vendredi 8 août 2014

36 ieme jour, dialogue avec un scorpion

36 ieme jour sans eau ni électricité. Dialogue avec un scorpion au puits.


Je m'adapte. Il faut seulement se tenir à quelques disciplines, pas les mêmes qu'en ville dans une maison tout confort (par exemple je n'ai pas à me soucier de vérifier si tout est éteint avant de sortir, de disjoncter en cas d'orage, et de m'assurer que les robinets sont bien fermés etc...)

Cela devient un rite particulier et nécessaire. Réveil (nuit agitée, Yok n'a cessé d'aboyer, de s'agiter, vers 3 h, longtemps, bien plus que d'habitude, les blaireaux je suppose, enfin, j'espère, qui en prennent à leur aise maintenant qu'ils ont compris que le chien dormait dedans, dans un lit tout bêtement, si l'on peut dire. À moins qu'il n'ait attrapé des puces à la rivière.. Piquent-elles la nuit?) ; le rite donc, qui rassure. Vérifier l'eau et/ou aller en tirer au puits, c'est à dire à l'acol du haut, le seul problème car puiser est agréable, mais pas les escaliers avec le seau et l'arrosoir.
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Ni l'énorme scorpion (gros comme la clef- télécommande de la bagnole) qui squatte près de la porte, dans le buis...  Pas trop content hier, le type, du raffut que je faisais à une heure pour lui indue, encore un qui aime sa tranquillité... il a filé noblement queue en l'air et pinces ouvertes, ce qui signifie à n'en pas douter en langage scorpion : "c'est chez moi, j'ai mon trou et mes petits, dégage la métèque ou tu vas voir ce que tu vas voir, je lâche mes missiles". Je lui ai expliqué qu'on pouvait tout à fait partager cet énorme puits à deux, que je buvais peu et lui encore moins, bref qu'on n'allait pas lever les couleurs -c'est à dire la queue- pour ça.. je ne suis pas entrée dans les détails, sur la notion de propriété privée qui du reste ne jouait pas en ma faveur, il aurait pu me répondre légitimement d'un coup de pince que le pays de chacun est là où il vit... ni sur celle de travail genre cékikiacreuséleroc? qui aurait immanquablement entrainé celle d'héritage.. voire de droit du sol -opposé au droit du sang- bref on tournait à la Shoah et la bande de Gaza.... je ne suis donc pas étendue, pas plus d'ailleurs qu'avec la mère Kassecouillessionena, -celle qui a tenté de s'accaparer un chemin communal-, il ne faut pas charger inutilement l'esprit des gens et je ne suis pas sûre qu'elle aurait mieux compris que Jojo (car je l'ai appelé Jojo.) A-t-il saisi ? En tout cas il a disparu dans les profondeurs. Bon, l'eau, ça va. La lampe aussi, très important. Elle est à sa place et les piles tiennent. Le café. Ça ne va pas, hier chez Qsd, ils étaient en rupture de Azer, j'ai dû prendre du Azerty, dégueulasse... tant pis, il faudra faire avec. La tablette, ça va aussi, chargée à bloc.
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Il reste le câble à retendre pour Yok, que je suis obligée d'attacher tant qu'il n'y a pas de clôture sérieuse ; il a 30 mètres de long et avec une tirole, ça lui fait 150 mètres carrés, plus qu'une chambre d'enfant, avec ombre sous le tilleul et super niche. Mais tout de même, il n'aime pas jouer les auto tamponneuses, et puis, c'est tellement plus marrant d'aller de bon matin provoquer Brenus sur sa terrasse.. puis l'âne, suivis des chevaux sur la montagne etc.. jusqu'à St Sauveur peut-être, il est réveillé, de bonne humeur, la journée s'annonce belle, qu'on se le dise et que tout le monde en profite..
Miracle, il y a des jours comme ça!! un pote survient juste à ce moment, et un pote modèle géant et dégourdi, il le fait en un tournemain et sans échelle au début, (après, il peaufine, il est maniaque.) Je ne me prendrai plus les yeux dessus lorsque le passe le soir, ni personne. On dirait qu'il va pleuvoir. Si seulement ! La chaleur est accablante dehors. À l'intérieur, sous la voûte, tout est frais. Tess d'ailleurs refuse de sortir. Pas folle.
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Il reste à vérifier si les graptopetalum martyrisés par ce hon de chien ont commencé à germer. Je suis sûre.. J'admire les paysans, surtout ici... Là, il ne s'agit que de travaux de confort, rien du tout. Mais s'il fallait piocher, sous ce soleil de Satan, cette terre aride et dure, ces acols dont les murs ont été construits pierres à pierres pour la tenir.. pour vivre.. avec des ânes, c'est tout, les seuls animaux qui résistent ici. Ce qu'ont dû faire mes ancêtres. Étaient-ils heureux ? Certains sont allés travailler à la mine: un repos à côté. Oui, peut-être étaient-ils heureux tout de même. Puis il y a eu la guerre... et beaucoup sont morts dans le froid d'un pays dont ils ne connaissaient pas les fleurs.

Chaleur de plomb. Yok veut tout de même rester avec moi (je "finis" les plantations de graptopetalum qu'il a saccagées, certaines feuilles ont déjà un minuscule point vers leur section, presque rien mais c'est la vie qui repart, jeune, intacte, prometteuse sous peu d'une superbe rosace;  je les arrose avec précaution avec une eau tiède et boueuse -pas celle du puits, glacée-). Il est museau à terre, épuisé, triste, de surcroît attaché à la tirole. Je le plains. J'ouvre : la pièce voûtée, sombre, est merveilleusement fraîche, pas la fraîcheur bruyante et malsaine des clim mais une fraîcheur naturelle, reposante, l'Éden après l'Hadès. Pas la moindre mouche ni moustique. Il hésite, il sait que je vais ressortir et ne saurait me laisser seule dehors avec tous ces ennemis qui rôdent, ces insupportables blaireaux par exemple qui font des trous partout (mmmm comme lui!) même à 16 heures. Puis il craque et s'effondre sur le sol, avec comme un regard d'excuse. On n'est pas un héros  24 h sur 24 après tout. Tess lui jette un vague coup d'œil condescendant : "Alors, tu t'es bien rôti dehors, petit hon?" et se rendort aussitôt. Ces jeunes! Soupirs. 

