vendredi 3 janvier 2014

Mélissa Theuriau, le racisme par transfert, sans doute le plus hard car indétectable par ses victimes directes

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Je ne suis pas très "people" mais là je suis touchée. Melissa Theuriau y parle du racisme qu'elle subit depuis son mariage avec un arabe.. tandis que celui-ci, droit dans ses bottes, AFFIRME QU'IL N'Y A PAS DE RACISME EN FRANCE. Étonnant? PAS DU TOUT ! Le racisme se porte mal, même parmi les gens un peu courts. Ça ne fait pas genre, mieux vaut faire profil bas, il pourrait nous en cuire.. et puis quoi, on est poli. Car il provient d'une paradoxale sur estimation fantasmatique du groupe détesté -et envié à la fois-. "Ils" font peur : les juifs sont super intelligents, des gens d'affaires redoutables, (donc mieux vaut être "bien" avec eux), les arabes, idem, et en plus de sacrés bites (!) les noirs, idem etc.. Mais silence et discrétion DEVANT EUX -voire en certains cas, lorsqu'ils sont obligés de les côtoyer- une cordialité un peu surjouée.

Cependant lorsqu'une femme non arabe, non juive, non noire.. surtout belle et ici médiatisée jette son dévolu sur un de ces "gens-là", -et les contraint, s'il s'agit d'une proche, à frayer avec ''eux'', même brièvement- alors, c'est contre celle-ci qu'ils vont se déchaîner - hors caméra-.. jamais contre lui.. Si bien que lui ne va pas percevoir le racisme dont il est victime et parfois presque défendre.. ceux-là mêmes qui l'agonissent. Il n'est pas facile de le lui dire clairement, de semer la merde en somme, lorsqu'en apparence les rapports sont cordiaux. C'est impensable : comment,  ce voisin si aimable, serviable presqu'obséquieux.. est raciste? "Tu dois avoir mal compris, il ne sait pas s'exprimer, cool".. C'est cependant ce même personnage qui a observé devant elle que "ça" ne se voyait pas trop pour son fils.. "ça" désignant évidemment l'arabité de son père. Une chance! Et c'est la même parente souriante et nature -elle vient tous les jours se baigner-... qui s'étouffe de rage lorsqu'elle lui fait remarquer que sa fille avait sans doute été confondue avec une copine* de Fatima -une jeune voisine arabe-.. comme si une telle méprise eût représenté une intolérable offense. [Le mari de CELLE À QUI L'INDIGNÉE S'ADRESSE EST ARABE.] "MA FILLE? MARIE-CHANTAL? UNE ARABE!!! AH BEN ÇA ALORS! C'est pas possible." Triste : la gamine fit chorus. Histoires vécues plusieurs fois.



Note pour le fun, mais significative: Marie-Chantal ressemblait effectivement à Fatima, l'indignée étant elle-même d'origine (azerty) ce qui rend l'histoire encore plus savoureuse (!) No coment.

De telles mésaventures peuvent parfois faire s'isoler et se déliter un couple, surtout si la ''racisée-par-procuration se tait, ce qui est le cas général.. lorsqu'elle refuse par exemple de fréquenter ceux qui en privé l'agonissent.. ou plus exactement agonissent son compagnon à travers elle... et que paradoxalement il le lui reproche. Exaspération, scènes.. sont à la clef. Multipliées par un facteur x...

* Étant entendu, soit qu'on l'avait prise pour une arabe -dans le cas de figure où Fatima NE saurait fréquenter QU'une arabe (!)-..  soit qu'elle pouvait être l'amie de Fatima ou de n'importe quelle jeune fille arabe, les deux étant tout aussi infamants pour nos indignées. Adressé a quelqu'un/e dont les deux enfants sont à demi arabes par leur père.

Note: les mêmes scènes peuvent avoir pour protagonistes  un homme non juif, non arabe, non noir.. et une femme juive, arabe etc... En ce cas c'est lui qui morflera. Et si le racisme joue des deux côtés, (de la part du clan de la femme), ce sera elle.

Belkis Melhem, saoudienne, écrivaine, mère, assassinée pour tolérance

Balkis Melhem, saoudienne, assassinée, Aliaa, rescapée. Famille je vous hais..


"La maman et la putain"

Belkis, issue d'une famille grande bourgeoise, avait choisi la "tolérance", l'intégration (par nécessité peut-être), Aliaa la révolte non violente mais qui cogna fort. Elle avait raison  : elle est en vie, Belkis morte.
Il y a des femmes, certes ici d'un milieu apparemment ultra favorisé, qui parviennent à "tout" mener de front, de surcroît avec le sourire. Je ne la connaissais pas je l'avoue, mais Balkis Melhem, mère de cinq enfants dont trois d'un premier mariage de son mari -patron de médecine avec lequel elle avait fait un mariage plus ou moins "arrangé"- qu'elle élevait avec les siens, Belkis, selon les sources, diplômée de l'université (médecin? certaines le disent, d'autres parlent d'une maîtrise en littérature, peut-être est-ce les deux?) écrivaine engagée -soft-, comme une partie de sa famille (dans la mouvance libérale proche des laïques, mais enfin elle n'était pas Aliaa Elmadhy!) a été assassinée par deux de ses frères, eux, intégristes dont l'un membre d'Al Quaida carrément. Une famille qui représentait en elle-même tous les déchirements d'un pays.. ou de tous les pays musulmans. Aliaa ne dit-elle pas que les siens l'ont reniée et ne laisse-t-elle pas entendre que sa vie serait en danger de leur propre fait si elle revenait en Égypte?



