ne vaut pas. (Un boulimique compulsif dévorera aussi bien un plat de chez Maxim's que des pommes de terres à l'eau.)


Cela explique aussi qu'un violeur peut tout à fait être sexuellement "normal", ainsi en attestent souvent leurs compagnes (qui ne mentent pas, ou pas toujours) insoupçonnable, sauf lorsque sa position sociale le met à l'abri pense-t-il de toute rétorsion médiatique, financière ou judiciaire (princes, puissants, les exemples historiques sont pléthore, Tarquin le Superbe, Henry VIII, Pierre le Grand etc.) Là, plus de limites, le Prince seul décide et la notion même de viol semble vidée de sens (c'en est un tout de même) car l' "élue" ne peut qu'accepter sous peine de mort.. voire tenter de faire ce jeu.. une mort qui de toutes manières la guette parfois au tournant si elle a failli à sa mission, à l'exemple d'Anne Boleyn décapitée trois mois après son accouchement d'un fils mort-né. .


Il semble que le pouvoir absolu, soit perso (celui du chef de guerre, du Roi), soit, par ricochet, celui ses séides (les soldats) génère (cause ou conséquence?) une déviation de la pulsion sexuelle, devenue (comme le reste) simple outil de pouvoir... le pouvoir qui a dévoré l'être jusqu'à la part la plus intime de celui-ci, la pulsion sexuelle ou amoureuse, devenue comme tout, objet d'usage pour le nourrir. Cela explique également que le profil du violeur peut être fort différent, sexuellement boulimique, au contraire quasi impuissant ou peu intéressé par le sexe: cela n'a rien à voir, tout comme il peut être blanc, noir, jeune, âgé, religieux, anti religieux etc. On n'est pas, plus, dans une dimension sexuelle mais de déviance prédatrice parfois sadique (ou pragmatique, lorsqu'il s'agit juste de procréer un fils) ; une affirmation de soi perverse qui semble aller "de soi" sans aucun recul rationnel ni affectif. Idéologiquement, il peut aussi être de droite comme de gauche, raciste ou non etc. Le violeur compulsif est un être clivé.


L'animal en principe ne viole pas car la pulsion sexuelle chez le mâle est conditionnée par l'oestrus. Mais il y a un effet pervers à cette "incapacité", chez les grand fauves par exemple : il peut tuer les petits de "veuves" isolées (dont occasionnellement il a massacré le mâle) afin de déclencher l'oestrus et s'assurer de sa propre descendance. Plus sioux, les félins. Cela ne marche pas à tous les coups car les femelles défendent, la plupart du temps avec succès, leur portée. Ils devront donc attendre la fin de l'allaitement pour s'accoupler et "supporter" des petits qui ne sont pas leurs ("élever" serait impropre car dans ces espèces, c'est la femelle qui nourrit la famille.) La pulsion sexuelle est axée sur la reproduction des gènes, et le pouvoir que recherche le mâle est simplement celui de les transmettre.. ce qui chez l'homme fut/est sans doute le cas à l'origine mais ne se voit en acte que dans les cas extrêmes de pseudos génocides* (exemple des viols plus "organisés", plus sophistiqués dans les Balkans où des musulmanes furent obligées de porter les enfants de leurs violeurs après que ceux-ci aient massacrés "leurs" hommes.) Chez l'homme (pas chez l'animal), le comportement archaïque symbolique prévaut toujours sur le pragmatisme : le viol en est la preuve, qui existe même s'il n'est nullement question pour le violeur de se reproduire.

C'est en ce sens que le viol est et doit être puni durement, même s'il participe d'une personnalité clivée et disons, dérangée, car il permet et porte en germe des dommages collatéraux pas forcément visibles de l'extérieur mais qui s'étendent à tout l'entourage de la victime et constitue les prémisses de génocides. L'histoire le montre à l'envi (il n'est pas question ici évidemment de prendre exemple sur ces atrocités.) Les blancs sudistes l'avaient parfaitement compris qui le punissaient de manière atroce, cf le cas de Mandingo, bouilli vivant devant les siens -Mandingo qui du reste n'était pas un violeur !- un exemple pour un autre : ayant malgré lui prouvé qu'il était homme et non animal (sa maîtresse venait d'accoucher d'un enfant métis dont il était le père, aussitôt étouffé par le médecin horrifié) il convenait pour le maître de restituer les choses à leur "place" par l'acte le plus atroce qu'il se pût afin qu'aucun autre esclave ne s'avisât qu'il était homme comme lui donc susceptible de se reproduire comme lui (avec sa femme occasionnellement). Notons que des métis étaient pourtant pléthore, issus d'esclaves noires violées par le maître blanc. Dans ce cas de figure archétypique, la femme n'étant considérée que comme réceptacle, il s'agit bien d'une lutte pour la transmission de gènes et de gènes du mâle seul. Le viol est donc historiquement lié à une notion fautive du rôle des femmes dans la reproduction. Que cette thèse se heurtât à la réalité, car les enfants du maître et d'une esclave étaient tout de même métis ! importait peu, l'idéologique comme toujours primant sur la logique.