J'y retourne, si seulement il pouvait pleuvoir. Les porcelaines sont roses vers le bout des feuilles, normalement d'un bleu tendre tirant sur le vert, c'est un signe, en principe fiable. Ça a enfin figure.. pas humaine mais graptopetalumesque et non champs de ruines Yokiennes. Mais il ne pleut pas. Les graptopetalums roses mon cul comme dirait Zazie, ils ont menti. Question : les plantes peuvent -telles mentir? Oui, la preuve. Lavage et oups détente chez Momo pour envoyer.

jeudi 7 août 2014

Les hommes pédophiles qui cherchent des enfant/es de substitution

Le plus simple est encore de les choisir parmi les "leurs"... et/ou de trouver une femme à l'allure d'enfant..
comme Mia Farrow, avec son look d'adolescente (les grandes différences d'âge dans un couple, au "bénéficie" de l'homme aussi sont révélatrices).. Ici, on a des enfants -certes la plupart adoptés, onze en tout-.. et une .. comment dire? "liaison" (!?) découverte par Mia Farrow entre une de leurs filles, coréenne et le père Woody Allen (des photos porno de la gamine prises par le "papa").. "liaison" non démentie ("je suis tombé amoureux"a-t-il eu le front de dire!) puisqu'ils se sont mariés.. et ont eu deux enfants. Différence d'âge entre les deux? Autour de 35 ans. Ici, on est dans le cas "Siegrid", puisque la fille est non seulement consentante (sauf qu'à 17 ? ans son consentement ne vaut pas, surtout pour un acte sexuel "avec ascendant ou personne ayant autorité") mais dézingue durement sa mère. Elle est la nouvelle favorite (car il semble qu'il y en ait ou qu'il y en ait eu d'autres, bien plus jeunes!) Rien jusqu'à présent, il court toujours.

Moralité, quand voius êtes pédophiles, adoptez des gamins ; si ce n'est pas possible, une mère porteuse fait aussi l'affaire, ainsi qu'en atteste le gus déjà condamné x fois pour pédophilie qui a eu par "PMA" des jumeaux.. dont du reste il a refusé l'un, trisomique, mais pris l'autre.. et qui a eu le toupet de clamer l'injustice qu'il avait subie, de sorte qu'il a attiré l'attention sur lui.. et que son passé a ainsi été découvert ! À l'aise, le gus!

LA MORT D'UN PARRAIN


Les gens dont on dit qu'ils sont "comme ça"
Que ressent-on lorsque quelqu'un qui a bousillé votre existence est sur le point de mourir? Rien. Une vague pitié, vite chassée, une peine, non pour la personne mais pour la mort en général. Ça vous fait penser à d'autres morts, Gustau, Lisa.. infiniment plus regrettables, c'est tout. Moche? Oui. C'est ainsi.

Cela peut a posteriori expliquer de dramatiques dissensions dans un couple bi culturel, ("mixte" comme disent les imbéciles, comme si tous les couples ne l'étaient pas.) On sent, on sait, on devine que l'on ne peut pas aimer les mêmes personnes et de la même manière, surtout celles qui sont responsables de vos.. disons ennuis..  (mais à qui l'autre pardonne volontiers... bof, c'est pas grave, "il est comme ça".. Raciste? Tu plaisantes, non pas du tout, pas vraiment, il a juste peur des autres, des non azerty, c'est tout".) Comment tolérer que ce qui vous broie jusqu'aux moelles soit indifférent à celui ou celle que vous aimez? (Ou seulement douloureux par vous interposé ?) Cela joue dans les deux sens. D'où parfois la haine. (La salope, elle s'en fout carrément et ne cherche même pas à le cacher..)

34 ieme jour sans eau ni électricité, spleen, tristes Cévennes

 Une oeuvre d'art, de Josée, qui n'aimait ni rester inactive, ni acheter -ou que Marguerite achète- ce qu'on avait déjà. Comme moi. Elle avait - en un sens- été jetée au rebut, elle s'attachait à faire revivre les objets également mis au rebut d'une autre vie, meilleure ! 



Temps gris, d'automne, ce n'est pas plus mal. Est-ce l'absence de café ou sa diminution drastique ? Un peu de déprime ce matin, cauchemars même! ce qui ne m'arrive jamais. Ou la mésaventure d'hier soir -il faisait nuit- en allant marcher vers les "Trois pins" avec les chiens? Une voiture lancée à fond a failli nous écraser ; en entendant le vrombissement et voyant les phares, j'ai tiré Tess par la laisse.. qui a lâché  si bien qu'elle s'est retrouvée au milieu, seule.. j'avais mon gilet fluo et une lampe, je me suis précipitée vers elle et le gars a obliqué au dernier moment.

Ici, il n'y a quasiment plus de chemins pour marcher, à moins d'être un randonneur tout terrain grimpant les sentes caillouteuse... mais même les chemins de randonnées ou les chemins tout court ont parfois été barrés ou rendus impraticables par des riverains, surtout s'ils conduisent à la rivière, de toutes manières polluée. Pour leur "tranquillité"!  Ou pour le fric : une maison longée par un chemin communal, surtout s'il est en surplomb ayant moins de valeur à la revente ou à la location d'été, le barrer fait une plus value assurée. Trois ou quatre pèlerins par jour et ça les dérange, il y a des gens comme ça. Si on y ajoute les hons en voiture, fini les longues ballades. Un peu de tristesse, devant la passivité de ceux qui laissent faire. Lorsque j'ai ré ouvert le chemin de la Roque, ce fut, outre le défrichage et le tronçonnage de troncs élégamment jetés en travers! (sportif).. un vrai combat avec le riverain. Gagné mais bon, pourquoi moi?..