 Cela m'évoque la période de la guerre, la résistance au nazisme en France où dans une même famille, des gens, frères, sœurs, belles sœurs.. engagés dans deux bords opposés, se méfiaient les uns des autres mais parfois se côtoyaient malgré tout, de loin. Ambiance.. [Il arriva qu'un membre collabo de haut vol, ""sauvât" une nièce, soeur, beau frère.. de la mort en les avertissant d'une dénonciation contre eux.. -geste dont, même si ce n'était pas le but, il se targuera ensuite pour se dédouaner lorsque le vent aura tourné.- Parfois on a le vertige : collabo? Sûr ou presque. Résistant? Aussi en un sens! -peut-être risquait-il sa vie si ses potes avaient su qu'il leur avait fait rater un beau coup?..] Ensuite -mais pas tout de suite-, on "oublia" tout, la vie reprit son cours comme avant et les enfants nés après n'en surent rien.. à moins d'avoir effectué une recherche spécifique sur la période. Je suis l'une d'entre eux. Familles, je vous hais? Dans mon cas les liens de fraternité primèrent sur l'opportunisme politique (c'est par un grand oncle ami proche d'un collabo de poids -Chiappe!- que ma mère et mes grands parents surent qu'il allait y avoir une perquise)... sans quoi je ne serais pas ici. Mais dans le cas de Belkis, oui, "famille je vous hais".

Taubira présidente ? et pourquoi pas !




Et pourquoi pas en effet Taubira Présidente de la République ? Là, ça aurait de la classe ! Un président noir, bon OK à titre de symbole, quoique ses résultats ne soient pas mirobolants, mais UNE Présidente, là, soufflés, dans la sciure, les amerloks.. Et puis hors de tout snobisme rivalitaire, au moins serait-on sûr/es de ne pas mettre à la première magistrature un serial agresseur sexuel (ou mieux) comme omage (je laisse, "image") de la France partout.. (classe, non?) .. ce qui a bien failli nous arriver! Sans Nafissatou Diallo, on ''y'' serait en plein. Merci qui ?

jeudi 2 janvier 2014

Les femmes ignorent leur force!


Vals en amoureux ET matador ou plus exactement mataoveja









Pratique d'avoir une femme chanteuse; ça devient
 très tendance, pour faire passer les sales coups.

La pédophilie.. côté jardin (!). Des "lieux de vie" pas comme les autres (!)




 Préoccupant, isn'it? Analyse sous forme d'un constat que l'on aimerait bien oublier...

L'idéologie parfois opère des mouvements de pendule du zéro à l'infini. Ce fut le cas après 68 -ici en 73 particulièrement, date de l'anecdote qui va suivre-. Shit -un peu- ou plus -mais ici ce n'est pas le cas- plaisir, liberté, culture, mise à mal des valeurs dites "bourgeoises", tolérance et respect des différences, refus de l'exclusion de ceux qui sont en échec -ici scolaire- voilà le contexte. Jardin ensoleillé.

C'est là que j'ai côtoyé un de ces personnages (dans le cadre d'un "lycée" parallèle par ailleurs fort intéressant qui avait la particularité d'accueillir à la fois des jeunes -11 à 18 ans- en échec, d'autres, perfect et également lorsque c'était possible, des handicapés même lourds, autistes parfois violents..  bref tous ceux dont personne ne voulait, expérience pédagogique passionnante -et souvent réussie-).. J'y ai donc rencontré un .. comment dire? pour simplifier, disons membre de notre "fan club", personnage sympathique, toujours disponible, cultivé, bien disant et surtout bien introduit socialement.. toujours prêt à rendre service -il jouait le rôle de ce que dans un établissement normal on appellerait un "pion" ou un répétiteur car il n'était pas enseignant de profession mais médecin !-... dont il fut clair et très vite qu'il était dans cette "mouvance", c'est à dire.. un pédophile, probablement acté (non violent c'est sûr, enfin si l'on peut dire.. disons qu'il n'était pas le violeur sadique que l'on peut imaginer.. mais violeur tout de même)... et je fus la seule à m'interroger puis à m'insurger, au début soft, ensuite fortement -et ouvertement-. 

L'idée était en effet la liberté -mal comprise-, y compris et surtout sexuelle, y compris et surtout celle des "enfants" (!) qui n'étaient pas comme Freud l'avait bien dénoncé des "êtres innocents sans pulsions sexuelles" etc etc.. Complexe d’œdipe, Reich et tout le bazar, révolte contre le carcan bourgeois qui bla bla .. les broyait  ainsi que tous, l'inversion (presque!) des valeurs.. enfin un fatras agité formé d'atomes différents et opposés tournant en spins rapides.. et, certes gentiment, j'ai été plus ou moins traitée de réac, coincée -de ce que vous pensez, les philosophes, toujours des emmerdeurs rabat joie-. Je précise que le "cas" n'était pas général bien au contraire et que les collègues étaient sans histoires aucune.. mais il y avait "celui-là", un seul, -du reste "extérieur" à l'équipe mais révéré en raison de son aura, de son "job".. et de son âge, nettement plus âgé que nous- un donc qui ouvertement, "aimait" les enfants et ne s'en cachait pas, je veux dire des sixièmes, cinquièmes et quatrièmes -11 à 13 ans- après ça ne l'intéressait plus... le milieu des parents était intello bourge ou artiste, parfois fort connus -désireux de faire profiter à leur gosses de la liberté dont eux avaient été privés dans l'enfance etc-.. Et oui. Il n'y a jamais eu de plainte à ma connaissance -mais je suis partie au bout d'un an.-

Le cas n'est pas unique. Des établissements? Je l'ignore, mais, pire, des "lieux de vie" -comme on disait-, insoupçonnables, le Coral par exemple (ou d'autres que significativement je ne peux pas citer, ayant été menacée-harcelée après un signalement et un article pourtant soft... menaces suivies d'effet -simple geste de vandalisme sans gravité mais bon...-) furent par la suite impliqués dans des affaires -certes bien pires- sans que même des gens y compris "engagés", parfois du bled même où ils s'étaient installés, ne réagissent beaucoup, refusant parfois de croire l'évidence. Même après le/s procès. L'argent aplanit parfois et ceux-là n'en manquent pas.