Le maître pouvait (et même devait, c'était une preuve de virilité et de bonne santé) coucher (violer) ses esclaves et les féconder était encore mieux tandis que la réciproque était un acte de lèse-majesté ou plutôt lèse-gènes puni de mort. Ensuite, à son bon plaisir, ses enfants pouvaient être considérés comme esclaves au même titre que leurs mères (voire vendus) ou au contraire, surtout s'ils étaient clairs, élevés presqu'à l'égal des autres, instruits etc. De même, historiquement, l'adultère considéré comme "crime" (même pas un viol, bien qu'il fût considéré comme tel) envers des reines ou des femmes de haut rang était puni d'émasculation et autres horreurs publiques. Ces atrocités montrent que les hommes ne s'y étaient pas trompés, le "viol" est (ou figure) bien le crime de "guerre" (génocidaire) le plus terrible qui soit, un acte de pouvoir concernant une lignée, une ethnie, un groupe social à anéantir. Celui qui a le pouvoir "peut", ce n'est même pas un viol (parle-t-on de viol lorsque de petites esclaves étaient "invitées" dans la couche du maître ?) celui qui ne l'a pas, non.

[*Cela se passe dans une plantation ou plutôt une "ferme d'élevage" au moment de l'interdiction de la traite (!) Un jeune fermier amoureux d'une esclave, contraint d'épouser la fille d'un planteur, la délaisse et l'humilie. Désespérée, celle-ci maltraite sa favorite qui ne lui en dit rien de peur de subir pire encore; lorsqu'il le découvre, il se venge durement, enferme sa femme etc. Folle de jalousie, pour se venger à son tour, celle-ci "viole" Mandingo (le menaçant de le dénoncer.. pour "viol" s'il se refuse!) se trouve enceinte et accouche d'un bébé métis (immédiatement tué ainsi qu'elle-même).]

Les choses ont-elles vraiment changé? Sur le fond, non : un puissant peut tout se permettre, du moins le croit-il (mais il peut se tromper.) Oui pourtant grâce aux mouvements de femmes, de noirs, à la prise de conscience.. Mais l'effet pervers des DI accordés aux victimes figurent malgré tout une sorte de prostitution forcée, ce qui sera à tous coups pointé par les violeurs et leurs séides : "pute", l'insulte suprême, la victime devenue objet d'opprobre. C'est par l'argent qu'elles subiront cette humiliation ajoutée. De plus, les DI, figurant une contravention pour stationnement interdit, minorent l'acte, transforment son sens. Peut-être n'y a-t-il cependant pas d'autre solution, l'argent étant au bout du compte hautement dissuasif (en plus de la prison, qui n'en est pas une également. -lien-)

LE DOSSIER
http://femmesavenir.blogspot.fr/2014/03/nous-nirons-plus-au-bois-le-viol-mini.html