Les Cévennes ont été bradées. Les vieux ne peuvent plus se défendre et des investisseurs en profitent pour accaparer des chemins, des sites voire des terres.. et en sus y opérer quelques saccages écologiques (abattage de ripisylves par exemple.) Lydie était navrée de la "coupe" du chemin de la Roque et parfois elle le disait : c'est en souvenir d'elle et de Guy que je l'ai ré ouvert, mais elle ne l'a pas vu. Demain est l'anniversaire de sa mort. Il me semble que c'était hier.

Au fond, tant mieux que mon hon de chien ait saccagé le massif de porcelaines, le temps et les efforts effectués pour rattraper le saccage m'ont occupé l'esprit et un peu fatiguée, j'y ai moins pensé. À peu près 9 h non stop le jour même (!) : en fait, il n'y avait pas 200 feuilles à ramasser dans l'herbe et à mettre en pot, mais, j'ai compté hier, 380 ! Et hier encore, il m'a fallu 2 ou 3 h pour les disposer de sorte que tous les plans soient arrosés par la pluie, je ne vais pas rester tout le temps, cette maison où je suis seule à présent me pèse et me colle comme un enfant superbe mais encombrant qui ne se résoud pas à vous quitter pour devenir autonome. Il reste à tondre et à élaguer deux ou trois lauriers devenus énormes. En aurais-je le courage? Il le faudra.

J'admire Marguerite qui y est restée seule si longtemps - avec moi aux vacances- ... et ensuite avec sa "jeune" soeur, Jo, ma douce tante, une quasi sainte durant 90 jours, se levant aux aurores pour que son aînée n'ait pas à faire la lessive (malgré ses ? 40 kg à peine et ses problèmes de hanche).. se bousillant les yeux pour trier des petits oignons sauvages que j'aimais tant.. et qui, un jour par ? 90? 100? se changeait en une sorte de démon clastique imprévisible et délirant..  Jo donc qu'il avait fallu mettre en HP, et, que, contre avis médical et surtout contre avis de Lydie (qui avait peur pour sa mère) elle en avait sortie! Il n'y eut plus de drames, ou minimes, jusqu'à la fin des deux femmes. Jo, toujours soucieuse de mériter une existence qu'elle devait croire usurpée (ni mari ni enfants, du coup elle avait en partie élevé ma mère et mon oncle, soigné sa mère jusqu'au bout tout en travaillant dans son magasin de modes puis de fleurs, Jo, une "sacrifiée" familiale - aimée cependant et même enfant, adulée par ses aînés-.. comme le sont parfois les dernières nées si elles sont restées célibataires). Jo ne cessait de s'activer, tout le temps, ménage, tout reluisait à lécher le sol, jardin, un superbe potager malgré la terre aride, dont elle enlevait les pierres! reprisages infinis le soir (il y a des couvertures qui sont de vraies oeuvres d'art, avec plus de reprises que de tissus (image) etc..

Elles me manquent tant toutes les trois. Leur ai-je assez dit, ou manifesté -car ici on ne dit pas, on n'embrasse pas ou très peu, on agit- que je les aimais autant? Non, sans doute, surtout Lydie, qui, il faut dire, était parfois.. passons : la guerre, le Puits de Célas, ça ne vous fait pas une jeunesse folle, d'où les dommages collatéraux pour la génération suivante, celle d'après guerre (48-50), la mienne. À nous aussi, il a fallu montrer, prouver à chaque instant de notre vie que nous méritions une existence involontaire qui, bien qu'en étant en un sens issue, jamais ne remplacerait celles, infiniment meilleures que la nôtre, des disparus dans l'horreur sous la schlague nazie.


Je viens de relire "Le dernier voyage" de Jorges Semprun, un héros, philosophe, auteur, espagnol républicain tendance libertaire devenu maquisard, puis déporté à Buchenwald, beau comme un Dieu en plus, et écrivain extraordinaire... -juste un poil, ô, très léger, de sexisme qu'il est le seul à qui on peut le pardonner, relié à ses hormones sans doute un peu excessives ! une santé de fer, Jorges, qui pense en premier aux jambes des visiteuses du camp et même sûrement à plus sans qu'il n'ose le dire.. lorsqu'il en sort juste lui même!-.. l'homme et l'auteur que j'admire le plus, ça doit l'origine de ce spleen. Et pourtant il parvient à être drôle, désopilant même. Lisez le et qu'on se le dise : quiconque -à part les analphabètes bien sûr- qui ne l'a pas lu est un hon définitif et irrattrapable.

mardi 5 août 2014

Yok.. Il y a des jours où je HAIS les chiens!


Un massif de graptopetalum paragayense dont j'étais très fière. Un petit boulot.. Et 3 ans après ! ! Presque sans soins. Mais... Yok survint..




À peine gêné, le type!! ...

 Après 9 h de boulot..


















Chaque pétale planté fait une rosace c'est à dire une plante entière. Il en avait 200 éparpillés sur l'herbe. Dans quelques temps, le massif sera encore plus important, mais.. 70 pots, la terre à piocher, à mettre.. Et surtout le massif à reconstruire vaille que vaille! 9 h sous la cagne ! !

dimanche 3 août 2014

Les urgences de l'hôpital d'Alès, parcours..



Spasme œsophagien vers 2 h du matin, ce n'est pas la première fois, j'ai l'habitude, mais là, c'est plus fort et ça ne passe pas. J'ai dû manger trop vite? Mon père avait la même chose, relié disait-il à une hernie hiatale. Douleur, tentative de vomir, c'est bloqué dans tous les sens, comme si une corde serrait mon estomac ou mon œsophage, mais pas au bon endroit. Vers 3 h et demi, je me décide, je file à l'hosto, tout en me doutant que ce ne serait pas simple.. mais pas à ce point.