 

 Dans un domaine plus restreint, quasi anecdotique, on pouvait voir bien avant cette époque, un "prof" de gym -lesbienne affichée type camionneur, soit mais attirée par de très jeunes filles- entourée d'une cour de gamines de 11 à 13 ans avec une ou plusieurs "favorites" sans que dans le collège ni même parmi les instances dont elle relevait -Mairie, association sportive..- il n'y ait un murmure. Là aussi je me suis -faiblement- insurgée -à 16 ans, je n'étais pas en position de le faire d'autant que je n'avais jamais été en cause perso- sans que personne, y compris parmi des gens particulièrement can't, droite trad, église.. ou au contraire engagés gauche humaniste voire coco.. ne relève la balle. Par la suite, il fallut une plainte d'un parent (enfin!) pour qu'elle soit, non renvoyée (!) mais plus ou moins blâmée et qu'il lui soit retiré la responsabilité d'un groupe sportif qu'elle pilotait avec un dévouement exemplaire. C'est tout. Fini ? Non. 

Lorsque récemment (40 ans après) je fis état de l'affaire, légèrement, au cours d'une conversation comme simple anecdote* (!), je reçus une sorte de camouflet soft un peu ironique-condescendant sur le même modèle qu'autrefois (rien de changé!) dans le style "ô les bruits, les fameux "bruits" qui courraient.. on en a dit beaucoup ! et beaucoup plus qu'elle n'avait fait.." et "on" tourna aussitôt les talons : l'omerta, 40 ans après, toujours! Admirons le "beaucoup PLUS", attirude (je laisse) typique des agresseurs et de leurs défenseurs se targuant, avec une inénarrable indécence, systématiquement.. de ce qu'ils N'ONT PAS FAIT pour justifier CE QU'ILS ONT FAIT. Ils n'ont agressé -non, "agi", c'est mieux, qu'UNE -ou DEUX- fois, pas de quoi en faire un flan.. voire QUELQUES FOIS, ce n'est toujours pas la mer à boire.. Ou bien ils n'ont pas été violents, donc ce n'est pas si grave.. ou ils l'ont été, oui, mais si peu.. et enfin ils n'ont pas tué etc.. Tous les agressés sexuels connaissent ce type de justification.. qu'ils reçoivent comme autant de gifles à la figure. Il faudrait presque remercier les agresseurs de ne pas avoir violé, les violeurs de ne pas avoir tué, les tortionnaires de ne pas avoir tué, les tueurs de ne pas avoir torturé etc.. 

* Elle est comique. Ayant été au cours d'un voyage, provisoirement, à ma demande- intégrée dans le groupe comme mono en second, il n'y avait pas de chambre prévue pour moi et l'excellent prof qui chapeautait la sortie me dit en toute candeur de ne pas me tracasser, il n'était pas question à 16 ans de me faire dormir au dortoir des élèves -filles et garçons- on me logerait dans la même chambre que Mademoiselle [..] (!) Je répondis un peu trop vite.. et sans doute un peu trop fort.. que "dormir avec les élèves ne me gênait pas DU TOUT mais vraiment PAS DU TOUT".. Croyant me mettre à l'aise, il insista "mais on ne peut pas te mettre avec des gamins de 14 ans voyons".. (!) mais son adjointe, m'ayant jeté un coup d’œil amusé, trancha net : "On lui trouvera une chambre perso, c'est tout..." Je lui en fus éternellement reconnaissante.. mais enfin PAS UN MOT NE FUT PRONONCÉ. Omerta, qui perdure -à demi- 40 ans après.

mercredi 1 janvier 2014

La vivisection, c'est très con




Be vegan !!


Les médicaments, essais sur des animaux.. La Thalidomide, en 63

Ces enfants ont à présent 51 ans (ou un peu plus) s'ils ont survécu. Des essais avaient été effectués sur des rates et lapines gravides parfaitement con- cluants ! Des ratons et lapereaux de tout premier choix, parfaits. Aucune indication d'effets secondaires donc (!).. sauf que les femmes ne sont pas des lapines ni des souris, vous avez remarqué, messieurs ? et n'ont pas DU TOUT les mêmes toxisensibilités, enceintes ou pas; le mouton broute de l'arsenic sans un pet de travers, le lapin se délecte d'amanite phalloïde et ça lui met une pèche d'enfer etc.. Vous avez essayé sur vous?  



   


 Suzanne Vandeput qui avait donné la mort à sa fille phocomèle -de surcroît née sans anus- et son mari au moment de son procès. Elle sera acquittée. Un seul comprimé de ce calmant anti nauséeux destiné tout particulièrement aux femmes enceintes en raison de son innocuité (!) a suffi dans certains cas (!). (Lien)

 

Tel que, extraits d'une biographie de Victor Khagan, abusé et maltraité.. A lire par morceaux !

"CHER QUI ?   II      (Quarante ans après..)

Lorsque trois adultes savent réciproquement de leur existence et de la maltraitance qu’ils exercent contre un enfant, psychologiquement et physiquement, d’une part, affectivement d’autre part, et sexuellement pour le troisième,  et qu’ils sont donc ainsi tacitement complices des destructions qu’ils exercent individuellement et en connaissance de cause sur cet enfant, le meurtre psychique est, de manière hallucinante, bien défini.

Dès l’âge de 4 ans, victime de violences physiques, je vivais dans un climat de terreur qui n’est allé qu’en croissant, du fait d’avoir une maman qui, de par les abus subis dans l’enfance, refusait de toucher, d’embrasser puis, surtout, de protéger son fils.