Pour Aurélie,

la lettre de sa sœur Stéphanie




Pour Aurélie,une lettre de sa sœur Stéphanie
"Ma petite sœur, tu n’étais qu’une enfant de quatorze ans lorsque tu as choisi celui qui t’a détruit. Dès l’âge de seize ans, ce fut ton premier enfant. Mélissa, une jolie petite fille qui te ressemble tant. Le père disait que ça ne venait pas de lui et ce furent ses premières "colères".. Puis, il y eut toutes ces fois où il t’a imposé de voler pour se procurer de l’alcool. Et les premières baffes. Toi, tu acceptais tout. Les charges qui reposent sur toi seule, si jeune... et il te battait de plus en plus. Deux autres enfants arrivent, qui te seront retirés ; lui ne se sent coupable de rien.. Et de nouveau, des coups, mais des coups de pieds cette fois ! Vient alors ta première rupture d’anévrisme en 2008 où  le médecin qui m’a parlé de traumatisme… et la maison de repos, d'où un mois après, tu ressors aussi belle que toujours… Et ça continue, une nouvelle rupture d’anévrisme en 2010 et ta dégradation.. Tu avais du mal à marcher, tu n'arrivais plus à parler, nous ne te comprenions plus, tu ne communiquais avec nous que par texto, tu maigrissais, tu ne pouvais plus te nourrir seule.. et les coups encore!!! Et ce jour où nous avons demandé à cet homme de quitter le domicile et où tu as voulu arracher ta perfusion!!!!! car tu l’aimais plus que nous ! Il t’avait enfermée dans un engrenage et tu ne voyais plus que par lui. Ton opération ensuite, avec une sonde pour t’alimenter et le fauteuil roulant… et lui qui ne prenait aucun soin de toi, bien au contraire.. Tes hospitalisations ensuite durant cette semaine où tu as signé trois décharges ! Nous n’avions même pas été prévenus de la gravité de ton état… et enfin cette fin terrible. Je suis allée te dire au revoir sur ton lit d’hôpital, tu ne parlais plus, tu survivais avec des machines… Et ton décès le lundi 30 mai… C’est pour cela qu’aujourd’hui mon combat, c’est toi. Pour toi, j’ai décidé de créer une association pour défendre ces femmes battues comme toi. Pour dire stop aux violences commises sur les plus faibles et les plus démunis ! Tu resteras pour toujours ma petite sœur qui a rejoint les anges à l’âge de 23 ans. Je t’aime Aurélie, ma princesse."

Des questions tenaces : devant l'inexorable dégradation de l'état de la jeune femme, pourquoi n'y a-t-il pas eu de signalement de la part des médecins ou de l'hôpital ? Y en a-t-il eu ? N'ont-ils pas été pris en compte (pas de plainte)? Les anévrismes en série ont-ils été investigués ? Résultat ? N'est-il pas possible, même sans la demande de la victime, de judiciariser tout de même de tels actes? On a l'impression qu'Aurélie a été laissée sans défense à son bourreau durant des années sans que personne parmi les services sociaux, médicaux, policiers et judiciaires n'intervienne efficacement.. jusqu'à sa mort : un dysfonctionnement majeur de la société, médecine, police, justice confondues.. la société qui devrait prendre en compte de telles situations jusqu'à juger et condamner le coupable (lourdement) et s'occuper de la victime afin qu'elle ait un répit jusqu'à ce qu'elle puisse se reconstruire, sortir de cet état d'influence qui s'apparente à de la drogue.. et en tout cas soustraire de la société celui qui représente un tel danger non seulement pour sa/ses compagne/s mais pour tous. Une vie à vau l'eau. Une catastrophe ordinaire. Cinq orphelins. Un sentiment d'incroyable gâchis (lien).


Les femmes maltraitées, bafouées, profil.

Etrange, isn'it?



Extraits de "Le procès" (sur la violence contre les femmes, notamment la violence "blanche" -pas les coups.-)

"Les femmes maltraitées psychologiquement ou même battues par leurs compagnons, la plupart du temps, contrairement au cliché, ne sont pas des femmes dépendantes et soumises défavorisées (bien que cela arrive). Leur profil est au contraire souvent celui de femmes actives, performantes voire hyper performantes qui tiennent haut la main le ménage seules ou en premier, financièrement, matériellement.. et qui de fait, volontairement ou non, portent leurs compagnons à l’égal des enfants. C’est cette pseudo "infériorisation" du mâle qui, lorsqu’elle est mal assumée, peut générer sa frustration et dans les cas ultimes, des coups ou des tentatives parfois abouties de déstabiliser voire d’anéantir leurs compagnes (harcèlement, humiliations, infidélités ouvertes, notons le, souvent avec des femmes socialement ou intellectuellement inférieures ou qu’ils jugent telles, avec lesquelles le rapport de force s’infléchira en leur faveur, pour compenser, ou encore avec des professionnelles du sexe qu’ils peuvent dominer en échange d'honoraires)… voire des comportements aberrants (addictions, sur-dépenses, jeu)… aberrants et surtout mortifères parce qu’au bout du compte, tirant sur l’ambulance, ils paieront en premier le prix de leur saccage. Infantilisme ? Sans doute faut-il beaucoup de force ou de sagesse aux hommes pour accepter, dans une société machiste, que leur compagne porte en premier ou seule, le groupe familial et eux-mêmes avec. Et cependant c'est souvent le cas." Fait en 2009 "Le Procès" ou "Secret de famille" Photo (lien)