Dès que l'on arrive, juste avant l'entrée, d'énormes panneaux publicitaires pour pompes funèbres mettent une ambiance festive. Certes on sait que l'hosto n'est pas top mais tout de même il ne faut pas anticiper..

Plus ennuyeux est l'accès des.. URGENCES (!)  ronds points qui éloignent, puis autres ronds points qui rapprochent, coupant la route de St A. sur laquelle je manque de m'engager, mais comme j'en viens, j'ai un doute, panneaux illisibles ou lisibles seulement lorsqu'on est dessus etc.. ouf j'y suis. Une salle avec quelques pèlerins, trois. Où dois-je aller ? Des affiches dont l'une est franchement menaçante (image). (Suite demain. Momo ferme !!!)

Menaçante et hypocrite, cette affiche, admirons ici le "pour votre sécurité" ! Si j'étais un sans papier, devant un tel avertissement, je filerais, même sur un seul pied, et le : "les données vous concernant.. resteront confidentielles", un comique involontaire car juste en face, sur une porte fermée, est inscrit "réservé à la police" (!)

Il est 4h5. Dans ce qui semble une salle d'attente, vaste, trois pèlerins donc, tristes voire désespérés. (À ce moment, il n'y en a aucun apparemment de très mal en point, du moins de manière visible.) Personne côté administratif, derrière une vitre, c'est même éteint ou à peine éclairé. Mais par contre, des panneaux marqués "étapes" (images) ! J'en suis donc à l'etape  et je dois attendre sans frapper à la vitre. J'attends. Sans frapper comme il m'est ordonné. Derrière une porte à deux vanteaux, j'entends des cris : "Ouvrez les yeux Monsieur.." et quelques propos qui n'ont rien de tragique. C'est un jeune alcoolisé qui décuite péniblement. Dix minutes. Ma douleur se calme un peu mais en certains cas, dix minutes, c'est la mort.. tout simplement. Enfin passe une jeune femme au fond de la pièce et malgré l'ordre, je frappe, elle vient au guichet. C'est pour quoi? J'hésite à lui répondre "pour une invitation à une rave party" et j'explique.. précisant que ça s'est calmé depuis que j'attends. Je n'étais pas au bon guichet me dit-elle (mais de toutes manières, il n'y avait personne non plus à l'autre.) Elle me demande de "faire l'admission". ? Oui, il faut passer par là à présent. C'est la porte de derrière, juste à côté de celle marquée "police" (!) ; elle me demande de ne pas frapper, (malgré l'écriteau, image) et d'attendre car il y a déjà quelqu'un. J'attends donc. Puis, malgré l'ordre, je frappe. Rien. Y a-t-il seulement quelqu'un? Je doute. Silence. Je tente alors d'ouvrir, et là, enfin, une voix me demande.. d'attendre.

Peu après, un homme sort -le père du jeune cuitard- et je rentre. Nom, prénom, suis-je déjà venue -oui- ça simplifie... mais tout de même je vois la jeune fille lire quelque chose assez longuement sur son écran, 3 ? 5 ? minutes. Précision: depuis que la douleur est calmée, j'écris -ceci- sur un cahier, avec les heures notées au fur et à mesure. En fait, il y a longtemps que je serais partie sans cela mais je veux voir comment ça se passe et relater. "C'est bien, allez dans la salle.".. "Ça va durer longtemps?" .. ""Non, ce sera très rapide" me répond-elle, souriante. J'y retourne donc. Cette fois, est arrivé un jeune assez amoché -plus que je ne crois même car je n'ose pas le fixer- un oeil visiblement comme cousu, bleuâtre.. Et toujours le monsieur moustachu qui tassé sur sa chaise, ne dit rien, comme figé. Les deux homo qui étaient déjà là à mon arrivée semblent à présent effondrés, l'un, la tête posée sur les genoux de l'autre, semble dormir à demi. Cette fois, je prends des photos des panneaux avec mon portable. Très vite, arrive un jeune infirmier sympa -en fait tous le sont, la question est seulement qu'ils sont en sous effectif-.. Pour moi!! O stupeur !

Là, je suis un peu gênée. Pourquoi MOI? Pourquoi me fait-on passer avant tout le monde (surtout le jeune amoché dont je verrai alors l'état réel.) Le gars me répond évasivement.. Il ne sait pas, ce sont peut-être les familles.. Pour le père du petit hon, soit, pour le monsieur moustachu, peut être, mais sûrement pas pour le jeune homo ni surtout pour le blessé à l'oeil. Mais je n'insiste pas. (En fait, ils ont peut être cru à un infarctus, mais si ça avait été le cas..?! pas de médecin donc... ) Il me conduit derrière une porte dans un couloir.. Puis me laisse et file .. Aux ordres?