Je suis le fruit d’une « prostitution par contrat » : ma maman qui aimait déjà un autre homme, a cru devoir respecter l’exigence, de son mari, de lui faire un fils…  Lorsque j’ai lu Hervé Bazin, j’ai découvert ma maman dans les traits de son héroïne, Folcoche. Ma mère était Folcoche.  J’ai dû grandir avec ça : abandon affectif, refoulement et interdiction des sentiments : nos sentiments étaient interdits car les siens lui étaient interdits !

Cette errance qui est ainsi très tôt devenue mon CV, m’a alors conduit à la portée d’un prédateur sexuel.  Était-il le premier ?  Il ne sera pas le seul…  J’avais huit ans, j’étais un petit garçon maigrelet et mal habillé, soumis dans la crainte et en recherche constante d’un sourire qui me confirmerait la valeur de mon existence. Un des nombreux psychologues ou psychiatres consultés au long des années me disait : « Un enfant, même à huit ans, n’accepte pas une agression sexuelle s’il n’a pas déjà vécu, de la part d’adultes ayant autorité, un climat incestuel.. ». Me concernant, il n’avait pas tort.

Quatre ans après, des circonstances me permettent de dévoiler l’abjection subie mais le criminel - qui avoue - n’est ni puni ni suspendu ni expulsé ni jugé : il continuera son œuvre maudite.  Ce monstre est protégé par d’autres monstres, assassins de l’Enfance, liés à l’Église.  Quant à moi, je tombe malade et je manque l’école durant trois mois. Mais ma maladie n’a pas de nom, elle est niée.  Comme le sera ma TS beaucoup plus tard, à l’âge de 18 ans.

Mes souffrances ne sont pas reconnues, elles ne seront donc pas traitées.  Je deviens une tête de turc, l’enfant « responsable du malheur de ses parents ».  Les coups continuent de pleuvoir; les humiliations, avec leur négation vitale, baignent mon développement et mes espérances d’adolescent.

Vers mes seize ans, je tombe amoureux d’un sourire féminin qui éclaire les rues mal pavées du chemin de l’école.  Mais Folcoche veille ! Elle distille son venin, empoisonne à nouveau mes illusions vitales.  Selon elle, je n’aurais jamais été capable de l’aimer toute une vie, je la rendrais malheureuse…, et toute une litanie de propos destructeurs de cet acabit. C’est un jeu pour elle d’insinuer en son « petit garçon » le doute de lui-même, sans le moindre scrupule. Elle se fait aider dans son entreprise par un petit comité.  Je me laisse à nouveau piétiner. Son truc, c’est le culte de la personnalité.  Nous devons la vénérer, l’adorer, justifier son existence à elle, par notre dévouement total à sa défense, notamment face à notre géniteur et à la famille de ceui-ci, tournée en ridicule.  Et une liste de phrases, entre manipulatrices et déchirantes, nous sont inlassablement serinées : « Vous ne savez pas ce que j’ai souffert !  Vous verrez, quand je serai morte ! Ne venez pas avec de grands mots ! Dites-le, si vous l’osez, que je suis une mauvaise mère ! »

Et c’est vrai, elle a souffert. Nous en sommes convaincus et nous la vénérons comme une déesse : elle est belle, elle est notre mère, tout doit être constamment fait en son honneur, pour la rendre heureuse : nous sommes des enfants parentalisés mais nous l’ignorons. Ses frustrations de femme, ses hurlements hystériques, ses jalousies maladives, ses critiques acerbes envers les femmes  souriantes, sa négativité à propos de tout et de rien, ses airs hautains et dédaigneux, sa froideur, son orgueil, ses exigences capricieuses, ses absences continues de la maison ne nous choquent pas : elle a tous les droits, nous lui devons tout. Nous acceptons les punitions sûrement méritées,  c’est elle qui fixe les normes, qui nous enseigne ce qui se fait, ce qui peut se faire, se dire, comment paraître.  Elle force l’admiration en nous montrant comment acquérir le goût, le savoir-vivre, le savoir-faire, comment nous tenir.  Elle nous montre que nous ne sommes rien si ce n’est par sa grâce, que nous ne savons pas nous comporter, que nous sommes mal-élevés, gros, ingrats.  Nous n’avons pas d’argent de poche et nos petits camarades ne sont pas bienvenus à la maison.

Nous ne connaissons pas l’harmonie de l’amour qui n’a pas ses droits chez nous ni non plus sa vérité, d’ailleurs : nous baignons dans le mensonge à propos de tout mais les menteurs, selon elle, c’est nous, c’est moi. Pour un oui ou pour un non, j’ai droit à des interrogatoires serrés : quels ont été les mots prononcés, les faits, etc.  Donc, je mens. À partir de là, mon errance se transforme en vagabondage. Le poison fait son effet : « alimentez-le de poison, il reviendra s’en nourrir ! »

Depuis l’âge de douze ans, je ne suis plus qu’un enfant perdu. Avant, toujours dans les six premiers de la classe, voici à présent que je ne réussis plus jamais une année scolaire. Ma mère se détourne de moi car l’enfant pré-érotisé la dégoûte. Le sexe la dégoûte.  La masturbation est un péché mortel et elle a des soupçons.  Que son fils ait besoin d’aide, ça ne lui effleure même pas l’esprit.  Lorsque, adulte, je lui rappellerai ces années, elle s’en froissera et me mettra à  la porte.  Ce qui la gêne, c’est que son rejeton ne brille pas par ses résultats scolaires, qu’il lui fasse honte devant ses amies.  L’enfant bien obéissant devient peu à peu un rebelle renfermé qui assume une marginalisation généralisée. Je plonge doucement, à partir de la honte, dans la tristesse, dans le désarroi. Incapable de mettre des mots sur mes états d’âmes, je perds toute confiance dans les adultes.  Je les crains comme la peste, je comprends qu’ils sont dangereux pour ma survie. J’apprends la stratégie du bouclier.