Et là, j'entends alors "J'EN FAIS QUOI? JE LA METS EN BOX?" et la réponse de la jeune infirmière à laquelle j'avais parlé -une minute- derrière la vitre -et que j'avais trouvée sympa!- fuse, sonore : tu la fais déshabiller, tu la mets sur un brancard, TU LA PARAMÈTRES (!) ET TU LA METS EN BOX." Je n'ose imaginer qu'il s'agisse de moi, Hélène Larrivé, auteure connue etc... SI !!! Le gars revient me proposer ces réjouissances. Je refuse. Il sourit -pourquoi ai-je l'impression soudain d'être une allumée qu'il faut manier avec art?- : "c'est obligé, si on veut vous soigner.".. "Mais on ne sait pas ce que j'ai..".."Justement c'est pour savoir." Pour la température, la tension etc.. OK mais je ne veux pas me déshabiller et m'allonger -de surcroît, je crains que la position ne réactive le spasme-. "Mais c'est la procédure.".. "Je vous dis que m'allonger risque de faire repartir le truc, j'ai du reste expliqué à votre collègue que ce sont EXACTEMENT les mêmes symptômes qu'avait mon père, dont il disait qu'ils étaient reliés à une hernie hiatale." Il file chercher l'autre. Parlementations, mêmes réponses, mais plus sioux. "En ce cas il vous faut retourner dans la salle d'attente ET ÇA PRENDRA DU TEMPS, COMBIEN, JE JE PEUX PAS VOUS DIRE, LES TROIS MEDECINS SONT EN VILLE POUR UN ACCIDENT ET ON NE SAIT PAS QUAND ILS VONT REVENIR.." Je m'abstiens de répondre que je ne vois pas en quoi être sur un brancard dépiueutée ferait venir plus vite les médecins mais refuse tout de même la "procédure". Elle rétorque que ce n'est pas prudent, je la rassure, j'ai hélas vu mourir Lydie d'infarctus et ce ne sont pas les symptômes, elle ne se démonte pas et, inquiète -ou faisant semblant?- me répond qu'elle a vu en 10 ? ans pas mal de gens avec des infarctus et qu'on peut tout à fait confondre, certains ont mal à l'épaule, d'autres ailleurs.. Non. Je refuse toujours -à partir de ce moment, j'ai l'impression que l'on cherche à m'amuser, pour occuper le temps en l'absence de médecins.. ou est-ce que je deviens parano?-. Paramétrage donc, tension, un peu élevée -tu m'étonnes !- mais excellente amplitude, ça me ferait mal avec  10 km de marche/jour! température -dans l'oreille, merveille, le trouduc ne sert plus à "ça"-.. ok, et je retourne en salle.

J'écris. Ce n'est pas grand chose certes mais si c'était grave, ce serait pareil! Dans la salle, d'autres pèlerins sont arrivés, les deux homos semblent de plus en plus épuisés-désespérés.. il est 6 heures à présent. Je suis là depuis 4 h environ, eux forcément bien avant moi. Je n'ai pas vu de médecin et il n'en est pas question encore puisqu'il n'y en a pas... et qu'on ne peut donner aucune heure pour la venue d'un Messie. J'écris toujours. Soudain, survient l'infirmier, encore. Il re veut me "paramétrer" !? Température etc.. MAIS VOUS L'AVEZ DÉJÀ PRISE !! Ah oui c'est vrai ! Mais il faut aussi... une dextro. Là encore, j'ai l'impression que l'on cherche à m'isoler de la foutue salle, ce n'est pas sûr, mais tout de même, j'ai du mal à croire -d'autant que j'ai signalé haut et fort que le spasme était passé ! !- que je suis le cas le plus lourd, surtout lorsqu'on voit le jeune à l'œil recousu et les deux homos blêmes enlacés, visiblement à bout. Tout va bien pour la dextro me dit-il, satisfait. Je l'interroge: un des médecins est-il revenu? Il ne sait pas. Il me demande aimablement d'attendre en box, "mais assise puisque vous ne voulez pas vous allonger." J'attends. J'écris.

Passe enfin devant la porte ouverte un gus qui srmble affairé -mais lent-.. qui ne daigne pas jeter un coup d'oeil vers mon "box", un médecin, c'est sur ! Comment font-ils pour qu'on les distingue sans erreur des autres personnels, des infirmiers? Allure, démarche -même celui-là qui semble mal réveillé- posture, expressions.. c'est indéfinissable mais tout dans leur être clame "CÉMOI" l'homme,  qu'on se le dise. Je ne me suis pas trompée. Il prend connaissance -apparemment- sur l'ordi du truc (le truc, c'est moi) un peu longuet (au fait, le coup des médecins -ou DU médecin unique?- retenu en ville par un accident serait-il du flan? Le fait est qu'il a plutôt l'air de sortir du pieu que d'une réa difficile*) puis le voici! Aimable, il me salue. "Alors?".. "J'avais... bla bla mais depuis que j'attends ça a passé.." Il me demande de m'allonger, me palpe le ventre, pas de douleur, m'ausculte trois secondes et hop! Il veut me prescrire du Gamachin, je n'ose pas refuser pour ne pas le fâcher mais je sais que je ferai un brouillon de la feuille tout de suite. Ça a duré ? 2 ou 3 minutes. Mais ma bonté me perdra, j'ai dû attendre 5 mn la feuille, entre temps il avait filé, triple zut, je n'ai même pas pensé à lui demander si un stress récent pouvait expliquer le truc, tant pis, le net n'est pas fait pour les chiens. C'est un libanais, probablement, depuis la guerre, il y a beaucoup -voire tous- de médecins libanais ou maghrébins dans cet hôpital, certains excellents -en psychiatrie- (cf "Noces kurdes". L'un d'eux m'avait dit que, réfugiés, ils prenaient ce qu'on leur offrait, même sous payés, dans un hosto en sous effectif...)

Des gens en meurent: ma mère, d'un infarctus alors qu'il n'y avait aucun médecin dans la clinique, et récemment, une jeune femme, à la suite d'une simple chute; sa mère l'a conduite aux urgences, le médecin l'a laissée partir sans même la faire panser, ni appeler l'ambulance à laquelle paraît-il elle n'avait pas droit (?) elles sont rentrées, le lendemain le généraliste l'a renvoyée à l'hôpital, où cette fois on l'a examinée sérieusement : elle avait la boite crânienne enfoncée et une partie du cerveau détachée. Elle est morte dans la nuit. Des histoires de ce type, on en entend tout le temps.

Je sors, avec l'impression d'un voyage dans un monde de fous ou dans l'enfer de Dante, le jour est levé, il est 7 heures moins 10, dans la salle le jeune couturé attend toujours, ainsi que les deux homo dont l'un s'est endormi, le monsieur moustachu -là bien avant moi- toujours impassible.. et d'autres arrivés entre temps. Dehors, toujours les publicités de pompes funèbres.

*ce matin, dans M.L. il n'y a rien de signalé.




26 ieme jour. Vivre sans eau ni électricité, ça se gâte.. il y a des jours ou je hais les hommes.

Cela n'a pas forcément à voir avec mon mode de vie, si ce n'est peut-être que la fatigue accentue parfois l'agacement (mais d'autres fois, c'est le contraire) mais..

.. par moments, j'ai l'impression de détester le genre humain, enfin non, pas le genre humain en totalité, certains seulement.. (faudrait voir à pas virer Tatie Danielle.)Tout à l'heure, après que Momo ait fermé, (à 10 h et demi?!) j'ai fait un tour au foirail de mon enfance...  le kiosque, dont j'avais oublié la parfaite acoustique, (en appelant Yok, ma voix a résonné comme dans un théâtre -on savait construire autrefois-.) De même, dans les arènes, (de Nîmes en tout cas), du DERNIER étage (!) on entend sur la piste le DÉCLIC D'UN APPAREIL PHOTO! 

Puis nous sommes montés avec le chien jusqu'à la gare, toujours de mon enfance, à présent vide et même vendue... la bagnole a tout changé, unissant et séparant les gens, il y a ceux qui "en ont", et ceux qui "n'en ont pas", qui marchent, les vieux souvent, les pauvrissimes, les femmes parfois, marginalisés. Il reste les cars encore.. Mais pour combien de temps?

Bonne nouvelle, le chiotte y est toujours mais ne pue plus, ce qui explique qu'avant hier, j'avais cru qu'on l'avait viré.... C'est ma Madeleine en somme, (on a les Madeleines qu'on peut), l'odeur m'a un peu manqué. Temps moyen, ce qui me convient, la pluie cet après-midi et hier soir a soulagé la terre et le tilleul. Des boulistes, juste un petit groupe, et, MIRACLE, une femme parmi eux. Rare. Ça va mieux. Une femme, pensez, à 11 heures passées. 

Vers la gare, l'escalier monumental de la photo de ma mère à ? 15 ans, en short (très osé à l'époque ! Et pourtant c'était style Baden Powell, pas sexy pour deux ronds!) chevauchant le mur qui fait garde corps.. et en le cas, toboggan (encore plus osé ! Autant dire quasi porno!) éclatante de vitalité sous l'œil admiratif de ses copines derrière, sagement assises sur les marches, en jupe, genoux serrés. Lydie!

C'est là, un peu plus haut, que Pierre-Albert Clément, (un résistant) a perdu son bras à la Libération. Il gardait avec quelques camarades du maquis -en très petit nombre, 4 seulement je crois- le village récemment libéré (seul) et administré par un Comité de Libération (où se trouvait Lydie) lorsque quelques desesperados miliciens déterminés à faire le plus de dégâts possible avant d'en finir, des "vrais", en un sens plus respectables que ceux qui avaient fui à grande allure avec leur fric,  l'attaquèrent... ça s'est passé en quelques secondes, il tira des deux mains, les ou l'autre aussi, lui depuis la petite plateforme qui faisait comme une tour de gué, ils les 'plièrent" tout de suite.. mais lorsqu'il se regarda juste après, son bras droit, touché, pendait, il n'avait absolument rien senti. À l'hosto, le chirurgien totalement épuisé qui n'avait pas dormi depuis des lustres lui demanda "qu'est-ce que tu fais dans le civil?"il répondit "étudiant en droit" et l'autre, soulagé (!) : "bon, tu n'as pas besoin de tes deux bras pour devenir juge ou avocat" et il l'amputa, il y avait des blessés plus graves partout qui attendaient. Pierre a ainsi peut-être (non, sûrement!) sauvé la vie de ma mère -et des autres membres du Comité qui siégeait nuit et jour non stop.-

Ça devient trop sombre, nous retournons au foirail, éclairé... On passe devant le camion-baraque d'Albert, le pizzaiole égyptien, qui plie boutique, comme Hamid, à l'Esplanade, l'ancien café de mon oncle, puis on monte vers le stade. Un petit jardin, plus exactement un square, bien fermé a été aménagé devant la maison des associations où tout semble éteint ce soir comme souvent.

Des rires aigus, des cris dont on ne sait s'ils sont de colère ou de joie, on s'interpelle -avec un fort accent- sur les bancs du square.. Je m'approche, c'est un petit groupe de jeunes -en fait deux hommes et trois femmes seulement, je les croyais plus nombreux- avec des poussettes autour d'eux et des gamins qui jouent, qu'une des femmes engueule... À la fois sympathique et incongru -il est onze heures et demi et le temps maussade de toute la journée ne semble pas justifier une sortie surtout si tardive avec des tout petits.-

Je regarde les panneaux d'entrée. Rien de marqué. J'entrouvre le portillon : "Ça vous gène que j'entre avec mon chien?" Une des femmes, visiblement la chef, me répond très fort : "c'est interdit, c'est marqué". J'objecte : "Non, justement, il n'y a rien de marqué à la porte. C'est pourquoi ma question." Un des "hommes" (25 ans? Peut-être un peu plus?) un tout petit gringalet excité se met alors de la partie, mais un ton plus haut (c'est un mâle, forcément) : "Si c'est écrit !" Il me fait presque douter, je me recule, vérifie. "Non, il n'y a rien, je vous assure." La femme, (très corpulente, qui semble plus âgée que le mec, à moins que de trop nombreuses maternités ne l'aient déjà prématurément vieillie) qui vient de talocher son (ou un) gosse fatigué qui braille, reprend aussitôt avec son insupportable accent :  "bé c'est qu'ils l'ont enlevé.. Mais les jardins, c'est fait pour les enfants, pas pour les chiens, non? Les chiens, c'est sale!" je n'insiste pas et m'en retourne à la voiture.. lorsque par chance, il se met à bruiner... 

De loin j'entends gueuler "on va se saucer.. Brian! Marvin! Johnny! Ouste! " et la troupe des valeureux reproducteurs américains, poussettes en ordre de bataille suivie de leur avant-dernière ponte lève enfin le camp, merci Jésus, on peut y aller.