Surtout depuis que ces deux autres camarades d’enfance, victimes du même prédateur,  sont virés de l’école catholique et que mon tour arrive pour le même motif : « homosexualité avec un professeur ».  C’est le comble ! Mon géniteur ne m’a pas défendu, il est d’accord avec « ses chers pères jésuites » : son fils unique est un enfant vicieux !  Pauvre papa si déçu du fils que la Vie lui a donné !!!  Plus tard, il me reniera par trois fois, comme son fameux St-Pierre…  Il s’agit maintenant pour moi d’apprendre à résister.

Peu à peu, la solitude crée autour de moi un no man’s land. Certains condisciples commencent à m’appeler « le fou ». Je ne peux leur donner tort : je n’ai plus de repères, tout s’effondre autour de moi !  L’image de mon amour interdit, Annette, oblitère mon cœur et me ferme une sortie vers la lumière d’un sourire susceptible de me réconcilier avec l’existence, avec l’espérance…  C’est une énorme culpabilisation maintenant qui va, comme un cancer, étendre ses polypes dans toutes mes fibres. 

Je culpabilise envers Annette à qui j’ai confié mon amour, je culpabilise pour ces sottises religieuses dans lesquelles j’ai été conditionné par des irresponsables : leur concept imbécile de péché mortel, état dans lequel je vis puisque je suis un survivant du viol (je serai excommunié), adolescent tourmenté par une sensualité morbide, hanté par le plaisir mécanique ressenti lors des agressions veules. Personne ne m’embrasse, ne me tient dans ses bras, ne me rassure sur le fait d’être aimé.

Cette culpabilisation, cette condamnation au rejet fait encore partie de moi aujourd’hui et continue de me démolir, psychiquement et physiquement. Je culpabilise pour les échecs qui s’accumulent, je culpabilise pour avoir déçu mes auteurs auxquels me rattachent viscéralement les liens fondateurs de mon être-au-monde. Je culpabilise car je suis un incapable, un nul comme disent aujourd’hui les jeunes. Il faudra longtemps avant que j’apprenne que ces bourreaux me culpabilisent eux, pour justifier leur mensonge, pour asseoir une autorité fasciste, pour se faire valoir en société : leur fils a mal tourné, ils sont bien à plaindre…

Je me fais valoir par des coups d’éclat, par ma rebellion : je me fiche de tout, je crâne, plus rien ni personne ne me fait peur, je brave les autorités.  Mais au fond de moi, le venin et le poison font leur œuvre : d’exaltations en désespérances, je perds toute foi, en ai-je jamais eu une au fond de moi, depuis les coups et les viols ?  Mes bravades m’attirent l’admiration de quelques condisciples tandis que les années scolaires perdues, encore et toujours, me discréditent sur tous les fronts.

Je rêve d’une famille, je rêve d’enfants que j’élèverais dans l’Amour.  J’idéalise l’Amour. Mon épouse, rencontrée une première fois lors de mes 20 ans, me le reprochera un jour : mon idéalisation la gêne. Mais elle aura surtout honte d’être l’épouse d’un survivant de la pédocriminalité : « Est-ce que je n’aurais pas dû savoir ça avant de t’épouser ?  Tu es asocial, un danger pour nos enfants ! »

Je lui ai caché que j’avais sombré dans l’alcoolisme après cette tentative de suicide bâillonnée de mes 18 ans. L’alcool qui venait désaltérer l’indifférence d’un cynisme naissant, le désert des sentiments écrasés, l’assassinat de mes espérances les plus naturelles et vitales, les plus minimes, une dignité tuée dans l’œuf, le moindre de mes droits humains, de mes droits d’enfant.

Mais l’alcool a disparu de ma vie pour toujours et le tabagisme aussi.
Pendant quelques années où je me suis mis à travailler manuellement, j’hésite devant l’alternative de la haine qui me prend aux tripes et qui n’est que la naissance d’une colère légitime, une revendication qui ose pointer le bout de son nez sans se définir vraiment.  Je méconnais la nature de mes blessures, je méconnais leur profondeur et le dommage qui va ruiner ma carrière de vivant.  Je me rabats sur la littérature et dans le communisme.  J’apprends la pensée, la philosophie, le nihilisme, l’existentialisme.  Je découvre la misère humaine, l’existence de la prostitution qui me hante dans le souvenir de mon avilissement précoce mais ancré au plus profond de mon psychisme, dans la mémoire de ma valorisation comme corps objet des satisfactions bestiales d’esprits tordus.

Puis, surprise  ! Un mariage longtemps convoité se concrétise soudain. L’amour me tombe dessus sans prévenir : tout s’arrange, je suis le fils prodigue pour lequel on tuera le veau gras.  On m’habille, on me recommande, j’ai une fiancée exquise et c’est là tout mon nouveau mérite.  Une solution heureuse qui arrange tout le monde. Il semble que me voilà devenu « un homme » digne de ce nom. Les cérémonies du mariage rappellent le ban et l’arrière-ban, le blason familial s’en redore, apparemment.  Je me laisse séduire par ce mirage.

L’arrivée de nos enfants me donne un courage que je ne me connaissais pas. Je travaille comme vendeur et je gagne bien ma croûte, j’en veux.  Mes tourments sexuels et ma vie nocturne sont loin : je crois au bonheur même si mon couple émet des signaux d’alarme que je ne veux pas exagérer.  Pourtant, mon épouse ne croit pas en moi : elle s’allie avec mes parents, elle ne s’en vantera que bien des années après.  Car elle n’est pas portée aux confidences.  Je lui propose de nous rendre chez un conseiller conjugal : « Va le voir toi, le psy, moi, je ne suis pas folle !! » C’est la douche froide mais je m’accroche. Alors, de nouveau, le fanion de la victoire repasse du côté des géniteurs.  Le règne du mensonge reprend du terrain.  Le petit garçon qui souriait béatement lorsque les sentiments lui étaient interdits, retrouve sa place dans le déséquilibre et la déstabilisation.  Mais j’ai deux enfants qui ont pris la place d’une ancienne religion : je vais me battre contre toutes et contre tous pour un rôle de père qui est devenu tout mon ressort, toute mon idéologie, celle de l’amour pour ces êtres fragiles et dépendants.

Don Quichotte, je m’emballe au creux du tsunami qui ravage mes projets de bonheur. Je pleure. Je pensais n’avoir plus de larmes et voilà que je pleure. Tous les jours, je sanglote devant tant d’indignité, cela dure des mois.  Je suis envahi de migraines ophtalmiques. Je bats le pavé, je fais du porte à porte pour retrouver un job mal payé.  J’ai des dettes.  Je redeviens cet indésirable que personne ne comprend, ne tolère.  Je vis dans une pension où je partage une chambrette avec un alcoolique qui rentre ivre toutes les nuits.  Je n’en ai cure, ça me connaît.  J’ai assez voyagé, de nuit, dans les « bas-fonds ».

Je ne compte pas mes heures, je tue ma solitude.  Je ne m’apitoie pas car mon quotidien s’est libéré de ces personnes dominatrices ou manipulatrices.  Là, au plus bas, je trouve cette assurance qui m’a manqué toujours.  Je forge des rêves et je les construis.  Je ne compte que sur moi-même, je ne suis plus dépendant.  Et cela fonctionne.  Je deviens traducteur, je donne des cours particuliers.  Je porte une cravate et je souris patiemment.  Les offres de travail se présentent avantageuses et, lentement, mon statut s’améliore.  Je déniche un petit appartement où je peux recevoir mes enfants que j’assiste dans leur scolarité. Notre complicité est vivante, belle et joyeuse. Mon fils devra attendre l’âge de 14 ans pour venir dormir à côté de son papa, l’âge légal. Ma fille décide de « ne pas abandonner sa mère ». Qu’importe, nous pouvons enfin nous offrir une semaine de vacances à la mer, à nous trois !! J’apprends à rire de bon cœur…

La destinée m’offre quelques années de prospérité qui me permettent de me remettre à flot. De m’acquitter de mes obligations familiales, de m’offrir un véhicule. Imprudemment, j’ai quelques aventures féminines mais, restant vigilant à l’intérêt prioritaire de mes deux vrais amours, je ne me laisse pas entraîner : il n’est pas question de blesser davantage mes chers petits.

Entre temps, convaincu par le livre de Susan Forward (Parents toxiques), je renoue par le biais  épistolaire avec la grand-mère de mes enfants.  Irréelle entreprise, invraisemblable challenge. La fratrie et mon géniteur réagissent très mal à ces tentatives maladroites, interprétées comme des « assauts ».  Je leur envoie les enfants durant l’été, me privant de mes vacances avec eux, afin de ne pas couper les ponts entre les générations. Je mets ce temps à profit pour travailler encore.  Je monte une petite société, je m’installe.  Avec ma famille parentale, tout ne sera jamais que malentendus et quiproquo, éternellement.
Les années coulent et les enfants grandissent. Ils passent avec succès et sérénité les examens annuels et je prends conscience de l’importance d’encourager des enfants pour les mener au succès. Je n’oublierai pas cette leçon et chaque jour, je les rassure de mon amour pour eux. Le ménage brisé leur cause néanmoins des difficultés relationnelles mais ils les surpassent peu à peu et ils arrivent à l’université en pleine maturité.

Je m’inquiète mais sans motif car ils ne manquent pas une seule année. Ils s’épanouissent, ils font du sport. Ils vivent leur jeunesse et s’amusent.  Ils relèvent les défis comme autant de jeux.  Ma vie est presque comblée, je me détends. Nous faisons l’un ou l’autre voyage et c’est une telle fierté pour moi, un tel bonheur de m’amuser avec eux, …ces ballades, ces moments estivals, ces randonnées, ces sorties nocturnes à trois.

Les épreuves ne sont pas finies : chaque jour, tout est remis en question.  Un jour, au cinéma, je visionne un long métrage qui me laisse une saveur amère, sans la comprendre, sans faire les liens.  Un peu plus tard, avec mes deux trésors, nous regardons un film à la télé : un père déjà grand-père est pris sur le fait au moment d’agresser sexuellement ses petites-filles et les mamans, très tardivement,  prennent conscience alors que leur père les avait également agressées dans leur enfance. Je suis pris de sanglots et je vais me cacher dans les toilettes pour ne pas impressionner mes loupiots. Puis, troisième étape, je regarde par hasard un reportage sur TV5 : des enfants victimes et leurs parents honnêtes viennent y témoigner de ce qu’ont représenté pour eux le fait de subir des agressions sexuelles répétées.

Là, l’éclairage est trop brutal : je suis dévasté !! J’appelle immédiatement ma fille et mon garçon, les jeune adultes qu’ils sont comprennent immédiatement de quoi il s’agit. Heureusement car, le lendemain, je tombe en dépression nerveuse clinique, de façon foudroyante…  J’ai pris la mesure de la tare avec laquelle je vis, greffée en moi comme une munition à fragmentations.  J’avais été coupable de tout et, de façon foudroyante, mon statut de victime tarée m’est révélé. De nouveau, je vais tout perdre : travail, estime de moi-même, appartement, cap, identité, entourage.  Je ne veux pas que mes deux chéris me voient dans cet état et je m’en éloigne. Leur appui est inconditionnel, leur tendresse reste constante mais ils doivent vivre leur vie sans la charge d’un père malade.