Yok a refusé de jouer avec les canettes de bière vides qui jonchaient le sol autour de leur banc, il préfère les bâtons... et les kleenex (merdeux? Morveux? Dieu seul le sait) et avait la prétention de s'en faire un apéricube avant la pâtée de médianoche. C'est vrai qu'un chien, c'est sale.

Oui, il y a des jours où je déteste le genre humain. Puis ça passe.

samedi 2 août 2014

Comment créer de la folie. Le téléphone, un outil de pervers

Le téléphone, la meilleure et la pire des choses (Socrate, parlant du langage) ou l'art et la manière de créer de la "folie", des exemples qui parleront à beaucoup.

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Premier exemple :
1 Il vous appelle. Ton amical, intime, voire.. amoureux. Logos à l'avenant. (Il peut même vous demander pardon s'il a eu l'attitude inverse la veille.) Soudain il s'interrompt (le maçon vient d'arriver) et vous dit qu'il va vous appeler d'ici une demi heure, il vous aime etc..
2 Il ne rappelle pas. Vous êtes inquiète : il est seul dans une maison en chantier, en province proche, et.. pas très dégourdi.
3 Après une hésitation assez longue, vous rappelez vers 11 heures. (Aurait-il eu un accident ?) Il vous répond sèchement qu'il est occupé, il dort presque etc.. En gros, vous le dérangez..

EXPLICATION
La première fois, il était seul (et avait sans doute un peu de temps.. voire se trouvait aux WC, sa spécialité.) La seconde, et il savait que ce serait le cas! il était avec quelqu'un..  à qui il laisse entendre que vous le harcelez. Si vous, êtes en colère, et vous avez toutes les raisons de l'être, c'est encore mieux. Un ou plusieurs "calme toi voyons" ne fait pas mal dans le scénar. Le fait est! 1 à cause du ton impersonnel, glacé, contrastant avec celui de son appel. 2 de la présence de ce "quelqu'un" en province dans une maison en chantier. Il vous répond qu'il est "rentré" à Paris et que du reste il vous avait dit qu'il allait partir (sous entendu qu'il ne fallait pas l'appeler.) Faux. Vous lui demandez pourquoi lui n'a pas rappelé comme prévu, il vous répond.. Que vous lui avez raccroché au nez. (!) Raccroché, oui, mais après qu'il ait lui même interrompu. Pas du tout. D'ailleurs vous le faites souvent et il a l'habitude. Oui, mais pas cette fois là. Si, absolument, vous l'avez planté là, c'est pour cela qu'il n'a pas rappelé etc etc..

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La personne- témoin peut être n'importe qui, l'idéal étant bien sur quelqu'un qui ne vous apprécie pas (par exemple par racisme ou simple jalousie) qui sera toute prête à compatir et à diffuser largement autour de lui votre "folie" et l'enfer que vous lui faites subir. CE N'EST PAS LUI QUI LE POINTE, C'EST QUELQU'UN D'AUTRE QUI L'A "VÉCU" EN DIRECT, LUI PEUT MÊME VOUS "DÉFENDRE" (!).. Cela peut aussi être une secrétaire, (il vous appelle et vous demande de rappeler dans une heure, vous le faites et la secrétaire, embarrassée, refuse de vous le passer ; indignée vous protestez, elle vous avoue qu'elle a des ordres absolus -il n'est pas un patron facile-.) Ainsi pourra-elle attester de vos appels insistants intempestifs. (Là, ça n'a pas marché, elle le connaissait bien et vous aussi.) Lorsque vous protestez ensuite, il vous assure qu'il a eu une réunion impromptue très importante.. dont sa carrière dépendait. (!) Une fois, soit. Pas dix.

25 ieme jour. Graptopetalum paragayense ou "porcelaine", une plante grasse magnifique


À l'origine, une ou deux rosaces et quelques feuilles tombées prise à Mme V... Et un an après, quasiment sans soins -mais beaucoup de soleil- voilà ce que ça donne. J'ai ramassé les feuilles tombées et les ai mises en pot. D'ici peu, ça fera plusieurs autres massifs tout aussi importants. Lorsqu'elle rosit, la porcelaine annonce la pluie. Ça n'a pas manqué. 

vendredi 1 août 2014

24 ieme jour. Des travaux et des jours.. et analyse de la notion de haine

J'ai débarrassé un olivier d'un lierre qui l'étouffait, et de deux mûriers du Japon -une engeance envahissante- qui poussaient au milieu jusqu'à lui prendre le soleil car ils étaient déjà hauts. Tache anodine avec un bon sécateur et une scie.. Mais qui à cause de la chaleur m'a mise en eau et fatiguée. Re lavage même des cheveux. Mais l'olivier semble satisfait, libéré. Yok s'est encore sauvé, pas longtemps, par chez K (qui n'est pas chaud pour une clôture, cependant à présent indispensable.) Il est revenu par le portail, tout content, après avoir provoqué Brenus sur son balcon. Je l'ai entendu aboyer. Du coup, l'âne s'y met et ensuite parfois les chevaux sur la montagne. Réaction en chaîne.

J'ai fait un peu de philo si l'on peut dire cette nuit.
Une réponse à qui me dit par mail "pourquoi cette haine? La haine dévaste tout."

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LA HAINE, UNE QUESTION DE KINÉSITHÉRAPIE PSYCHIQUE

La haine ? C'est un concept trop vaste, fourre tout. Si par haine tu entends la réaction de réponse à une haine infligée, alors oui, je dois éprouver plus ou moins quelque chose qui y ressemble. Mais je dirais plutôt un sentiment de dignité ou de simple justice (de désarroi aussi puisque l'avant veille encore tu m'avais dit l'inverse, passionnément.) Le désir de vivre, le vouloir vivre déniés par la haine ou le mépris, exacerbés, explosent, aussi violents que ce qui a été infligé et dans les mêmes proportions... pour seulement se rétablir. C'est comme un muscle que l'a trop fait travailler dans un sens (d'où risque de lumbago) que l'on doit immédiatement faire travailler dans l'autre (ou solliciter les muscles antagonistes) pour corriger le déséquilibre acquis.. De même, lorsque j'ai soulève 10 kgs du sol, je m'astreins à puiser même sans nécessité pour corriger l'hyperlordose suscitée par le lever et le transport de la charge.