Je vais toucher des subsides de demandeur d’emploi et retrouver des chambres à louer. Désormais, je ne serai plus jamais capable de partager une vie intime avec personne. Ma reconstruction va durer des années dans la précarité, dans la résignation. Mais il n’est pas question de « démissionner ».  Inspiré par un premier psychiatre, je commence une tâche infinie : reconstituer l’historique de mon cheminement sur cette terre, date de naissance, arbre généalogique, reconstitution des faits.  Je découvre les assos de soutien aux victimes.

Durant leurs réunions, je redeviens le petit garçon d’autrefois : j’écoute incapable d’ouvrir la bouche, de me forger des opinions, je ne sais plus qui je suis ni dans quel monde je suis tombé. Les récits hallucinants de la pédocriminalité organisée me stupéfient.  J’apprends la condition féminine.  Je commence à lire et je me mets à écrire, peu à peu, des nouvelles puis des romans.  Pour l’asso, je pars en mission d’appui pour d’autres victimes comme moi : présence de soutien dans les tribunaux, présence à des conférences avec prises de notes, présence à des manifs, présence dans des comité de soutien, accompagnement en consultation chez des juristes, chez des psychiatres, etc., etc.

Durant de longues années, au milieu d’elles et d’eux, j’apprends et je découvre, stupéfait,  des réalités que je côtoyais depuis l’enfance sans les identifier vraiment : la corruption généralisée, la lâcheté politique, les mœurs dissolues, l’étendue des réseaux, le silence autour des crimes, les tortures et les meurtres d’enfants et de toutes jeunes filles, les manipulations dans la presse, l’omerta, l’implication des « hommes de dieux », les mafias, les arrangements politiques, la manipulation des masses, les jugements iniques, le pouvoir occulte des sociétés dites secrètes.

Tout cela est très dur. Lorsque je vois mes enfants, je veux les mettre au courant, leur donner une petite idée de ces mondes parallèles, de ce qu’a été ma destinée.  Les psys m’y encouragent car il est impérieux de rompre la chaîne du secret entre les générations : elle est cause d’alcoolisme, de folie, de suicides, de malaises inexpliqués…  Mais leur mère, d’éducation conventionnelle, me le reproche et m’agresse verbalement.

J’ai l’occasion d’être présent à l’agonie de mon géniteur. Il parle, il dit sa honte alentour de sa négligence à mon propos mais il ne demande pas pardon. C’est sa manière à lui de s’excuser ? Alors, je lui propose de témoigner pour la justice : ils s’énervent, son épouse et lui !! Mais qu’est-ce que je m’imagine ??  Les autres enfants victimes, c’est bien le cadet de leurs soucis !!  Ils craignent l’enquête policière…  Alors, je vais seul, tant d’années après, et je dépose plainte. Les procédures sont longues mais elles aboutissent à de nouveaux aveux du monstre.  Il s’avère qu’il a perverti son propre fils et lui a enseigné à abuser d’enfants.  Je me rends à la cellule pédophilie de la police nationale et je témoigne à nouveau avec tous les renseignements complémentaires que j’ai pu glaner grâce à d’autres courageux qui, lors de mes visites à leur domicile, ont accepté de me confier des noms, des faits, des indices précieux.
Plus je vais et plus je capte la globalité du phénomène.  Dans mes déplacements et recherches de contacts, je me lie d’amitié avec un chef d’enquête qui confirme les nombreux liens existant entre le crime organisé et l’Administration. Des journalistes m’informent au sujet de témoins qui disparaissent mystérieusement avant certains procès.  Dans la magistrature, les ripoux sont présents, je le pressentais depuis longtemps, j’avais été témoin de faits très clairs. Puis, je reçois moi aussi mes premières menaces de mort et mon bureau est fouillé de nuit : on a abattu les portes à coups de hache…

D’associations en associations, j’en apprends davantage sur nos existences de  victimes, sur nos résiliences, notre résistance, nos souffrances : grâce à ces partages,  je me reconstruis aussi, dans ces solidarités émouvantes, au travers de liens qui s’établissent pour toujours.  J’assiste à des conférences, à des interrogatoires de responsables, à des débats chez SOS Inceste. Puis aussi à de mini-congrès où les victimes qu’on appelle maintenant des « survivants-es » n’ont pas droit à la parole, sauf exceptions spectaculaires choquantes : mises à nus publiquement, elles s’effondrent, chaque fois. Les professionnels acclament leur courage et elles retrouvent le sourire d’avoir bien supporté une nouvelle humiliation, s’imaginant être ainsi reconnues…  Comme cobayes ?

Je me rapproche du féminisme dit troisième mouvement « égalitaire ».  J’étudie de plus près les horreurs que les civilisations patriarcales font subir aux femmes depuis l’antiquité mais qui sont encore perpétrées dans chaque pays, qu’ils se disent démocratiques ou non.  Je pense sans cesse à mes enfants qui, entre temps, ont eu à leur tour une belle descendance.

Et je m’inquiète pour eux tous. À cause d’eux, pour elles, mes fille et petites-filles, je m’engage dans ce féminisme en comprenant que ce monde doit changer impérieusement et que je dois en être un artisan.  Je dis même publiquement que je ne regrette pas les années noires des viols et de l’ostracisme car ces expériences m’ont permis de me faire finalement une idée précise du monde dans lequel mes fille et petites-filles vont devoir grandir.

Enfin, entre plusieurs, nous montons un premier groupe de parole puis un deuxième.  Je constate avec bonheur le soulagement que l’on peut apporter à des survivantes et survivants au plus profond de leur solitude.  Cette solitude que j’ai trop bien connue pour ne pas savoir parler des souffrances qu’elle entraîne, de l’asphyxie qu’il convient de rompre, de l’espoir qu’il est urgent d’apporter aux victimes isolées.

Alors je me mets à témoigner publiquement, comme ici et maintenant devant vous qui me lisez car, déjà, à la cellule pédophilie de la police nationale, ces personnes exceptionnelles en charge de toutes ces enquêtes, me le disaient : « Le travail le plus efficace en ces matières est la médiatisation et la répétition de votre témoignage autant de fois que vous aurez le courage de le proclamer. »
La nuit suivante de mon difficile déballage final complet auprès d’eux (à qui je communique fidèlement chaque nouvel élément qui tombe à ma portée), j’ai fait ce rêve percutant, ce n’est pas un cauchemar, comme les autres, le voici : Je suis seul chez moi et, dans un moment de détresse, je découpe la partie supérieure de mon crâne, la calotte cranienne qui est découpée et ôtée. On peut voir mon cerveau à vif et, dans le sang bouillonnant qui circule, mes neurones sont ainsi à l’air.  J’ai un léger vertige de me voir subitement dans cet état et je décide de m’allonger dans un fauteuil.  Là-dessus, mes enfants et ma femme ouvrent la porte et s’effrayent à la vue de mon état, ils s’écrient : « Papa, papa, qu’est-il arrivé ?!?  Vite, vite, on va te soigner !!! »  Mais je réponds alors : « NON, NON !!! Car je veux enfin vivre libre, LIBRE !!... »

À 63 ans, j’ai enfin trouvé la sérénité, je me fais soigner du Syndrome de stress post-traumatique qui m’empêchait d’écrire à la main et qui me provoquait des blocages complets du squelette durant plusieurs semaines ou plusieurs mois, chaque année.  Je prétends vaincre tous mes maux psychosomatiques et j’ai acquis la confiance de l’instant présent. 

Je n’attends rien et je reste prêt à faire face à chaque seconde, tranquillement, au meilleur comme au pire. J’ai trouvé ma place et mon engagement pour le Progrès et la Liberté.  J’ai fait mon deuil de ces besoins d’être chéri.  Je sais, par contre, qu’il y a des gens bien pour qui je compte vraiment. Je crois en la Vie et je trouve merveilleuses les chaînes de solidarité que d’innombrables personnes exceptionnelles animent sans jamais se décourager.

Je réserve un mot final à l’intention des survivantes et des survivants qui me lisent : comme beaucoup d’entre vous, je me suis occasionnellement automutilé, tailladé, brûlé, dans ces crises de violences retournées sur nous-mêmes. J’ai souffert d’hallucinations en plusieurs occasions, sans effet des drogues; ou encore, dans des moments de déstabilisations intenses, je voyais se déformer les murs ou les gens alentour. J’ai pensé parfois perdre la raison et je me disais : « résiste encore jusqu’à la semaine prochaine, au moins jusque demain ! »  Je souffre toujours de vertiges ou de ces oppressions qui interdisent à mes poumons l’accès de l’oxygène. 

J’ai vécu le fantasme de la prostitution et cela m’a poursuivi longtemps, comme il est de notoriété publique que les personnes qui sont conduites à se prostituer sont jusqu’à 86% des victimes d’inceste et/ou de pédocriminalité, dans leur conditionnement terrible d’enfants dépossédés d’eux-mêmes.

Et il importe de souligner aussi que 80% au moins des SDF font partie de ce tiers déshérité de la population mondiale. Il semble même, à plusieurs d’entre nous, que nous n’avons pas droit à gagner de l’argent ou, plutôt, à en recevoir : cela fait partie de la distorsion cognitive, du cancer de la culpabilisation et de l’auto-flagellation qui nous ronge. Le message des prédateurs est toujours là, après des siècles : ils veulent notre humanité annulée, notre place dans l’Univers inexistante; vampirisé/es, nous serions des sans-droits, la honte devrait nous rendre prisonnières et prisonniers de la nuit obscure et nous écraser de silence.

Mais « résister, c’est créer; et créer, c’est résister » !!  C’est à cette tâche formulée par Stéphane Hessel que nous travaillons, nous, survivantes et survivants.  Nos liens entre nous et notre solidarité sont notre victoire. Luttons pour les droits humains, plus pour les droits de l’Homme !"
En témoignage, Août 2013. Victor Khagan, (lien)


Intervention française au Mali vue par un Malien d'adoption, Un million d'E pour tout saccager ?



Lionel Perrichon, technicien agricole (lien) vivant au Mali parle de l'intervention française.. Un éclairage nouveau, sans doute à creuser un peu (sa position sur Khadafi par exemple).. sur certains "mouvements" touaregs.. (dont on savait déjà qu'ils pratiquaient l'esclavage)..  Je résume : on détruit [pour alimenter les chantiers de Buig.. ou de Vinci, comme ça se trouve, le monde est petit], on créé ou participe largement à renforcer l'insécurité (un faible mot!).. et on ouvre ainsi des marchés pour des entreprises de "sécurité".. on organise des élections plus ou moins bidons.. et les boîtes qui fabriquent les cartes d'électeur et celles spécialisées dans le contrôle électronique se gavent.. Le Mali, le pays le plus pauvre d'Afrique.. mais aussi stricto sensu, une mine d'or (et de pétrole.)

Les meilleurs images et citations (via FB pour la plupart) : Pepe Mucija !


On remarque que le petit gars se cache
 derrière la petite fille !






"Je suis du Sud, je viens du Sud. Si l’humanité entière aspirait à vivre comme un Américain moyen, nous aurions besoin de trois planètes. C'est {le mode de vie américain} une civilisation contre la simplicité, contre la sobriété, contre tous les cycles naturels, et, ce qui est pire, une civilisation contre la liberté de disposer du temps de vivre les relations humaines, l’amour, l’amitié, l’aventure, la solidarité, la famille." Pepe Mucija