C'est cela ou consentir à un "lumbago psychique", voire à la mort psychique, intellectuelle, affective, sexuelle.. Les saints ou les martyrs, les stoïciens (ou les Aspergers !) optent souvent pour ce consentement, sans doute parce qu'ils ne ressentent rien (ou pas aussi fort) ou qu'ils pensent pouvoir survivre malgré tout d'une autre manière, dans un au delà ou ici même, se faisant comme Socrate exemplaires pour des générations.

Je ne le fais pas, du moins autant qu'il est possible, formatée comme un chien de guerre (dont la seule faiblesse, mais elle est de taille, serait l'amour.)
Ce vouloir vivre qui explose passe-t-il par un désir acté de vengeance? Il passe en fait par n'importe quoi, comme la vapeur d'une cocotte qui bout passe par toutes les issues qu'elle trouve voire en créé s'il n'y en a pas. Mais ce n'est pas la souffrance éventuellement suscitée qui n'est qu'un artéfact, c'est le vouloir vivre seulement qui importe. C'est pourquoi le mot haine est inadéquat. (Hitler haïssait tous les juifs -qui ne lui avaient rien fait- et voulait les exterminer : là, c'est effectivement de haine qu'il s'agit. Mais la haine en tant que "vouloir-vivre contre" est totalement différente, c'est même l'inverse car seule elle permet de combattre et de combattre bien -donc on n'a pas le choix-.)

Il se peut cependant (à vrai dire, c'est presque toujours le cas) que ce vouloir vivre torture celui qui a initié la haine (c'est logique puisque celle-ci provenait précisément d'une négation de ce vouloir vivre, de cette existence perçue comme intempestive, gênante, à éliminer) soit de la propre volonté de celui qui réagit (on est alors proche de la vengeance) soit par simple artéfact (incontournable puisque justement le haïsseur primaire ne supporte pas son existence actée, égalitaire, c'est-à-dire son existence tout court.)

Mais il est une infinité de manières -plus fécondes- pour le vouloir vivre de s'exprimer, celle-ci n'en est qu'une, ou un passage seulement. Mais parfois toutes son mêlées. (Il faut prendre garde à ce que ces "autres manières" ne fassent pas en definitive le jeu du haïsseur initial. Par exemple, se lancer à corps perdu dans une "démonstration" de perfection, épuisante, vaine, qui revient au bout du compte à s'aligner sur le mépris infligé, jusqu'à se détruire, comme le racisé qui s'acharne à démontrer son l'exemplarité croyant ainsi se faire accepter ou clouer le bec du raciste.)

Si bien que l'on ne peut faire l'économie de la sanction (non pas la vengeance qui s'exprime hors éthique et dont la seule fin est la souffrance, par exemple, "si quelqu'un tue ton fils, tue le sien!") la sanction qui se fonde sur la justice : le paiement d'une dette qui rétablit l'équilibre. Sanction personnelle évidemment donc a priori suspecte car seule la société a le droit de punir (mais on ne peut exiger qu'elle se mette en ordre de bataille pour des offenses "mineures" considérées comme relevant de la sphère intime et de toutes manières que l'on ne peut que rarement prouver.) Il faut donc se faire justice soi même -profiter justement de ce vide juridique relié à des sols exercés au sein de la sphère intime- sachant bien qu'il ne s'agit pas ici tout à fait de justice. Le talion? Non, même si parfois on est limite. Vouloir la sainteté conduit à la mort. La question est ici : ma vie vaut-elle d'être ? Il faut répondre oui. Pas seulement pour soi.

La fin justifie-t-elle les moyens? Non. N'importe quelle d'un ne justifie pas n'importe quels moyens. Mais le vouloir vivre n'entend pas pas ce logos! Son désir d'être est si fort, si éclatant qu'il tend à user de n'importe quels moyens, justement. Le problème est : il ne faut pas que la réponse soit démesurée par rapport à l'offense. Gymnastique difficile: 1 parce que l'offense réactive parfois des offenses antérieures identiques qui n'ont jamais pu faire l'objet de ré équilibrage (dans l'enfance par exemple) et qu'alors, le dernier offendeur risque de payer pour les autres, sans même que l'on n'en ait conscience et 2 : l'expression même et surtout tardive d' un vouloir vivre anéanti est incontestablement jubilatoire. Comment se priver d'une joie excessive ? Comment résister à vouloir l'accroître encore et encore ? C'est une drogue dont il faut se garder.
Cela avilit? Non, ou moins que de subir. C'est le prix de la vie. Et de la justice. Car il est aussi incontestable que la haine primaire (par exemple le racisme) touche presque toujours ceux dont on ne redoute rien, ou dont on croit ne rien avoir à redouter (des faibles, ou seulement des longanimes, ou encore des pré formatés) et ne s'attaque pas à des offenses plus forts. D'où la jubilation qui prend lorsque l'on montre que la soi disant faiblesse n'était qu'amour, tolérance.. Or pour prouver sa force morale, intellectuelle ou physique, il faut l'exercer. La boîte de Pandore est ouverte, il est difficile mais indispensable de la refermer, sachant que tous les démons échappés n'y rentreront pas. Il n' est pas difficile d'apprendre (ou de réveiller ses instincts) à un chien à se battre. Il suffit de le faire souffrir. Mais une fois le combat commencé, il est très difficile de lui apprendre à lâcher. Il a pris conscience de sa puissance, sent ou croit qu'il va être vainqueur, et son plaisir d'exister comme chien, comme fauve est tel qu'il ne sent même pas les morsures et les coups.

EN RÉSUMÉ, JE TE "HAIS", MOT IMPROPRE, SEULEMENT PARCE QUE J'EXISTE ET POUR EXISTER.